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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 13:36

 

Par Misha Uzan

 

Article écrit pour http://un-echo-israel.net et publié sur ce site le 14 octobre 2011

 

Tel-Aviv-velo.jpgLes tel aviviens sont des adeptes du vélo. A Tel Aviv aussi, à vélo, on dépasse les autos. La municipalité ne s'y est pas trompée en développant depuis plusieurs années des pistes cyclables ― on en compte aujourd'hui 70 kilomètres ―, et en imitant Rennes, Angers, Paris, Singapour, Vienne ou encore Londres et Amsterdam avec un système de location rapide de vélos dans la ville : le Tel-O-Fun (en anglais) ou Tel ofan (de Ofanaïm qui signifie vélo en hébreu), l'équivalent des vélib' parisiens.

 

Tel Aviv connaît aussi, comme d'autres grandes villes les randonnées de nuit en vélo (ou en rollers). La municipalité vient d'achever également la nouvelle piste cyclable qui longe le bord de mer et a mis en place le premier feu pour les vélos, inauguré il y a quelques jours par le maire de Tel Aviv-Jaffa Ron Huldaï. Cette nouvelle piste s'ouvre à la veille du prochain "Tour de Tel Aviv" qui devrait se dérouler vendredi 14 octobre, en pleine fête de Souccot (la fête des cabanes). 10 000 participants sont attendus pour ce qui devrait être le grand événement de la rentrée. Trois parcours accueilleront des concurrents de différents niveaux : une course moyenne de 20 kilomètres pour des cyclistes confirmés, une autre de 41 kilomètres pour les professionnels, qui fera deux fois le tour moyen, et un parcours de 7 km pour les enfants et les familles. Les coureurs partiront de Kikar Hamedina vers Ibn Gavirol, puis de l'avenue Rokach au périphérique Ayalon jusqu'au changement Wolfsohn avant de reprendre vers Rothschild jusqu'à la promenade du bord de mer Herbert Samuel et remonter enfin de Jabotinski jusqu'au kikar Hamedina. La course devrait commencer dès 6h45 pour s'achever autour de 13h30. A son issue se tiendra une arrivée des participants et un concert du groupe "Les girafes", sur le kikar Hamedina (Place de l'Etat), une des grandes places de la ville.

 

Tel-Ofan.jpgCe deuxième opus très attendu sera un petit pas de plus vers le modèle de la cité-jardin que cultive la mairie de Tel Aviv : une ville ensoleillée aux grands immeubles high-tech, sans voiture ou aux voitures propres (les voitures électriques prévues pour bientôt), pleine de parcs, de vélos, rollers (et vélos électriques), bordée par la mer et peuplée de jolies filles et de beaux mecs sur la plage, qui font la fête sans s'arrêter : c'est un peu l'image idéale caricaturale qui fait le succès de Tel Aviv ces dernières années, même si la réalité n'en est pas (encore) tout à fait là.

 

 

Reproduction autorisée avec les mentions suivantes et le lien vers cet article : © Misha Uzan pour http://un-echo-israel.net et http://mishauzan.com

 

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 12:07

 

Par Misha Uzan

http://mishauzan.com

 

 

Pluie.jpgL’événement peut paraître anodin à celui qui ne connaît pas la région.

Pourtant il est assez rare. Pour la deuxième fois au mois d’août cette année, la pluie est tombée en Israël.

Rien de bien méchant : 3 mm à Netanya et Hedera, 1 seulement à Kfar Saba et à Hod Hasharon, dans le centre du pays. On a même ressenti quelques gouttes à Raanana, dans le nord de Tel Aviv, et en Galilée occidentale.

 

Cette pluie du 31 août, après celle survenue tôt le matin il y a 15 jours, ne changera rien à l’aridité du sol (et à la saleté des trottoirs) mais on peut se réjouir d’une deuxième pluie en plein mois d’août, le mois plus chaud de l’année. Un mois qui fut en outre moins chaud cette année que les années précédentes.

 

Que les touristes se rassurent, il fait toujours chaud en Israël et au bord de la mer, très chaud jusqu’en novembre, et ils n’ont pas à craindre de vacances sous la pluie comme c’est parfois le cas sur l’Atlantique, voire dans le sud de la France. Mais on se réjouit d’avoir eu une année relativement pluvieuse. Il a fort plu au mois de janvier, au mois de février, puis ça a continué au mois de mars, en avril, et il a même plu le 29 mai, je me souviens encore de cette magnifique pluie de matinée en début d’été qui m’avait réveillée.

