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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 17:31

 

Par Misha Uzan

Publié le 27 décembre 2010 sur le site http://un-echo-israel.net

 

 

Homo-Sapiens.jpgOn a parfois l’impression que tous les chemins mènent à Israël. Ou plutôt que tous les chemins en viennent. Comme si tout était né sur ce petit bout de terre.

Voilà que des archéologues et préhistoriens israéliens de l’Université de Tel Aviv ont trouvé des traces de ce qu’ils pensent être le plus vieil Homo Sapiens connu à ce jour. Or depuis la nouvelle classification adoptée en 2003, qui supprime la dénomination d’Homo Sapiens Sapiens, on qualifie l’homme moderne d’Homo Sapiens. Selon cette découverte donc, le plus vieil homme moderne se trouverait en Israël, du moins dans l’état actuel de la recherche. Ces données découlent de huit dents trouvées dans la grotte Kassem, un site près de la ville de Rosh Ayin, quelques kilomètres à l’est de Tel Aviv. Celles-ci prouveraient la présence d’Homo Sapiens en Israël il y a près de 400 000 ans. D’après le Professeur Avi Gofer interviewé par le quotidien israélien Yediot Aharonot, il s’agirait d’une véritable révolution dans la connaissance des origines de l’homme moderne. L’étude menée par une équipe internationale de scientifiques ayant pratiquée une analyse détaillée de la structure des dents retrouvées remettrait donc en cause la théorie de l’origine africaine du genre humain. En ce qui concerne l’Homo Sapiens du moins, c’est-à-dire la dernière espèce d’hominidé encore en vie.

Deux commentaires s’imposent, l’un concernant l’évolution de la lignée des hominidés, l’autre plus général sur la place de la terre d’Israël.


Qessem-Figure-11-Lower-canine-91-copie-1.jpg1° Je pense qu’il n’est plus possible, pour le profane que je suis en la matière, d’y comprendre quoique ce soit : les spécialistes préhistoriens ont des hypothèses bien différentes sur l’évolution des hominidés, que viennent encore plus infirmer, les découvertes de nouvelles espèces. Souvenons-nous, en 2008 des chercheurs découvraient un fragment d’os dans la cave Denisova en Sibérie, l’étude de son ADN concluait à une nouvelle espèce humaine, totalement inconnue, aujourd’hui appelée l’Homme de Denisova, faute de mieux pour le moment, et qui remet en cause le découpage des scientifiques entre les différentes espèces et l’évolution. En Asie ont été découvert également l’homme de Solo et l’homme de Florès. Mais les chercheurs sont divisés sur ces espèces. Selon l'anthropologue Baruch Arensburg de l’université de Tel-Aviv en Israël, le premier, découvert en Indonésie et vivant encore il y a 85 000 ans, serait un Homo Erectus, donc moins évolué selon la lignée évolutive, s’étant différencié du fait de son isolation géographique. Quant au second, l’Homme de Florès, le chercheur n’en fait pas même une nouvelle espèce, il ne s’agirait donc pas vraiment d’un hominidé.

D’après la théorie classique, Homo erectus quitte l’Afrique il y a environ 1,8 million d’années pour l’Asie et l’Europe. Il y a 300 000 ans, il commence à évoluer pour donner naissance à deux lignées distinctes : Homo sapiens, en Afrique et en Asie et Homo neanderthalensis, en Europe. Mais plusieurs difficultés ont amené à mettre en doute cette théorie. Selon ses partisans, quelques néandertaliens européens auraient immigré au Proche-Orient. Sauf que dans les années 1930, le squelette d’une femme présentant tous les traits propres aux Neandertal d’Europe a été découvert en Israël, encore là, à Tabun, l’une des grottes du mont Carmel. Or, elle était âgée… de 120 000 ans ! Une datation qui contredit la théorie traditionnelle : comment affirmer que les néandertaliens classiques sont apparus il y a 70 000 ans, alors qu’ils étaient déjà présents au Proche-Orient 50000 ans auparavant ? Aussi pour des chercheurs comme Arensburg, selon un article de 2006 pour le Magazine La Recherche, l’histoire de Neandertal peut être retracée d’une façon bien différente. L’Homo erectus aurait traversé Israël pour rejoindre, d’Afrique, l’Europe et l’Asie. Les grottes d’Israël fournissent des preuves claires de ce passage : plusieurs restes humains, vieux de 1,7 million d’années, de 700 000 ans, de 300 000 ans, de 120 000 ans, jusqu’à aujourd’hui, y ont été retrouvés. Les grottes de Qafzeh, au sud-est de Nazareth et de Skhul, sur le mont Carmel, ont révélé des ossements d’Homo sapiens archaïque, âgés de 92 000 et 100 000 ans. Une datation proche de celle du squelette de Tabun, géographiquement voisin. Mais là encore la découverte d’un Homo Sapiens vieux de 400 000 ans remet en cause la formation plus tardive des Homo Sapiens.

