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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 00:57

 

Par Misha Uzan

Article écrit pour http://un-echo-israel.net et publié sur ce site le 29 septembre.

 

Tal-chanteuse-israelienne.jpgLes Israéliens frappent parfois là où ne les attend pas. La nouvelle révélation du Rn'B français, Tal, est une franco-israélienne. Avec un prénom qui signifie "Rosée (du matin)", Tal donne une nouvelle fraîcheur à la scène musicale française. Après une première rencontre avec le public en première partie des concerts de la chanteuse américaine Alicia Keys et du chanteur français Christophe Maé, la jeune Tal, 21 ans, se fait connaître avec quelques adaptions, puis son premier single "On avance". On lui doit aussi "Le sens de la vie" et son nouveau titre "La musique est mon ange".

Née en Israël d'une mère d'origine yéménite ― dont on retrouve quelques accents dans la musique ―, toute sa famille est musicienne. Un père guitariste, une mère chanteuse, un frère compositeur. Lorsqu'elle a un an, sa famille part vivre en France, dans le quartier du Marais à Paris. Tal grandit en France, mais ses racines sont en Israël. Dès le plus jeune âge, elle apprend le piano et la guitare, elle apprend le théâtre, à chanter, à danser, Elle aime le rock, la soul, le jazz, le Gospel, danser sur du Mickael Jackson ou sur les reines du hip-hop telles que Rihanna, Beyoncé ou Lauryn Hill. Grâce au Rn'B, confie-t-elle, elle peut allier chant et danse. Elle qualifie néanmoins sa musique de "pop-groove". Elle reprend aussi des titres qui l'inspirent, "Price Tag" de Jessie J, "You know I'm no good" d'Amy Winehouse ou "Grenade", de Bruno Mars. Elle fait le buzz sur internet et signe en quelques jours chez Warner. En 2009, elle rencontre Laura Marciano, compositrice et productrice qui lui offre la possibilité de déployer ses ailes avec un premier album. Tal participe à chaque étape de la création, joue elle-même sur plusieurs morceaux, dialogue avec les auteurs. Ses chansons délivrent des messages qui lui tiennent à cœur, avec des mots simples, sur des sons envoûtants. Avec son sourire ravissant et sa joie de vivre, Tal surprend aussi par sa voix. Ses chansons parlent d’amour, de fraternité, de partage et d’espérance, et d'utopie.

Tal-israelienne.pngEn juin 2011 Tal sort son premier album; elle est également choisie par la marque Adidas pour en devenir l'égérie de l'année. On la compare déjà à Rihanna ou à Alicia Keys. Ses chansons tournent aujourd'hui en boucle sur les radios françaises, à quand Tal sur les radios israéliennes?

 

Voir son site officiel www.talmusic.fr

 

Reproduction autorisée avec les mentions suivantes et le lien vers cet article : © Misha Uzan pour http://un-echo-israel.net et http://mishauzan.com

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 11:49

 

Par Misha Uzan

Article écrit pour http://un-echo-israel.net et publié sur ce site le 14 septembre 2011

 

OferLes classements people sur les chaînes de divertissements israéliennes, le classent tantôt premier, tantôt deuxième, devant ou derrière Yehouda Levi. Ofer Shechter est l'autre playboy qui plaît aux jeunes Israéliennes, et qui fait son chemin entre télévision, cinéma et théâtre.

Né le 8 avril 1981, Ofer grandit au Moshav Hadar Am, près de Netanya. Comme nombre de ses collègues du Showbiz israélien, il fait ses débuts très tôt, à 7 ans, dans un spot commercial appelé "Pastèque sur un bâton". Après l'armée, il s'inscrit au cours de théâtre de Yoram Levinstein et apprend à jouer face à la caméra. Son physique avantageux lui permet d'intégrer dès 2002 la troupe d'un programme pour enfants appelé "Exit" sur Aroutz 10, la dixième chaîne israélienne. Pendant presqu'un an, Ofer se fait remarquer auprès de Meli Levi et Yaël Goldman, non tant pour ses qualités d'acteur et de présentateur, mais pour ses provocations face à un public adolescent, si bien que l'émission fut transférée sur le câble.

En 2003 commence véritablement sa carrière d'acteur pour séries télévisées avec la série Mishak Ahaïm (Le jeu de la vie) auprès d'Efrat Bvimolad, même s'il n'y joue encore qu'un rôle secondaire. Il enchaîne la même année avec des chansons et festivals pour enfants : Le Festigal, Peter Pan ou encore Une nuit d'amour à Samakh. En 2005 il obtient son premier grand rôle télévisé en incarnant Kfir dans Telenovela Ba'am, auprès de la sulfureuse Yaël Bar-Zohar. En 2006 il joue Tom Schleifer dans la série à succès Ha-Alufa (La championne), avec Yehouda Levi. La série se poursuit jusque 2009, avec trois saisons. Dans la première, Ofer Shechter est en retrait face à son concurrent, mais son rôle prend de l'ampleur et, dans la troisième saison, Tom Shleifer a une place primordiale dans la série au même titre que Sar Fadida (alias Yehouda Levy). Cette année 2006 est celle où Ofer multiplie les contrats et varie ses domaines d'exercice. Il participe à des campagnes de publicité pour l'opérateur téléphonique Cellcom, pour les Bamba à grignoter de Ossem, et se fait mannequin en posant pour les maillots de bain de Pilpel. Il obtient même cette année-là, le prix de "Mannequin de l'année". On l'aperçoit encore dans l'émission comique Moadon Laïla (Boîte de nuit) d'Erez Tal. Enfin Ofer Shechter s'exerce également au doublage : pour le dessin animé Avatar sur la chaîne Nickelodeon, ou pour le film Voitures, auprès de Maya Degan. En 2006 il joue encore dans le film No Exit, qui obtient le prix Wolgin du festival de films de Jerusalem. Entre 2007 et 2009 il tourne encore avec Moshé Ivgy dans la série dramatique Leehov et Anna (Aimer Anna)qui raconte l'histoire d'une Ukrainienne qui fuit sa vie pour venir vivre dans un petit kibboutz qui ne s'est pas encore vraiment modernisé, dans le film Iles perdues de Reshef Levy, ou dans les séries Perdues et Trouvées et Jusqu'au mariage. On le retrouve encore dans l'émission satirique Fin de semaine dès 2009, dans la série dramatique L'Arche de Noé puis dans le film Phobidilia. Un film, qui, par ses diffusions à l'étranger, contribue à faire connaître le visage d'Ofer au public hors d'Israël. Bref, on le voit partout. En 2010 il s'essaie également au film d'horreur, avec Kalevet (La rage) d'Aharon Keshales et Navot Papushado, dans lequel Ofer a un petit rôle auprès de Lior Ashkenazi et Ania Bukstein.

Ofer S. acteur israélienEn 2011 enfin, Ofer se lance dans le théâtre afin d'avoir toutes les cordes à son arc. On peut le retrouver actuellement à Tel Aviv, aux théâtres du groupe Habima dans une nouvelle interprétation de Im yesh gan eden (Si le paradis existe), adapté du livre qui a inspiré le film Beaufort, et dans Ki Banou Bacharta (Parce Tu nous as choisis). Ofer Shechter présente également un jeu télévisé diffusé une fois par semaine en début de soirée sur Aroutz 2, la deuxième chaîne.