 

Qui sait, si les choses continuent, l’hiver pourrait être à nouveau pluvieux, et relativement froid (entre 12° et 16°C), ce qui a ses avantages. Les nappes phréatiques surtout, ne devraient pas s’en plaindre.

 

Il faudrait tenter en revanche, de ne pas faire les idiots : ne rien faire aux canalisations et à l’état des routes en laissant se développer les inondations d’hiver, ne rien changer à l’état lamentable des vieux appartements non isolés, ou croire que la pluie règlera la pénurie d’eau et qu’il est inutile de consacrer de l’argent aux usines de désalinisation. Telles seraient les erreurs à ne pas faire, mais que les politiciens tentés par les solutions faciles, pourraient choisir.

 

Les choses sont dites, oui à la pluie, non à la facilité !

 

Reproduction autorisée avec les mentions suivantes et le lien vers cet article :
© Misha Uzan pour http://mishauzan.com

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 11:57

 

Par Misha Uzan

Article écrit pour http://un-echo-israel.net et diffusé sur ce site le mardi 23 août 2011

 

« Koah » en hébreu signifie « Force ». C’est aussi le nom qu’a choisi Amir Yehezekiel, un jeune Israélien de 33 ans qui a créé sur Facebook un groupe de défense des animaux. Koah est un jeu de mots : c’est la contraction des initiales en hébreu de « Klavim » (les chiens) et « Hatoulim », les chats.

 

Chiens-chats.jpgLe but de ce groupe est de faire évoluer la situation et le traitement des animaux en Israël. De tous les animaux et pas seulement des chiens et des chats. Le groupe a déjà réuni plus de 3300 personnes sur Facebook et Amir ne cache pas ses ambitions : il veut réunir un maximum de personnes, des sponsors, des célébrités et pourquoi pas, à terme, créer un parti politique de défense des animaux et le faire entrer à la Knesset, la Parlement israélien.

 

L’idée n’est pas mauvaise. Elle prolonge le mouvement et les initiatives sociales débutées cet été boulevard Rothschild. Les chiens et les chats sont très nombreux en Israël et Amir Yehezekiel, sans être affilié à un quelconque mouvement d’écologie radicale, a simplement voulu être celui qui s’occupe de leur santé, de leur protection, de leur place dans la société.

 

Reste qu’à y réfléchir, l’idée d’un parti politique voué aux animaux fait plus sourire qu’autre chose. Une association ou organisation, ayant une influence politique peut être souhaitée ; mais la légitimité d’un tel parti est en revanche plus contestable. Pour plusieurs raisons. La société israélienne est déjà très compartimentée, divisée en secteurs presque coupés des uns des autres. Le mode de scrutin, à la proportionnelle nationale, provoque une division plus accrue encore en favorisant les petits partis et oblige des pourparlers entre partis pour chaque décision gouvernementale. Que viendrait donc faire au milieu un parti sectoriel destiné aux animaux ? Par ailleurs, la question des chiens et des chats dans les villes est à double tranchant. Leur protection et leur santé sont capitales. Il conviendrait toutefois de les penser dans leurs rapports avec l’humain, et non pas indépendamment. Dans le centre du pays et plus encore à Tel Aviv, chiens et chats sont très nombreux. On en voit partout. Il n’est pas rare que les tel aviviens aient deux, trois, jusqu’à cinq chiens par personne. Or les conditions d’hygiène qu’ils provoquent ne sont pas des meilleures. Dans un pays où l’eau manque, la gestion des excréments de chiens laisse pour le moins à désirer. On peut parfois être obligé de zigzaguer sur le trottoir. De façon générale, la saleté de la rue saute aux yeux de quiconque y prête attention. Faites un test : marcher une heure à Tel Aviv en tong ou en Crocks et regardez ensuite l’état de vos pieds. Quant aux chats, on les voit généralement sauter d’une poubelle à une autre. Sans commentaire.