Une chose est sûre : plus personne n’est plus sûr de rien !

2° Plus largement, sur le plan sociétal, cette découverte vient renforcer la propension, juive et non juive, qu’Israël est le centre et l’origine du monde. L’Histoire se fait ici ! dit-on souvent, tout en pensant c’est ici que l’histoire a commencé ! A présent on nous dit presque que la préhistoire aussi, a commencé sur la terre d’Israël.

Dans tous les domaines Israël est souvent placé au centre en effet. Ni l’écriture ni la première légende ne sont nées en Israël, mais la Bible, le livre le plus lu du monde y place son centre.

On pourrait s’amuser à multiplier les exemples. Avraham vient de Mésopotamie, Moïse d’Egypte, la première forme de codification du judaïsme naît en Babylonie pendant le premier exil (d’autres théories y voient aussi la base des trois grands monothéismes, voir mon commentaire du roman de Marek halter, Les mystères de jérusalem), mais Israël est la terre promise des Hébreux. Le Vatican est  la capitale de l’Eglise catholique mais Jésus est natif d’Israël et y vécut. Les musulmans ont surtout pour ville sainte La Mecque et Médine mais ils placent tout de même leur troisième ville sainte à Jérusalem. La foi bahaïe est née en Perse mais ses deux grands centres mondiaux sont situés en Israël : à Haïfa et à Saint Jean d’Acre. Et pourtant ni l’indouisme ni le bouddhisme ne placent leur centre en Israël, pas plus que les deux milliards et demi de Chinois et d’Indiens. Pourtant on continue à faire d’Israël le centre de tout.

On en fait même le centre des conflits : le conflit israélo-arabe est le plus médiatisé de tous les temps (voir mon articleIsraël et les intellectuels français), pourtant aucune donnée chiffrable ne le justifie, ni les forces en action, ni le nombre de pertes, ni les bouleversements humains. On en fait le centre des problèmes du Moyen-Orient souvent, pourtant les rivalités arabes ne disparaîtraient pas si Israël n’était plus là, tout comme les difficultés au Liban ou ailleurs.

D’une part tous les regards sont tournés vers Israël, Israël est un centre très subjectif ; d’autre part tant d’éléments convergent vers ce tout petit pays et Israël se retrouve en position de centre objectif. A présent les chercheurs en font l’origine de l’homme moderne. Bientôt qui sait la religion rejoindra la science et un représentant religieux quel qu’il soit fera peut-être de ces dents vieilles de 400 000 ans, celle du premier homme moderne : Adam. On vous aura prévenu.

 

 

Voir le blog de l’auteur http://mishauzan.over-blog.com

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commentaires

saumhomme.over-blog.com 28/12/2010 17:48



Bonsoir,


Au sujet de votre article sur "Israël ou l'origine de l'homme moderne". Il m'a beaucoup intéressé. Voici le commentaire qu'il m'inspire:


Je pense aussi que tout a commencé en Israël. et votre article commentant cette découverte archéologique faîte récemment non loin de tel Aviv me renforce un peu plus encore dans ma croyance.


Or - me dis-je - si tout nous ramène à Israël (découverte centrale de cet homo sapiens à l'appui ), pourquoi l'homme moderne dont tout semble dire d'après vous qu'il vient  bien
d'Israêl, pourquoi a-t-il tant de mal à retrouver des liens avec son créateur?


Le jeu des rapports de force qui s'est perpétué entre les sciences humaines et positivistes à travers les âges, n'y est-il pas pour quelque chose?


Et tandis que ces rapports ont toujours été de domination tantôt s'exerçant dans le sens des uns sur les autres et tantôt dans l'autre sens, ne serait-il pas temps de rendre aujourd'hui ces
sciences enfin égales (en importance) et faire alors de cette découverte un moyen d'y parvenir?


J'aimerais bien des approfondissements sur cette question. Peut-être cela pourrait être le sujet d'un de vos prochains articles? Croyez que j'en serais très heureux.


Bien à vous!


Michel Baude.  



MU 29/12/2010 00:01



Cher Michel


Votre commentaire demande de la réflexion et je prendrai le temps d'y réfléchir à une heure un peu moins tardive. Je suis content que mon article vous ai plu et vous me paraissez être intéressé
par les questions spirituelles, ce qui est fort bien.


Ceci étant j'aimerais dès maintenant rectifier un point. Je n'ai pas dit que tout semblait dire que l'homme moderne vient d'Israël. Au contraire je pense qu'il y a une propension à le penser
(j'entends l'homme moderne et ses créations), alors qu'en bien des points on peut le contester. Mais cette découverte va, une fois de plus, dans le sens que vous dites. C'est pourquoi, à nouveau,
sans réponse, sans certitude, je m'interroge. La pensée juive d'ailleurs, à mon sens, n'est pas faite pour donner des réponses, mais pour s'interroger, pour poser des questions. Vous en posez une
qui mérite concentration, je ne manquerai pas de le faire.


Merci à vous.


Cordialement.



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