Fin 2011, le "mignon" Ofer Shechter a laissé son empreinte sur la scène médiatique israélienne. Comme pour d'autres acteurs israéliens qui ont percé en Israël, la même question se pose, Ofer aura-t-il les épaules, l'envie, l'opportunité, de faire passer sa carrière à un niveau mondial? A l'heure où le cinéma israélien est en vogue, où certains Israéliens (surtout des Israéliennes il faut le noter) se font remarquer à Hollywood, le blondinet israélien peut-il trouver sa place?

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 11:46

Par Misha Uzan

 

Article écrit pour http://un-echo-israel.net et publié le 30 août sur ce site

 

 

Le plus grand désarroi d’un professeur israélien d’histoire juive se produit lorsqu’un de ses élèves confond Yehuda Halevi, le grand poète, physicien et penseur juif de Tolède au XIe siècle, l’auteur du Kazhar, avec Yehuda Levi, l’acteur contemporain.

 

Il y eut Yehuda Halevy, au moyen-âge, il y a Yehuda Lévy, un recteur et professeur de physique électro-optique, il y eut et il y a sans doute d’autres Yehuda Lévy, mais ce Yehuda-là, acteur et mannequin, celui qui fait rêver les filles, est un incontournable de la jet set du petit écran israélien.

 

Yehouda LeviTotalement inconnu à l’étranger, qui pourtant en Israël ne connaît pas Yehouda Lévy ?

 

Né à Petah Tikva le 29 juin 1979, le petit Yehuda suit ses parents, partis pour l’Afrique du sud pour le travail, jusqu’à l’âge de 14 ans. En 1993 les Lévy, de retour en Israël, s’installent à Tel Aviv, et le jeune Yehuda fait ses débuts à la télévision.

 

A son arrivée il se joint à la troupe d’adolescents ‘’Les voisins de Tchetch’’ où il fait la connaissance, déjà, de Yael Bar Zohar, autre future star du petit écran remarquée par son physique. A 17 ans, Yehuda Levy, brun ténébreux aux yeux bleus qui fait déjà tomber les filles, participe à quelques épisodes de la série Ramat Aviv Gimel, le petit Beverly Hills israélien. Yehuda y lie aussi une aventure avec Yael Bar Zohar au centreYaël Bar Zohar, la nouvelle blonde sulfureuse d’Israël.

 

Yehuda termine avec excellence ses études secondaires au lycée ‘’Telma Yalin’’, lycée d’art, et fait ensuite son service militaire au sein du groupe musical du département d’éducation de l’armée, où il est nommé chef du groupe. Il y fait la connaissance d’Efrat-Bvimoulad.jpgEfrat Bvimolad, autre actrice israélienne, qui deviendra elle aussi sa petite amie d’un temps.

 

A sa sortie de l’armée, Yehuda a déjà noué quelques contacts avec le petit monde des acteurs israéliens et enchaîne sur quelques petits rôles dans des films comme Zoulgot Admaot meatsman (Tant que les larmes coulent), ou dans des séries télévisées comme Dakot shel Tehila (Minutes de Tehila) ou D.N. Gallilée occidentale, dans des pièces de théâtre comme Adipus mishpat aelim (Œdipe la loi des dieux) ou encore dans de multiples publicités.

 

L’année 2001 marque pour lui le début du succès national. Il obtient le rôle de Giddi, fils d’un modeste technicien, dans Lehaié ahava (Aux amours), une série télévisée à l’eau de roses. En 2002 il joue dans le film Yossi et Jagger d’Eytan Fox — film récompensé d’un oscar israélien — qui relate l’histoire d’un couple d’homosexuels dans une unité combattante de Tsahal. En 2003 il incarne Lior pour trois saisons dans une autre série télévisée : Ahava Mi ever la pina (L’amour au coin de la rue). Yehuda est déjà un acteur connu des séries télévisées. Il enchaîne encore au cinéma en 2004 aux côtés de Yehoram Gaon et Assi Dayan dans Medourat Hashevet (Feu de camp), autre film récompensé aux Oscars israéliens, et en 2005 dans Shoushalat Shwarz (La dynastie Shwarz) auprès de Tal Fridman. En 2006 Yehuda joue dans la mini-série Sous le signe de Vénus ainsi qu’un mini-rôle dans le Munich de Steven Spielberg, et surtout incarne Sar Fadida dans la série à succès Alufa (la championne), centrée autour d’une équipe de football de Jérusalem et où Yehuda joue le rôle d’un joueur de football charismatique aux allures de Beckham, playboy, frimeur, coureur de jupons et un peu salaud sur les bords. Une longue série qui s’étale jusque 2009 avec une deuxième puis une troisième saison où Yehuda partage le premier rôle avec L'acteur Ofer SchechterOfer Schechter, l’autre acteur playboy des séries télévisées.

 

C’est l’heure de tous les succès. Yehuda joue Tarzan au théâtre, interprète lui-même une bande originale pour Alufa ainsi que la chanson Shir Nolad avec Ninet Tayeb . GoopsitesNinet Tayeb, nouvelle star de la chanson et heureuse gagnante de la nouvelle émission à succès Kochav Nolad (Une star est née). Ninet devient bientôt sa nouvelle compagne et les deux tourtereaux sont aujourd’hui l’un des couples les plus prisés par les paparazzis israéliens. Remarqué pour son physique de minet, bien que de taille moyenne (1m72), Yehuda Lévy pose aussi pour la marque de vêtements Fox en 2006, avant de la quitter l’année suivante. En 2007 il entame la première saison d’une série consacrée à la mafia israélienne et particulièrement bien réussie : Ha Borer (L’arbitre). La diffusion de la troisième saison sur la télé câblée Hot s’est achevée il y a quelques mois et le public reste en haleine. Entre-temps Yehuda Levy s’est consacré à une pièce de théâtre avec la chanteuse Miri Messika au théâtre Habima et a incarné il y a peu Freddy, l’enfant attardé de Elimelekh Zouchkin, dans la troisième génération d’une série anthologique israélienne : Chassamba. Un rôle où Yehuda a démontré sa capacité à changer de registre.

 

Très beau, Yehuda Levi ne parvient pas encore à se détacher de son image de playboy de séries télévisées, malgré ses essais au théâtre et au cinéma. Il a pourtant prouvé ses qualités d’acteurs. Après tout, Yehuda n’a que 31 ans, le reste ne saurait que suivre.

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 11:12

 

Publié le 16 mai sur le site http://un-echo-israel.net

Par Misha Uzan

 

Peleg-Tamir.jpgPeleg Tamir s’en est allé à l’âge de 83 ans. Il fut le petit-fils de Tamar Coop, la sœur de Ze’ev Vladimir Jabotinski, le penseur historique de la droite israélienne et meneur du mouvement révisionniste. Tamir Peleg fut jusqu’à sa mort le directeur de l’institut Jabotinski, le célèbre institut qui siège sur la rue George Hamelekh, à Tel Aviv.