 

En somme, monter un mouvement, une organisation ou un lobby défenseur des animaux est une nécessité, mais l’hygiène et la santé des chiens et des chats ne doit pas se faire au détriment de celle des humains.

 

Personnellement je ne suis pas sûr qu’une amélioration dans ce sens, puisse venir des propriétaires de chiens et de chats, trop habitués à les embrasser sur la gueule, à les laisser uriner sur les kiosques à journaux, ou à leur faire faire leurs excréments sur le trottoir.

 

C’est mon avis.

 

Reproduction autorisée avec les mentions suivantes et le lien vers cet article : 

© Misha Uzan pour http://un-echo-israel.net et mishauzan.com

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 10:59

 

Article écrit pour et publié sur le site http://un-echo-israel.net le 25 juillet.

Par Misha Uzan

http://mishauzan.com

 

 

J’habite à Tel Aviv. Face à la « révolte » ou « mouvement des tentes », j’ai décidé de ne pas dresser ma propre tente.

 

Tentes-Tel-Aviv.jpgD’abord parce que je n’aime pas beaucoup le camping. Je lui préfère les séjours en zimmerim, ces jolis bungalows qui ont fait la reconversion des kibboutzim, dont le système économique ne tenait plus, pour les faire entrer dans l’économie libérale de la fin du XXe siècle, et pour beaucoup, faire fortune. J’aime ce modèle de réussite et je ne dresserai pas de tente.

 

Je n’en dresserai pas non plus pour des raisons personnelles. Je ne suis plus étudiant, je n’ai plus les moyens de l’être, et je dois travailler. Je ne peux donc pas me le permettre.

 

Si je devais pousser la logique individualiste à son terme, je dirais aussi que je ne dresserai pas de tente parce que je n’y ai pas intérêt. Propriétaire, la montée des prix de l’immobilier me fait gagner de l’argent, surtout si les prix de Tel Aviv grimpent plus qu’ailleurs. En revanche si les prix stagnent, voire baissent, je perdrai beaucoup d’argent. Et très franchement je me retrouverai en grande difficulté. Et je ne suis pas le seul dans ce cas. Tel Aviv est aussi une ville d’investissement au fort potentiel pour les propriétaires et les hôteliers.

 

Aussi je ne dresserai pas de tente parce que la montée des prix dans l’immobilier est plus complexe qu’il n’y paraît et que je ne peux pas approuver toutes les revendications des manifestants.

 

J’ai soutenu pourtant les mouvements de protestation contre les produits laitiers, beaucoup trop chers en Israël. J’ai soutenu également la baisse des prix des couches et la « révolte de l’huile » (voir Le blog-notes du 7 juillet 2011) qui ont suivies. Je pense aussi que la réforme la plus urgente en Israël, est sans doute celle des transports (voir mon article Les transports : le désordre à l’israélienne). A en croire ce que j’ai lu (Protestation au cœur de Tel Aviv : pourquoi j’ai dressé une (...)), vu et vécu, la dernière réforme de changement des trajectoires était totalement ratée. Je pense que le gouvernement devrait investir massivement pour construire des transports dignes d’un pays de l’OCDE. Plutôt que de planter une tente, je construirais plutôt un bus symbolique sur le boulevard Rothschild, ou un métro pour que les choses bougent. En outre je n’ai pas de voiture, et j’ai refusé d’en acheter jusqu’à présent. Je prends mon mal en patience.

 

Mais je ne dresserai pas de tente car certaines revendications me paraissent exagérées. Certes, le gouvernement doit résoudre les problèmes de bureaucratie qui ralentissent les constructions. Netanyahou s’y est engagé. Le gouvernement peut aussi et doit proposer des logements sociaux, voire plus de logements étudiants près des facultés. Il a proposé également d’alléger les taxes pour pousser les investisseurs immobiliers à mettre des appartements vides sur le marché. Je soutiens ces réformes-là. Mais elles ne se feront pas du jour au lendemain. Plusieurs réformes ont été prises à ce jour, par le gouvernement, par le ministre de la Construction et du logement Ariel Attias et par la banque d’Israël pour limiter l’inflation immobilière. Elles sont restées insuffisantes parce que la demande était très forte, et l’offre trop faible. Le gouvernement peut essayer d’augmenter l’offre, et ce n’est pas simple, mais il ne peut pas contrôler la demande. Et puis des propositions de loi ont été annoncées pour ces deux prochaines semaines. Le mouvement n’a-t-il pas déjà gagné ? N’est-il pas en train de se radicaliser ?