 

Peleg Tamir est né en 1928 à Tel Aviv, de Hana et Yona Coop-Tamir. Son père était le neveu de Ze’ev Jabotinski, le fils de sa sœur. En 1930 sa famille s’installe à Haïfa. Tous sont des activistes de l’Etzel, l’Irgoun Tzvaï leumi (dit aussi l’Irgoun), l’Organisation militaire nationale, qui fut la milice militaire des révisionnistes (pour faire court la droite) avant l’indépendance d’Israël et la création de Tsahal. En 1936 leur maison devint le lieu de réunion à Haïfa des principaux dirigeants de l’organisation. Mais en 1945, Peleg est arrêté au cours d’un entraînement militaire et écope d’une peine de trois ans de prison. En 1947 alors qu’il est sur le point d’être relâché pour bonne conduite, il est à nouveau arrêté suite à des mesures dites d’urgence et envoyé au camp d’enfermement de Latrun. De ce camp il parvient à s’échapper en se cachant dans une valise à la libération d’un de ses amis. C’est une anecdote qu’il aimait à raconter. Par son histoire, le petit neveu de Jabotinski fut un digne héritier de son grand oncle. Comme lui il a été arrêté par les Britanniques à l’époque mandataire, et comme lui emprisonné à la prison de Saint Jean d’Acre, l’un des sites touristiques de la ville aujourd’hui. Comme lui il fut un soldat de l’Etzel. A la création de Tsahal en 1948, alors que Ze’ev Jabotinski a disparu déjà depuis 1940, Peleg Tamir, comme l’a voulu Menahem Begin, futur premier ministre et alors chef de l’Etzel, rejoint l’armée de défense d’Israël sans opposition. Il servit à la tête de la section de recrutement de l’armée de l’air et quitte Tsahal après 20 ans de service, en 1968, au rang d’Aluf Mishneh (colonel).

 

Revenu à la vie civile il fut ensuite nommé directeur de l’Union des industries d’Israël, fonction qu’il remplit pendant douze ans. Puis en 1994 il est choisi comme directeur de l’Institut Jabotinski, un poste qu’il a conservé jusqu’à sa mort, le 8 mai 2011, et qu’il exerça comme bénévole. L’institut Jabotinski a pour fonction d’honorer la mémoire du chef de l’Irgoun, grand stratège mais surtout connu pour sa pensée, ses écrits et ses traductions. L’apport de Jabotinski sur le plan culturel est considérable, aussi bien pour la culture hébraïque que juive. L’institut est à la fois un musée et un institut de recherches. Peleg Tamir en fut son 7e directeur, depuis sa fondation en 1937 par Yosef Paamoni, du vivant même du chef révisionniste.

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 09:09

Publié sur le site http://un-echo-israel.net le 26 avril 2011

Par Misha Uzan

 

Yehonathan-Geffen.jpgAux yeux du public, surtout lorsque celui-ci est jeune, Yonathan Geffen est devenu le père d’Aviv Geffen. Sa carrière n’a pourtant rien à envier à envier à celle de son fils. Ensemble ils constituent deux images, deux figures de la société israélienne à une génération de différence. Leurs parcours, leurs activités et leurs idées permettent aussi d’avoir un aperçu de la structure politico-culturelle de la gauche israélienne.

 

Yehonathan Geffen est né le 22 février 1947, c’est un natif d’Israël avant la naissance de l’Etat[1]. Il est le père de trois enfants, un garçon et deux filles, issus de deux mariages différents (avec Nurit Makober d’abord, une actrice israélienne ; puis avec Ava Haddad) ainsi que le neveu de Moshe Dayan. Geffen est un homme public israélien. Il est à la fois écrivain et journaliste, poète, traducteur, auteur et interprète.

 

Né au Moshav Nahalal où il a vécu toute son enfance, Yehonathan Geffen est un produit d’une élite israélienne des campagnes. Contrairement à son fils qui n’a pas servi dans l’armée, Yehonathan (outre le fait d’être le neveu de Moshe Dayan, chef d’état-major puis ministre de la défense) fut parachutiste dans Tsahal, puis officier et commandant de section dans les troupes Golani avant de servir dans les renseignements. Il a combattu à Sichem et dans le Golan pendant la guerre des Six Jours. Il finit son service en 1969 au rang de lieutenant. En 1967, sa mère meurt d’une overdose de médicaments, puis en 1972 c’est sa sœur qui se suicide alors qu’il étudie à Londres. Dès sa sortie de l’armée en 1969 il se lance dans la poésie. En 1972 il commence à écrire chaque fin de semaine pour le journal Maariv, il y écrit encore aujourd’hui. Il rejoint également la troupe de chanteurs « Lul », composée de figures comme Uri Zohar, Arik Einstein et Shalom Hanoch. Il écrit de la poésie, des textes poétiques pour des chansons et des textes politiques pour le Maariv. Yuni Rechter, Itzhak Clapter, David Broza, Ada Notowitz, Ouzi hitman, ou encore Shafi Ishaï ont chanté ses textes, dont certains sont restés dans les annales de la musique israélienne : Comment la chanson est née, J’aime, Crèche fermée, L’Homme vert. En 1973, avec un collectif d’auteurs qui comptent Uri Dan, Eitan Haber, Yeshayahu Ben Porat, Eli Landau, Houzi Carmel et Eli Tavor, il publie L’échec, la première critique de la gestion de la guerre du Kippour d’octobre 1973. Malgré le succès du livre auprès du public, Geffen est critiqué depuis pour ses positions de gauche dure qui frôle souvent avec la provocation.

 

Il est l’auteur de dizaines d’ouvrages qui comprennent aussi bien des critiques de la politique israélienne, des romans et des synthèses de ses compositions poétiques ou musicales. Il participe aussi à de nombreux spectacles, galas, événements. Geffen traduit de l’espagnol et de l’anglais, Geffen écrit, Geffen chante, Geffen critique. Geffen touche un peu à tout, ce qui fait son succès mais aussi sa secondarité. On lui doit surtout quelques écrits qui traversent les âges, notamment pour les enfants avec HaYalda Hachi Yafa BaGan (La plus belle enfant de la crèche) ou son livre HaKeves HaShisha Asar (Le 16e mouton). L’un des ses plus proches partenaires est David Broza pour qui il a composé deux albums complets et fait chanté des chansons traduites de l’espagnol vers l’hébreu.

 

Le parcours de gauche rebelle de Geffen a aussi tracé celle de son fils. A y réfléchir et même si on ne choisit pas sa famille, les positions de son père ne rendent que moins subversives celles de son fils (voir l’article Aviv Geffen, le rebelle établi). On a juste changé de génération, changé de style, mais c’est la même lignée.



[1] Un tel fait permet d’illustrer un des problèmes sémantiques du conflit israélo-arabe. Comment devrait-on nommer un habitant d’Israël né avant l’indépendance de l’Etat d’Israël ? Juif de « Palestine mandataire » ? « Palestinien juif » ? « Israélien d’avant l’Etat » ? On voit ici les incompréhensions que peuvent poser ce type de dénomination, le cœur du problème est là. Voir pour plus de détails mon article Israël et les intellectuels français, de 1967 à 1982

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 14:31
 

Publié le 5 avril 2011 sur le site http://un-echo-israel.net

 

Par Misha Uzan.

 

Tamar-Golan.-Africa.jpgTamar Golan, l’une des plus grandes journalistes du Maariv, ancienne ambassadrice israélienne en Angola, correspondante à Paris et surtout lien majeur d’Israël avec les pays d’Afrique noire, est décédée mercredi 30 mars 2011 à 78 ans. Retour sur la plus africaine des Israéliennes.

 

 

C’est un lien entre Israël et l’Afrique noire qui s’est éteint. Journaliste et diplomate, Tamar Golan fut une amoureuse de l’Afrique. Elle passa toute sa vie à témoigner de son expérience africaine, à développer les relations entre son pays et l’Afrique, et à promouvoir la culture africaine.

 

Golan naquit en 1934 à Haïfa, au nord d’Israël. Mais son regard s’orienta rapidement vers le sud. Dans sa jeunesse elle milite au sein de l’Hashomer Hatzaïr (Le Jeune gardien) et, pendant son service militaire, intègre l’unité Nahal. Elle est alors envoyée au Kibboutz Laav, près de Beer Sheva, la capitale du Néguev. Elle s’y attache et, après son service, devient membre du kibboutz. Elle y rencontre son mari Aviahou Golan. A la fin de sa vie elle revint vers la région. Elle retourna habiter au kibboutz, créa une fondation pour donner une meilleure éducation aux Bédouins du Néguev et elle fonda un Centre d’études africaines à l’Université Ben Gourion à Beer Sheva.

 

Mais la vie de Tamar s’orienta évidemment vers l’Afrique. Au milieu des années 60 elle finit un doctorat en études africaines à l’Université Columbia de New York. Dès lors elle rencontre Ido Disnatchik (qui lui rend hommage après sa mort dans l’édition du 31 mars 2011) et entre au journal Maariv. Elle visite l’Afrique pour la première fois en 1961, accompagnant une délégation israélienne en Ethiopie. Elle y devient enseignante. Son mari toutefois, y meurt dans un accident. Ceci n’empêche pas Tamar de rester en Afrique, ce fut le début d’une longue histoire. Golan rapporte alors pour le Maariv tous les événements d’Afrique, elle suit les guerres civiles, rencontre les dirigeants, les chefs de guerre. Dans le même temps elle travaille aussi pour le département africain de la BBC. La Guerre des Six Jours et la rupture de plusieurs pays africains avec Israël rendent les choses plus difficiles. Tamar Golan utilise sa nationalité française, dans les années 70 elle travaille à Paris. Elle y développe de nombreux liens politiques avec des dirigeants africains et pénètre certains Etats hostiles, en Afrique noire mais aussi dans certains pays arabes, comme en Syrie. A partir de 1974 elle travaille en freelance et produit de nombreux papiers pour le Maariv. Journaliste dans l’âme, en Afrique elle échappa plusieurs fois au kidnapping ou à l’assassinat, dérangeant par son indépendance, sa liberté d’expression et de diffusion.

 

Tamar-Golan.jpgDe 1994 à 2002 Tamar Golan est ambassadrice d’Israël en Angola et supervise les relations d’Israël avec les pays avoisinants. Un poste qui consacre 40 ans de carrière, de dévotion, d’amour pour l’Afrique. Elle fut aussi une femme d’académie, elle a écrit deux livres sur l’Afrique et un livre de diplomatie. On peut aujourd’hui consulter les archives africaines Tamar Golan à l’Université Ben Gourion du Néguev.

 

Voir son site internet : http://www.tamargolan.com/

 

Voir le blog de l’auteur : http://mishauzan.over-blog.com

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 18:54

Par Misha Uzan

Publié le 3 mars sur http://un-echo-israel.net

 

Dudu-Tasa.jpgOn les appelait parfois les frères juifs. Rien à voir avec un groupe politico-religieux, une confrérie d’extrémistes ou un mouvement de protestation. Il s’agissait simplement d’un groupe de musique. De leur vrai nom Salah et Daoud Ezra, les deux frères étaient des musiciens juifs nés au Koweït d’une famille d’origine irakienne. De par leur pays de naissance ils se sont donnés le nom de scène de Frères Salah et Daoud al-Koweïti, c’est-à-dire les Koweïtiens. De par leur origine religieuse on les appelait aussi les Frères juifs. Car les frères al-Koweïti ont été de véritables stars en Irak et dans ce qu’on appelle le monde arabo-musulman. Dans les années 1930 ils montent leur orchestre et malgré la tension plus vivace qui touche déjà les juifs du pays, ils deviennent très vite un groupe établi appelé à jouer pour le roi d’Irak, mais aussi en Syrie, au Liban et en Egypte. La musique déjà, était l’élément réunificateur des peuples et des religions (voir dans ce sens le succès du clip israélien sur Khadafi). Mais la musique n’est pas tout et des événements qui les dépassent ont rapidement rattrapé les frères Al-koweïti. A l’époque vit en Irak et principalement à Bagdad la plus grosse communauté juive du Moyen-Orient (Territoire d’Israël exclu), composée de plus de 100 000 âmes. La création d’Israël est ressentie comme un affront fait aux arabo-musulmans qui dominent toute la région, et entre 1948 et 1952 la communauté est vidée de ses membres. Il n’en reste plus rien aujourd’hui. C’est musicalement un désastre pour les frères Al-Koweïti : leur carrière en est presque arrêtée. Ils chantent en arabe et viennent d’un monde qui n’est encore que partiellement connu en Israël : celui qu’on appela bientôt le « second Israël »[1]. Dans les années 50 ils obtiennent une heure d’écoute toutes les deux semaines, en arabe, sur la radio Kol Israël, mais ils ne reçoivent pas l’attention qu’ils méritent. En Israël ils ne connaissent pas le succès auxquel ils auraient pu espérer. En Irak ils parviennent encore à se faire entendre à la radio au temps de la crise de Suez en 1956, mais les coups d’Etat se succèdent, le nationalisme arabe radical prend forme et enfin l’avènement de Saddam Hussein vient sonner le glas de toute trace des frères Al-Koweïti dans l’histoire de l’Irak. Il fallut attendre 2008, après la chute de Saddam pour qu’un programme télévisé en Irak les reconnaissent comme les musiciens qui ont le plus marqué le pays dans les années 1930 et 1940. Ce fut plus de 50 ans d’oubli pour les frères Al-Koweïti.