 

Aussi je ne dresserai pas de tente car je ne comprends pas bien ce que les manifestants entendent par ‘’réguler’’ ou ‘’fixer’’ les prix du marché. Le gouvernement ne peut évidemment pas décider des prix de l’immobilier à Tel Aviv ou ailleurs, sauf à partir des terrains d’Etat où il construirait des logements sociaux. En dehors de ces terrains réservés, une telle mesure serait non seulement catastrophique, mais surtout quasi-stalinienne si elle était appliquée, car véritable entorse à la liberté économique.

 

Je ne dresserai pas non plus de tente car je ne vois pas pourquoi ces logements sociaux devraient être construits au centre de Tel Aviv. Non seulement il n’y a que peu de place, mais il faut bien admettre qu’y vivre est un luxe. Nous avons-nous-mêmes (sur un écho) vanté plusieurs fois les mérites de Tel Aviv, devenue une ville internationale, touristique, animée, qui ne dort jamais. Ce développement a un prix, et il est loin d’être à son terme.

 

N’habite pas à Ramat Aviv ou à Rotschild qui veut. Tout comme, toutes proportions gardées,  n’habite pas qui veut aux Champs Elysées, sur l’île de la cité ou à Saint Germain des prés. Lorsque j’y étais étudiant, je n’ai même pas envisagé de m’y loger. Je suis resté en banlieue, chez mes parents, et j’ai économisé. De même, il serait préférable pour qui touche un salaire moyen de se loger en banlieue ou dans le sud de Tel Aviv, plus abordable. Que les manifestants se plaignent du manque de rénovation et de sécurité des immeubles du sud est légitime, qu’ils réclament un contrôle des prix près de la plage ou près du centre Dizengoff n’est pas très sérieux.

 

Enfin je ne dresserai pas de tente car j’ai cru sentir une politisation extrême du mouvement des tentes, même minoritaire, lorsque la députée Miri Regev (Likoud) et même Ron Huldaï le maire de Tel Aviv, élu et réélu sur une liste de centre-gauche Avoda-Kadima, ont été sifflé en se rendant sur le boulevard Rotschild. En revanche, j’ai bien vu qu’Isaac Herzog (du parti travailliste) et Nitzan Horovitz (de Meretz) ont reçu un accueil très chaleureux. J’ai pourtant de la sympathie pour Horowitz, qui fut commentateur politique avant d’être député, mais je ne crois pas que le mouvement devrait s’ancrer dans un camp politique.

Huldaï, contrairement à Dov Hanin (de Hadash, parti communiste judéo-arabe) qui fut son adversaire aux élections municipales, est un partisan du développement de la ville. Les protestataires ont critiqué la construction de tours de luxe à Tel Aviv et Jérusalem, essentiellement achetées par des étrangers.

 

Je ne dresserai pas de tente car je trouve démagogique et contre-productif de leur jeter la pierre. Toutes les grandes villes y sont confrontées. Ces tours font certes augmenter les prix, mais donnent aussi de l’ampleur et une certaine beauté architecturale à la ville, et ces étrangers apportent de l’argent et contribuent à l’enrichissement de la ville. Un enrichissement dont nous avons bien besoin.

 

Aussi je comprends les difficultés que pose l’inflation immobilière et je soutiens certaines réformes, mais pour toutes les raisons expliquées, je ne dresserai pas ma propre tente.

 


Reproduction autorisée avec les mentions suivantes et le lien vers cet article : 

© Misha Uzan pour http://un-echo-israel.net et pour http://mishauzan.com

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 18:55

 

Article écrit pour et publié sur le site http://un-echo-israel.net

 

Par Misha Uzan

 

La direction du service civil-national en Israël se plaint des leaders du secteur arabe.