 

 

 

 

Daoud Ezra, l’un des frères, ressentit si durement cet échec que dans la frustration qui fut la sienne il demanda à ses proches de ne pas devenir musiciens. C’est un conseil qu’un de ses petits-enfants, né trois ans après sa mort et qu’il n’a donc pas connu, refusa de suivre, au grand bonheur des oreilles israéliennes. Sur les pas de son grand père il est aujourd’hui l’un des jeunes chanteurs israéliens les plus respectés. Son nom : Dudu Tasa (Dudu comme Daoud son grand-père). Né en 1977, Dudu compose son premier album à 13 ans : « Aime les chansons ». En 2000 il sort son deuxième album et connaît le succès national. On lui doit depuis quatre autres albums et plusieurs tubes que tous les Israéliens connaissent presque par cœur ; parmi eux Ani Ratz/Je cours, Zouzi/Bouge, Ezé Yom/Quelle journée, Ha laïla lo/Pas la nuit et beaucoup d’autres. En 2003, à l’occasion de la sortie du film Au bout du monde à gauche, Dudu Tasa interprète pour la première fois une chanson en arabe Pog el Nahal, qui figure dans son troisième album « Mitoch Bheira/Par choix » sorti en 2003. C’est une chanson que lui chantait sans cesse sa mère dans son enfance, et qui fut écrite par son grand-père. Pour son septième album donc, en 2011, Dudu Tasa renouvelle l’expérience, revient aux sources comme le dit l’expression consacrée, et enregistre un album entièrement inspiré des compositions de son grand père et de son grand oncle. Ce dernier a écrit et composé toutes les chansons de cet album intitulé « Dudu Tasa et les Koweïtiens ». Dudu les a retouchées pour leur donner un son moderne. Sa mère Carmela Tasa chante aussi sur un des morceaux de l’album. On compte encore la participation de la chanteuse Yehudit Ravitz et de Bari Sahrof. On attend le premier clip avec impatience.

 

Voir les chansons de Dudu Tasa ci-dessous.

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur l’auteur, voir son blog http://mishauzan.over-blog.com

 



[1] Georges Friedmann, Fin du peuple juif ?, Paris : Gallimard, 1965

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 21:05

 

Par Misha Uzan

Publié le 24 février sur le site http://un-echo-israel.net

 

 

C’était presque un inconnu il y a encore un an, en quelques mois il a défrayé la chronique, défié le Shass, son propre parti, et mis au grand jour des critiques au sein même du monde haredi ; on parle de lui pour un éventuel nouveau parti ; et qu’on l’approuve ou pas, on ne peut que souligner son audace et plus encore, au fond, se servir de ses positions pour apprécier et mener une réflexion sur les rapports entre le judaïsme et le sionisme israéliens.

 

 

Haim-Amsellem.jpgHaïm Amsellem (à gauche) est un rav (rabbin) et député israélien élu sous les couleurs du parti Shass pour la première fois en 2006. Il est né le 12 octobre 1959 à Oran en Algérie, d’une famille récemment immigrée du Maroc (rappelons que le Maroc devient officiellement indépendant en 1956). A l’âge de six mois, on est en pleine guerre d’Algérie, sa famille part pour Lyon. Il y vit jusqu’à l’âge de 11 ans, puis sa famille monte en Israël. Haïm Amsellem est francophone.

 

Le parcours d’un rabbin

 

Amsellem est avant tout rabbin : il reçoit son diplôme en 1990 et est ordonné rabbin en 1993. Il devient le rabbin du Moshav Sharsheret situé au nord-ouest du Néguev, puis rabbin de quartier au sein même de Netivot, petite ville au nord du Moshav. Il fut aussi directeur d’une Yeshiva, (centre d’études religieuses) et du Kolel Baba Salé (du nom du célèbre rabbin sépharade) dans la même ville. Puis il déménage à Jérusalem dans le quartier Har Nof et y fonde un autre Kolel. Il y habite toujours avec sa femme et ses huit enfants. Il a également officié au sein de la communauté sépharade de Genève en Suisse. Amsellem est surtout un rabbin intellectuel, il est l’auteur de plusieurs ouvrages (dont un sur le Zéra Israël, La semence d’Israël, c’est-à-dire l’origine juive) qui s’inscrivent, a-t-il précisé dans une interview au Jerusalem Post, dans la lignée du Rav Ovadia Yossef, le mentor du Shass, qui les a lus, approuvés et souvent cités dans ses propres ouvrages. Le rav Amsellem indique encore à qui veut l’entendre qu’il a toujours été fidèle au rav Yossef, ancien grand rabbin sépharade d’Israël, qui l’a ordonné, devant qui il a été testé, et qu’il perçoit toujours comme un grand savant et le grand inspirateur de la « renaissance spirituelle sépharade » en Israël. Avec Nissim Ze’ev il est le seul rabbin ordonné à siéger au sein du groupe Shass à la Knesset. Ceci étant, depuis 2009, bien qu’élu au onzième siège sur la liste Shass en 2006 et au dixième en 2009, Haïm Amsellem a fait part de ses divergences avec la direction du parti à plusieurs niveaux sensibles.

 

Les va-et-vient du Shass

 

Pour comprendre l’émergence des critiques d’Amsellem, il nous faut revenir sur l’histoire du Shass. Le parti politique est né en 1984 peu avant les élections nationales. Il a été créé sur une initiative du disparu Rabbi Eliezer Menachem Schach, un leader du courant lithuanien des Haredim ashkénazes, et non pas sépharade, exclu du parti ultra-orthodoxe ashkénaze suite à une lutte de pouvoir, qui s’est trouvé alors sans étiquette. A l’origine donc, Shass est un parti sépharade créé par des Ashkénazes. Ses cadres sont issus du monde ultra-orthodoxe et ont appris dans les yeshivot de tradition ashkénaze dite lithuanienne. Le Rav-Ovadia-Yossef.jpgrav Ovadia Yossef fut nommé chef officiel mais Schach prenait les grandes décisions. Parti orthodoxe, il prend sa source dans des décisions religieuses qui s’appliquent ensuite à la société, c’est-à-dire que le religieux prime sur le politique. A ce titre Ovadia Yossef est ce qu’on peut appeler le leader spirituel tandis que d’autres sont chargés de représenter le parti à la Knesset, dans la vie politique. Dans le cas de Haïm Amsellem, il siégeait en tant que représentant du rav Meni Mazouz. A l’époque, de 1984 à 1988 c’est donc Itzhak Perez, né au Maroc, élevé en Israël et devenu orthodoxe à la façon lithuanienne qui prend les reines du parti, c’est-à-dire de sa branche politique. Son but à l’origine, et celui de Yossef donc, est de rapprocher les sépharades modérément religieux et traditionnalistes du mode de vie ultra-orthodoxe pratiqué par l’école lithuanienne. Il s’agit donc de créer un monde harédi sépharade. Tout change avec l’arrivée d’Arieh Deri à la tête du parti et ce que certains ont appelé la « révolution Deri »[1]. En 1988 une rupture intervient entre Schach et Yossef. Schach décide de créer Deguel Hatorah, un nouveau parti orthodoxe sans sépharades. Ressenti comme un affront, Ovadia Yossef se débarasse de Peretz, soutenu par Schach, et nomme Arieh Deri à la tête du Shass. Deri mène alors le Shass vers un parti à revendication ethnique plus que religieuse et en fait le grand parti sépharade du pays. Prenant des voix aux électeurs laïques ou simplement traditionnels du Likoud, Shass parvient à obtenir 17 sièges à la Knesset en 1999. Deri s’est éloigné de la conception originale d’Ovadia Yossef de créer une orthodoxie sépharade, il s’implique plus généralement en tant que défenseur des Juifs orientaux. Mais le succès est tel qu’Ovadia ne peut franchement s’y opposer. Ceci étant toute révolution a une fin. Et celle-ci survient en 1999 lorsqu’Eli Ishaï prend la tête du parti à la place de Deri, hautement inquiété par des problèmes de corruption qui le feront passer directement par la case prison. Ishaï met ainsi fin à l’orientation ethnique de Deri pour revenir aux originaux, et se consacrer plus pleinement à la défense du corps ultra-orthodoxe dans son entièreté. L’épisode de l’école Emmanuel en juin 2010 fut le point de non retour pris par le Shass. Confronté à un cas d’opposition entre la Cour suprême israélienne, perçue comme laïque, et le monde haredi ashkénaze, alors même que l’accusation portait sur une discrimination ethnique à l’encontre d’élèves sépharades à l’intérieur d’une école ultra-orthodoxe, le Shass choisit le camp haredi. Pour leur défense, le Shass, comme les lithuaniens, réfute la discrimination ethnique mais justifie l’exclusion des élèves en question pour des raisons de pratique religieuse pas assez orthodoxe. S’il y a eu véritable discrimination importe peu. Par son approche des choses le Shass approuve le mode de vie ultra-orthodoxe façon lithuanienne et il estime que les sépharades doivent s’y conformer. Shass est revenu aux principes qui l’ont fondé.

 

Les critiques d’Amsellem

 

C’est là que Haïm Amsellem intervient. Depuis le printemps 2009 il manifeste ses désaccords avec cette forme de pensée ultra-orthodoxe. A plusieurs endroits Amsellem choque. Sur l’armée d’abord. Bien qu’il n’ait pas servi lui-même (l’armée n’aurait pas eu besoin de lui) la plupart de ses enfants ont servi. Au sein des dirigeants du Shass c’est souvent le contraire. Car le parti s’est aligné sur la ligne dure ultra-orthodoxe, et antisioniste, qui refuse le service militaire et considère même l’armée comme le lieu le plus concentré de l’hérésie laïque. Amsellem estime au contraire qu’il est du devoir du Juif de servir son pays et il est prêt à s’appuyer sur la Torah pour le montrer. De la même façon il appelle le monde orthodoxe à travailler. Il rejette catégoriquement l’idée que l’étude de la Torah est la seule chose qui importe. Si c’est ainsi que les lithuaniens voient les choses, dit-il, ça n’a jamais fait partie de la tradition sépharade, et c’est même « une déviation » non-conforme au judaïsme qui recommande de nourrir sa famille par ses propres soins. Au lieu de cela le monde orthodoxe, affirme-t-il, a créé un « cercle vicieux de pauvreté ». Autre critique, Haïm Amsellem se fait le défenseur des conversions au sein de l’armée, critiquées voire refusées par le rabbinat orthodoxe. L’intransigeance de la position ultra-orthodoxe israélienne est telle qu’elle entend refuser des conversions orthodoxes pratiquées à l’étranger et donc refuser des convertis à l’aliya (alors même que la Cour suprême reconnaît les conversions du mouvement libéral et du mouvement Massorti pour immigrer en Israël). Encore une fois Amsellem adopte une position compréhensive à l’égard de ceux qui servent le peuple d’Israël, qui se battent pour lui, qui sont parfois morts pour lui, qui sont de filiation juive mais dont la mère n’est pas juive. L’ancien rabbin de Sharsheret évoque aussi la défaillance de l’enseignement orthodoxe. En Israël quatre formations diffèrent presque totalement selon que l’école suive l’enseignement dit laïc, arabe, religieux national ou haredi. Amsellem dénonce l’enseignement haredi dans les écoles du Shass, qui néglige trop les matières générales d’enseignement. Selon lui, la compréhension de la Torah, du Talmud, des textes juifs nécessite de s’imprégner de toutes les matières. Très pointu en exégèse il invoque des textes de la tradition comme Massekhet Shabbat, Masseket Soucca, Masseket Erouvim ou encore Masseket Kil’ayim, qui d’après lui ne sont pas abordables sans compréhension globale. Aussi de façon générale, Haïm Amsellem critique sévèrement la ligne ultra-orthodoxe lithuanienne, et qui est d’après lui, aussi celle suivie par le Shass. En la montrant comme trop dure, trop sévère, trop étriquée et, somme toute, contraire à la tradition juive, il en appelle à des valeurs humanistes tirées directement de la Bible hébraïque. On lui doit cette phrase : « Le peuple juif doit être un exemple, pour lui-même, de tolérance, d’acceptation de l’autre, de non persécution des autres pour leurs croyances »[2].

 

Toutes les déclarations d’Amsellem sur le service militaire, les conversions, l’enseignement ou le travail des ultra-orthodoxes, n’ont pas vraiment plu au Shass. Dans une interview au quotidien israélien Maariv en août 2009, Amsellem qualifiait le Shass de parti « sépharade-ashkénaze » pour sa soumission au leadership spirituel lithuanien. Depuis les choses n’ont fait que s’envenimer. Fin 2010 la séparation était scellée, Amsellem exclu du Shass, insulté, et menacé d’exclusion totale de toutes les synagogues ultra-orthodoxes.

 

Amsellem, et après ?

 

Le discours de Haïm Amsellem a en revanche été plutôt bien accueilli par les milieux laïques, sionistes-religieux ou simplement non-orthodoxes. Amsellem lui-même dit être soutenu par des milliers de personnes, avoir reçu des lettres du monde entier, y compris d’Israël, y compris de la part d’une partie du public orthodoxe. Reste que pour être élu, il lui faut une liste, un label, un parti capable de réunir un programme et des hommes. La simple sympathie que ses dénonciations du mode de vie orthodoxe vis-à-vis de l’Etat d’Israël a pu inspirer au public laïc ou sioniste religieux ne suffit pas à faire de lui un bon candidat. Amsellem l’a dit lui-même, il s’est lancé dans la politique car il était convaincu que la sphère religieuse n’était pas suffisante pour faire évoluer la société israélienne. En se coupant du soutien du Shass, Haïm Amsellem s’est-il fermé la seule porte ouverte à un haredi sépharade comme lui ou d’autres portes se sont elles déjà ouvertes ?

 

Qu’adviendra-t-il de Haïm Amsellem ? Le futur nous le dira. Plusieurs options ont déjà été évoquées dans les média israéliens et le rabbin a souligné lui-même qu’il avait eu plusieurs propositions. On a d’abord parlé d’une alliance Arieh Derientre Aryeh Deri (qui cherche à se recaser après deux ans en prison) et Haïm Amsellem. On a vu que la révolution sépharade menée par Deri a de quoi se rapprocher du discours de l’ancien député de Shass qui défend la tradition religieuse sépharade comme moins extrémiste et attaque le mode de vie ashkénaze lithuanien. Un point néanmoins ne peut être passé sous silence et il est majeur : le sionisme du rabbin.

 

 

Un haredi sioniste ?