 

Sar-Shalom-Djerbi.jpgLe directeur en charge du service, Sar-Shalom Djerbi, a été informé récemment que des leaders du secteur arabe effectuaient des visites dans les salles de classe où ils tentaient de convaincre les jeunes Israéliens d’origine arabe, de ne pas se porter volontaire au service civil ou national. Parmi ces leaders, Aïman Ouda, membre du parti judéo-arabe Hadash et directeur du Conseil d’activité contre le service civil national, ne se cache pas. Bien au contraire il revendique son opposition à tout enrôlement des Arabes israéliens à Tsahal, au service civil ou au service national. Aïman Ouda aurait déjà visité de nombreuses écoles à Sakhnin, à Shfaram, à Nazareth, Kfar Kana ou ailleurs.

Le directeur du service national-civil s’est adressé au ministère de l’éducation afin qu’il mette fin à ces démarches. Selon lui, il importe de « chérir les volontaires qui donnent à leur communauté, à la société et à l’Etat, et autant que possible d’empêcher les éléments hostiles d’accéder à l’intérieur des écoles et d’inciter contre le service civil » a-t-il déclaré à la presse. Aïman Ouda a répondu qu’il n’avait besoin d’aucune autorisation du ministère de l’éducation et qu’il était soutenu par le Comité supérieur du suivi des Arabes israéliens. Il revendique également le fait de parler politique à l’école, qui ne va pas de soi non plus.

 

Aiman-Ouda---Hadash.jpgDe façon générale, le service national vise notamment à combler l’inégalité créée par le nombre de réformés à l’armée au sein des secteurs ultra-orthodoxes et arabes pour des raisons religieuses, idéologiques ou de sécurité. Une question récurrente et problématique en Israël, qui ne trouve toujours aucune solution et aucune initiative décisive. Il a été complété par le service civil depuis la loi Tal en 2002, destinée à impliquer plus d’ultra-orthodoxes à la vie civile. Cette volonté s’applique également au secteur arabe. Selon le ministère, 1152 jeunes de ce secteur se seraient portés volontaires cette année. Ce chiffre doit être toutefois relativisé puisque sont également compris dans le terme de « secteur arabe » utilisé par le ministère, les bédouins et les Druzes qui ne sont pas tenus par un contrat entre l’Etat et leur communauté, de faire l’armée. Or, simple précision sémantique, les Druzes, s’ils sont arabophones, ne sont en revanche pas arabes. De même les Bédouins appartiennent eux aussi à un groupe sociologique un peu différent. Et ces deux groupes ont un rapport historique et sociologique à l’Etat d’Israël qui se distingue des Israéliens qui se revendiquent arabes. Sans entrer dans les détails de questions sémantiques qui nous emmèneraient trop loin[1], il est difficile d’estimer ce chiffre. En 2008, une enquête réalisée par le professeur Sami Smouha et relatée par le journal Haaretz, indiquaient que malgré les campagnes opposées du ministère du service civil et national et des leaders arabes, les jeunes du secteur arabe de 16 à 22 ans, n’avaient que peu de connaissances sur le service d’une part, mais d’autre part  le soutenaient à 75%. Un moyen sans doute, pour eux, selon le professeur de l’université de Haïfa, de combler l’écart entre Juifs et Arabes en Israël. Reste qu’on ne peut parler d’une révolution civile avec 1552 volontaires par an, un chiffre très relatif rapporté à la population israélienne d’origine arabe.

 

Une véritable réforme, justement, ne consisterait-elle pas à rendre obligatoire le service national ou civil, pour ceux qui n’accomplissent aucun service militaire pour diverses raisons ?

La question mérite au moins d’être posée.



[1] J’ai déjà mentionné à plusieurs reprises l’importance des questions sémantiques, voir à ce sujet mon article Israël et les intellectuels français, de 1967 à 1982

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:46

Article écrit pour et publié sur http://un-echo-israel.net

 

Par Misha Uzan

 

Israel-Hayom.jpgOn ne passe pas sa vie à la plage lorsqu’on habite à proximité. Néanmoins elle reste un moyen de divertissement apprécié et appréciable. C’est pourquoi le groupe Israël Hayom — du nom du plus grand journal gratuit aujourd’hui en Israël, qui selon les chiffres serait devenu le plus lu du pays avec 35,2% du marché depuis 2010 —,  organise cette semaine le festival « Israël à la plage » dans tout le pays.

Dimanche 3 juillet au soir les festivités ont débuté à Eilat avec un concert du chanteur populaire Eyal Golan, sur la plage Dekel. Toute la semaine entre 16 heures et 20 heures sont prévues des activités très vastes : des ateliers sportifs, des jeux pour enfants, des représentations, des concerts. Des milliers de personnes sont attendues du nord au sud du pays : à Tibériade sur le lac Kineret, sur toute la côte ouest : au parc national d’Achziv près de Nahariya, à Haïfa, à Netanya, Tel Aviv, Rishon-le-Tzion, Ashdod, Ashkelon et sur la mer rouge à Eilat. On attend des stars pour enfants, des acteurs, des chanteurs.

 

Tous les ateliers, concerts et représentations sont libre d’accès et gratuits, comme l’est le journal. L’opération a évidemment un coût : celle d’un gros coup de pub pour Israël Hayom (financé par la publicité) qui multiplie depuis plusieurs mois les campagnes et veut clairement s’imposer comme le journal de l’Etat d’Israël en poussant le Yediot Aharonot par la fenêtre. Le journal, tenu par Amos Regev qui en est le rédacteur en chef, mais dont le propriétaire est Sheldon Adelson, l’un des hommes les plus riches du monde, est aussi connu pour être proche de Benyamin Netanyahou, dont il soutiendrait la vision. Il a été critiqué de ce point de vue, ces détracteurs l’accusant d’être un journal de droite au service de Netanyahou.

 

Le mieux, peut-être, à la lecture d’un journal, est d’en connaître la couleur, et de le lire en conséquence.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 17:38

Par Misha Uzan

Article écrit pour et publié sur le site http://un-echo-israel.net

 

 

Bus DanDimanche 3 juillet fut le grand jour de test du nouveau système de transport dans le Goush Dan (Tel Aviv et sa banlieue). Depuis le 1er juillet (un vendredi, donc un jour au trafic limité), les lignes d’autobus ont changé leur itinéraire.

 

Chacun a pu en faire l’expérience. Les passagers ont donc patienté, encore plus que d’habitude, et parfois pour rien, puisque ce n’était pas le bon bus. Il leur a fallu prendre leur bus ailleurs, et surtout chercher lequel les mènerait à bon port. Pour l’occasion 2400 intérimaires ont été engagés pour aider les passagers aux stations de bus.

 

Selon le ministère des transports, ces changements ont été effectués pour mettre de l’ordre au système de bus israélien, pour que tout soit parfait. Le nouveau système sera mis à l’épreuve plusieurs semaines. Hormis les nombreux retards et incompréhensions, les compagnies de bus ont affirmé ne pas avoir reçu un nombre excessif de plaintes.

 

On peut se demander si ce n’est pas dû à la lassitude des passagers, trop habitués en Israël à attendre leur bus trop longtemps. Et sous la chaleur !

Pour avoir expérimenté le système de bus en Israël, comparé aux transports publics en France par exemple, il me semble que ce ne sont pas tant les itinéraires des bus et les trajets qui changeront quoique ce soit. L’amélioration ne peut être que minime. Ce serait au contraire tout le système qu’il faudrait changer.

Quelques exemples. La région de Tel Aviv ne connaît toujours aucun métro (qui serait tellement plus pratique !), personne n’a encore investi un montant suffisant. Les recherches de trajet par internet sont on ne peut plus compliquées : rien que dans le Goush Dan, quatre compagnies se partagent le marché (Dan, Egged, Metropolin et Kavim), si bien qu’il faut toutes les essayer si on ne connaît pas son chemin. La centralisation de l’information est quasiment nulle, il faut tout connaître, tout retenir par cœur. Autant dire que ce changement d’itinéraires des bus obligera les grands connaisseurs des routes israéliennes à tout réapprendre. En Israël on continue à demander sa route au chauffeur, à tout moment, et à lui payer les tickets, sans machine extérieure (sauf pour les cartes au mois). Imaginez donc le temps perdu à rendre la monnaie à chaque montée de passagers. Enfin ce n’est pas pour rien si les bus sont concurrencés par les Shirout, les taxis en commun, qui vont souvent plus vite, mais qui là encore, souffrent d’information centralisée.

Si vous ne connaissez pas Israël, vous vous y perdrez, c’est sûr ! Et si vous le connaissez, vous vous y perdrez aussi !