 

Sans aucune hésitation et à maintes reprises, Haïm Amsellem s’est déclaré Juif, haredi, et sioniste. Dans son interview au Jerusalem Post il déclare : « Je suis quelqu’un qui considère la renaissance de l’Etat d’Israël comme l’un des plus grands et des plus évidents miracles que le Saint béni soit-Il a accompli pour nous. C’est notre Etat. Nous devons y contribuer. » Ces quelques phrases permettent de comprendre la nature de l’écart qui sépare Amsellem du leadership lithuanien. En voyant l’Etat d’Israël comme un don divin, un miracle, un Etat inscrit non pas seulement dans l’histoire mais dans les miracles de dieu, Amsellem tient le discours d’un sioniste religieux, de ceux qu’on appelle aussi Dati-leumi, les religieux nationaux. Leur sionisme et leur judaïsme vont de pair. Ce qui explique qu’un parti sioniste religieux comme Habayit Hayeoudi ait pu entrer en contact avec lui. Sans entrer dans les détails de l’idéologie sioniste religieuse, on constate qu’Amsellem s’éloigne en revanche de l’idéologie du judaïsme ashkénaze d’inspiration lithuanienne. Car rappelons-le, ce judaïsme-là, n’est pas sioniste. Or c’est avant tout cet antisionisme, cumulé au rejet radical de la société laïque israélienne, qui explique en grande partie les positions ultra-orthodoxes sur le travail, l’enseignement ou le service militaire. A l’inverse, c’est une certaine conception sioniste qui explique les positions d’Amsellem sur les conversions ou le rapport à l’Etat d’Israël.

 

En l’espèce le cas d’Amsellem est caractéristique de la complexité des relations qui régissent le judaïsme, ses différentes traditions religieuses, et le sionisme. Alors qu’au sein du monde ashkénaze, le groupe orthodoxe a une histoire ancrée dans l’antisionisme, matérialisée dans le monde politique par Agoudat Israël (ceci mis à part le sionisme religieux qui a sa construction et son idéologie propres, menés par le Rav Kook), cette tendance est moins franche au sein du monde sépharade. De la même façon que l’orthodoxie sépharade est dans son fondement moins rigoureuse sur le plan sociétal que le haredisme lithuanien, son sionisme est aussi plus naturel. Dans son livre Juifs et Arabes (Paris, Gallimard, 1974), l’écrivain franco-tunisien Albert Memmi illustre cette réalité en soulignant que les Juifs sépharades pensaient à l’Etat juif et à la souveraineté juive recouvrée bien avant les sionistes européens et le mouvement politique sioniste en lui-même[3]. Immigrée en Israël plus tardivement (à l’exception principalement des Yéménites), la conception idéologique antisioniste d’Agoudat Israël fut inconcevable à la quasi-unanimité des sépharades. Bien que plus attachée à la religion et à la tradition que les laïcs ashkénazes, cette population n’était pas non plus ultra-orthodoxe à la manière lithuanienne. En voulant rapprocher les sépharades du mode de vie ultra-orthodoxe d’inspiration ashkénaze, le Shass les rapprochait aussi d’une forme d’antisionisme qui leur était inconnue. Toutefois, aujourd’hui encore, ces divergences tant religieuses qu’idéologiques (dans leur rapport au sionisme) persistent et se constatent au quotidien. La force du sionisme et la réalité de l’Etat d’Israël aidant, peu ont versé dans l’antisionisme radical, tout au plus dans une forme d’abstention au sionisme, d’a-sionisme[4]. En ce sens, Shass a échoué et Amsellem en est un élément symptomatique. Irréprochable sur le plan de l’orthodoxie religieuse, il n’en a pas pour autant épousé l’antisionisme ni le mode de vie, c’est-à-dire le refus de travailler dans le cadre de l’Etat d’Israël, le refus de tout enseignement profane, ou l’opposition systématique à la défense du pays.

 

Dans un essai de 2006[5], Gérard Nissim Amzallag et David Belhassen, deux chercheurs en archéologie et en histoire cananéenne, envisagent la perte de repère du sionisme religieux suite au désengagement de Gaza. Si une solution à deux Etats s’accomplissait même temporairement, imaginent-ils bien qu’ils n’en soient pas partisans, le mouvement sioniste religieux se verrait contesté dans son fondement — c’est-à-dire la perception de l’Etat d’Israël comme partie intégrante d’un processus messianique qui rendra toute la terre d’Israël au peuple d’Israël — et pourrait s’éteindre, en tout cas s’amenuiser. Les positions de Haïm Amsellem, provenant du monde haredi, montrent que le sionisme au sein du monde religieux a encore de quoi se revivifier.

 

Misha Uzan : voir tous les articles de l’auteur sur son blog http://mishauzan.over-blog.com

A propos des questions religieuses, lire par exemple : Rabbi nahman de bratslav, songes, énigmes et paraboles

 



[1] Expression utilisée notamment dans un article d’Aryeh Dayan pour le Jerusalem Report en juin 2010

[2] Cité dans le Jerusalem Post, fin janvier 2011

[3] Voir sur ce point mon mémoire de fin de second cycle universitaire, page 81, disponible à l’IEP de Paris : Misha Uzan, Images d’Israël et compréhension du conflit israélo-arabe par les intellectuels français, 1967-1982, Paris : IEP, 2007. Ce mémoire a été résumé et prolongé dans mon article publié dans Controverses, n°7, Israël et les intellectuels français, de 1967 à 1982

[4] Sur ce terme voir encore mon mémoire universitaire et mon article Israël et les intellectuels français, de 1967 à 1982

[5] David André Belhassen, Gérard Nissim Amzallag, La Haine maintenant ? Sionisme et palestinisme. Les sept pièges du conflit, Paris : Editions de la Différence, 2006

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 23:01

 

Par Misha Uzan

Publié le 17 février 2011 sur le site http://un-echo-israel.net.

 

 

Daniel-Salomon.jpgChanteur de variété israélienne, Daniel Salomon est l’une des figures de la musique pop-rock en hébreu. Doté d’une voix suave et d’un style presque langoureux, on lui connaît surtout des balades et peu de chansons vraiment rock.

 

 

Depuis les années 2000 on le compte parmi les plus célèbres chanteurs de variété israélienne.

En novembre 2010 il sortait son quatrième album : Ga’ot. C’est l’album de l’expérience et de la confirmation, l’album du professionnalisme et du développement. Il a fallu à Daniel Salomon 5 studios différents pour l’enregistrer, la participation de nombreux techniciens et d’aides techniciens, 8 musiciens variant les instruments, un travail technologique des plus modernes et de nombreuses participations.

La critique israélienne pourtant, a été plutôt dure. On lui reproche justement un manque de personnalité, de sentiment. Il faut reconnaître du vrai dans cette opinion. Trop mou, sans folie, on a du mal à s’accrocher à Ga’ot.

 

Seul l’avenir nous dira si c’est un accident de parcours. Nul ne conteste en tout cas son talent. Joueur de piano depuis l’âge de 5 ans, le jeune Daniel natif de Haïfa, écrit des chansons et compose depuis l’âge de 12 ans. C’est à Haïfa aux conservatoires Robin puis Dona Weizmann qu’il a commencé son apprentissage avant de rejoindre l’école d’art de Haïfa et l’école de musique Rimon.