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 15:43

 

Publié a posteriori le 27 juin dans l’édition du site Riposte laïque, numéro 205 : http://ripostelaique.com/

 

Par Misha Uzan : http://mishauzan.com

 

Tzfat.jpgJ’en parlais dans Le blog-notes du 10 juin, la coalition gouvernementale israélienne au pouvoir est partie vendredi 10 et samedi 11 juin en week-end, dans la ville de Tzfat (Safed), dans le nord d’Israël, merveilleuse ville d’artistes et de religieux, repeuplée notamment au cours du 16e siècle par ceux qu’on appelle traditionnellement les cabalistes. On trouve autour de Tzfat les tombes de nombreux rabbins dont les noms sonnent familiers à tous les juifs éduqués dans le judaïsme rabbinique, tel Rabbi Shimon Bar Yochaï.

 

La presse hors d’Israël a pour habitude d’aborder le sujet israélien au regard du conflit israélo-arabe. Elle rend compte également de quelques films, festivals ou reportages de société de temps à autre, mais s’intéresse surtout à Israël et ses voisins arabes. Or c’est notre perspective et notre ambition, sur mon blog-notes (http://mishauzan.over-blog.com) et notamment en collaboration avec le site http://un-echo-israel.net, de présenter les autres aspects d’Israël. Car ils sont souvent plus importants qu’on ne croit. Ce week-end de coalition en est un exemple cinglant. Depuis plusieurs jours cet événement apparemment sans grande importance occupe une partie des premières pages des journaux quotidiens nationaux. En outre l’organisation de ce micro-événement illustre mieux les questions de société d’Israël que la tentative d’invasion d’Israël menée par Bashar el Assad le 5 juin à l’occasion de la Nachsa, le premier jour de la guerre des Six Jours (tentative qui a grandement échoué grâce au savoir-faire de Tsahal). Car en effet, si les questions d’armée, de souveraineté et de frontières ont leur importance, les Israéliens au quotidien sont plus souvent confrontés — à leur grand regret dans leur majorité — aux questions sociales et religieuses. Simple exemple : Netanyahou et sa femme, ce samedi après-midi, ne pourront pas se balader sur les hauteurs de Safed. Ils devront rester à l’hôtel. La raison invoquée ne tient pas rigoureusement à la sécurité. Plus exactement, la mise en place de leur sécurisation, nécessaire, pour la promenade d’un premier ministre, provoquerait un non-respect du Shabbat (tel que l’entendent les juifs ultra-orthodoxes). C’est franchement grotesque ! Netanyahou, le premier ministre d’Israël, qui lui-même n’est pas observant, et qui regardera sans doute la télévision dans sa chambre, ou bien travaillera, et donc ne veillera pas au respect du Shabbat, ne pourra pas néanmoins emmener sa femme faire une petite marche un samedi après-midi. Messieurs les rabbins en ont décidé autrement ! Ces mêmes rabbins qui plus est, ont fait tourner la tête des organisateurs pour que la nourriture soit suffisamment cachère à leur goût. Les ministres du Shass (parti politique orthodoxe sépharade) ont exigé une nourriture cachère de la maison Yosef, disposant de l’aval de leur maître spirituel, le rav Ovadia Yosef. La plupart des membres de Yaadout Hatorah — un parti ultra-orthodoxe ashkénaze qui idéologiquement, en théorie, n’est même pas favorable à l’Etat d’Israël en tant que tel — en revanche ne reconnaissent pas la cacherout du Rav Ovadia Yosef, il leur faut la cacherout de leur Rav à eux !

 

Telles sont trop souvent les préoccupations auxquelles les Israéliens laïcs, majoritaires dans la société comme dans la coalition et dans l’opposition, sont obligés de se soumettre, pour ne pas froisser dit-on, ou pour ne pas faire exploser la coalition !

On est très loin de la Syrie, de Salam Fayad, d’Abou Mazen ou des copains du Hamas. C’est aussi ça Israël.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 17:04

Publié le 24 juin 2011 sur le site http://un-echo-israel.net

 

 

Par Misha Uzan

 

 

Kyriat-Shmona.jpgOn en parlait la semaine dernière (La semaine du livre hébraïque 2011) : tandis que la semaine du livre hébreu battait son plein, la bibliothèque de Kyriat Shmona, elle — une petite ville de 21 400 habitants à la frontière avec le Liban —, voyait ses portes se fermer. Avec elles ce sont toutes les institutions culturelles de la ville qui ont été menacées.