 

En 1998 Daniel Salomon rencontre Aviv geffen, c’est le début d’une ascendance. Salomon accompagne Geffen dans le groupe Taouiot/Les erreurs puis joue avec lui sur son premier album solo intitulé Leïlot levanim/Nuits blanches en 1999, puis en 2000 sur son deuxième album et à nouveau en 2002. Dans le même temps Salomon écrit des chansons pour le groupe Rockfort en 1999, compose la chanson Quand je suis avec toi pour Ricky Gal en 2001 puis fort de ces succès multiplie les écrits pour le théâtre de Haïfa, le théâtre de Beer Sheva, ou encore pour le film Petit pas de Shahar Segel.

 

L’artiste est avant tout musicien et compositeur. Ceci ne l’empêche pas en 2002 de se lancer avec brio dans une carrière solo. Son premier album Daniel Salomon est un succès, notamment à travers les titres Adif/Préférable et Ba mikeev/Provient de la douleur. La reconnaissance dans le métier est immédiate puisqu’il reçoit dès cette année-là une Plume d’or de la Confrérie des compositeurs où il est élu Meilleur compositeur de l’année. Le chanteur récidive en 2005 avec Rabot Hadrachim qui fut sans doute son meilleur album. On y retrouve les deux tubes Ahava/Amour et Rabot Hadrachim/Multiples chemins chanté en duo avec Dana Adini.

 

Depuis Salomon est un des incontournables de la variété israélienne : il participe aux productions britannico-israéliennes Blackfield I et II avec son ami Aviv Geffen (avec qui il continue à jouer sur ses albums) et Steve Wilson ; il écrit pour Israël Gourion, Rinat Bar, Shila Freber, pour la télévision ; il compose et chante la bande originale du film Micheou laroutz ito/Quelqu’un avec qui courir d’Oded Douidof , inspiré du livre de David Grossman ; il chante aussi la bande originale du film Sodot/Les secrets ; et en 2006 il participe encore à la composition de l’album de Shlomo Artzi. En 2007 il sort son troisième album Haïfa 87, qui connaît un succès relatif, il poursuit la sotie de singles jusqu’à la sortie de Ga’ot en 2010.

Daniel Salomon est aussi un chanteur et compositeur appréciable par et pour son caractère local. Né à Haïfa il y vit toujours et s’y plaît. Non orientale sa musique a un son commun à la variété internationale mais avec une petite touche israélienne, il faudrait juste que Daniel Salomon renoue avec les succès qu’ont été Rabot Hadrachim, Micheou laroutz ito ou Adif

 

 

 

 

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 18:50

Publié sur http://un-echo-israel.net (publication plus tardive due à des exigences de publication).

 

Par Misha Uzan

 

Le grand public le connaît surtout pour sa grande émission de radio, « L’heure d’histoire » qu’il a présentée pendant des années sur Galei Tzahal, la radio de l’armée. Mais Michael Harsegor est avant tout un grand historien et avant cela même, un grand homme dont la vie, est elle-même de l’histoire.

 

 

Michael-Harsegor.jpgMichael Harsegor (de son vrai nom Michael Goldberg) est né en Roumanie en 1924, à Bucarest d’une famille de réfugiés juifs. Afin de lui donner une bonne éducation sa famille s’installe en France peu après sa naissance, mais, touchée par la crise économique de 1929, elle retourne en Roumanie en 1933. L’ensemble de sa famille, désireuse de monter en Israël, n’eut pas le temps d’accomplir son rêve. Elle est rattrapée par les mesures antijuives du gouvernement roumain d’Octavian Goga dès décembre 1937, puis malgré son renversement, par la guerre. Emprisonné pour avoir été membre de l’organisation sioniste de gauche Hashomer Hatzaïr (Le jeune gardien), Michael Harsegor n’est libéré qu’en 1944. Le reste de sa famille n’est plus. Michael rejoint alors l’effort de guerre du mouvement sioniste et aide à la montée des Juifs qui s’échappent d’Europe. Il part lui-même pour Israël en 1946 sur des bateaux nommés « Hatsmaout/Indépendance » puis « Kiboutz Galouiot (ou La communauté des exilés) ». Mais, capturé par les Britanniques, qui bloquent l’entrée sur le territoire encore sous leur contrôle, Harsegor est envoyé à Chypre. Il n’entre en Israël qu’en 1949 après la fermeture des camps de réfugiés et la création de l’Etat d’Israël. Entre temps il a changé de nom. Michael Goldberg est devenu Michael Harsegor.

 

Harsegor choisit la vie en kibboutz, il est à l’origine du nom du kibboutz Zikim, dont il fut membre. La petite communauté qu’est le kibboutz met en relief son parcours international. Il devient d’abord grand reporter à Moscou. Il y rencontre sa femme, avec qui il a une fille. Puis de retour en Israël il obtient une licence d’histoire de l’Université de Tel Aviv. Excellent étudiant, francophone, il est envoyé en France où il poursuit ses études pendant encore six années. Il obtient un doctorat d’Etat de l’Université Lille III sur ses Recherches sur le personnel du conseil du roi sous Charles XVIII et Louis XII. On peut encore consulter sa thèse aujourd’hui. Il est depuis considéré comme un spécialiste du très bas moyen-âge et de la Renaissance en France et en Europe. De retour en Israël il enseigna au début de sa carrière au lycée Ironi à Tel Aviv, entre 1962 et 1966 avant de poursuivre à l’université et de devenir Professeur d’université. En 1974 il part pour le Portugal et suit la Révolution des Œillets qui fait chuter la dictature salazariste en place depuis 1933 dans le pays. Harsegor en fit l’un de ses sujets de prédilection et dévoile son étude dans un livre qu’il publie en 1976. Historien, auteur d’un livre sur le dix-huitième siècle européen, Harsegor se fait aussi analyste politique  ainsi que ce qu’on appellerait aujourd’hui historien du temps présent en étudiant l’histoire qu’il a vécue, le vingtième siècle, en Europe et en Israël, puisqu’il publie par la suite des ouvrages d’histoire et d’essai sur le conflit israélo-arabe.

 

Professeur-Michael-Harsegor.jpg

C’est sans doute ce rapport à la fois à l’histoire relativement lointaine et à l’histoire proche, qui a su donner au Professeur Michael Harsegor une approche de l’histoire capable d’intéresser les auditeurs. Depuis les années 80 il anime, d’abord avec Alex Hanski, puis depuis 2005 avec Eren Sebag, et ensuite avec Liad Moudrik, une émission de radio diffusée tous les vendredi soirs à 19 heures, nommée « L’heure d’histoire ». Tous ceux qui l’ont connu témoignent de cette façon qu’il avait de traduire les choses en mots simples et les grands événements en mouvements compréhensibles, les reliant avec les questions d’aujourd’hui, et toujours avec un humour indémontable.

 

Depuis son décès dans la nuit du 9 au 10 février beaucoup ont voulu lui rendre hommage : son collègue le Professeur Binyamin Arbel ou encore Avner Efrat ont raconté dans la presse israélienne l’homme qu’il était. Il s’éteint à l’âge de 87 ans, laissant derrière lui sa fille et trois petits-enfants. Son enterrement a lieu vendredi 11 février à 13h au kibboutz Maaverot.

 

En tant qu’historien il a contribué à forger l’histoire de la France et de l’Europe, en tant qu’homme il fit lui-même un morceau d’histoire de l’Europe et d’Israël.

 

 

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