 

La presse s’en est fait l’écho en pleine semaine du livre hébreu (et nous l’avons-nous-même relayé auprès du public francophone, sur Un écho d’Israël). Ceci a peut-être entraîné cela.

 

Accusé par le maire de la ville frontalière de laisser Kyriat Shmona à l’abandon (rappelons qu’elle a fait partie des villes les plus touchées par la 2e guerre du Liban), le gouvernement Netanyahou a tenu en début de semaine une réunion destinée à trouver une solution pour ces établissements de loisirs et de culture.

 

Le cabinet du premier ministre a annoncé mercredi 22 juin une proposition de consolidation des établissements par une aide de 6 millions de shekels destinée aux centres culturels des régions frontalières au nord du pays. La décision finale doit être prise dans une prochaine réunion du cabinet.

 

Le maire et rav de la ville Kyriat Shmona a indiqué qu’il avait « une grande confiance en Netanyahou et qu’il était sûr que l’argent serait transféré dès la première heure après la décision ». Il a toutefois fait savoir que si l’argent restait bloqué dans « les rouages de la bureaucratie » ils — les dirigeants et les habitants de la ville — poursuivraient la bataille. Le conseil municipal a déjà annoncé la tenue dimanche d’une réunion d’urgence pour discuter des moyens de la lutte. Mais il semble que la communication ait payée ses fruits. La banque Hapoalim, qui avait assuré le fonctionnement de la bibliothèque durant la dernière année, a indiqué par son directeur Yair-Seroussi.-Bank-Hapoalim.jpgYaïr Seroussi, qu’elle s’engageait à fournir une ‘bibliothèque mobile’ à la ville dès dimanche prochain et à soutenir son activité comme elle l’a fait l’an passé, a annoncé Haaretz sur son site jeudi 23 juin dans l’après-midi. La déclaration de Yaïr Seroussi s’est rajoutée à celle de Nouhi DanknerNohi Dankner — à qui le Congrès Juif mondial a récemment décerné le Prix Herzl (voir Le blog-notes du 21 juin 2011) —, le président de la compagnie IDB et milliardaire israélien, qui a indiqué à la Conférence du Président Shimon Peres qu’il soutiendrait les institutions culturelles de cette ville, si chère à ses yeux.

 

Le bruit fait autour de la fermeture de cette bibliothèque et de lieux culturels doit beaucoup au calendrier et à la semaine du livre hébraïque. Cette dernière s’achève samedi 25 juin. Reste à savoir si la réponse du gouvernement restera valable après l’annonce — plus tardive — de celle des financiers*, et après la semaine du livre et donc si tout cela n’aura pas été qu’un coup médiatique en réponse à un autre coup, celui porté par les média la semaine dernière.

 

 

 

* Car le secteur privé en Israël a souvent remplacé les pouvoirs publics (à tort ou à raison), y compris dans le domaine culturel et même, on s’en souvient lors de la deuxième guerre du Liban, en matière de protection des citoyens.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 00:20

 

Par Misha Uzan

 

Publié le 17 juin sur le site http://un-echo-israel.net

 

Semaine-du-livre-hebraique-2011.jpgCette semaine, du 15 juin au 25, on fête en Israël le livre hébraïque (ou hébreu). 11 villes et 40 localités rurales célèbrent cette tradition israélienne devenue ô combien populaire. A Jérusalem, Tel Aviv, Haïfa, Netanya, Beer Sheva, ou encore Ramat Hasharon, des centaines de milliers de personnes se précipitent chaque année, non seulement pour acheter des livres mais aussi pour assister à différents événements : lectures publiques, rencontres avec les auteurs, jeux pour enfants, etc. La plupart des activités sont gratuites, sauf les livres à acheter bien entendu, à des prix réduits.

 

L’événement, qui se tient pour la 85e année, a débuté à Tel Aviv, rue Rotschild, de par l’initiative de l’éditrice Bracha Peli. Il était destiné à l’origine à pousser les immigrants à lire de la littérature en hébreu (une caractéristique qui s’est perdue avec le temps, laissant en outre beaucoup de nouveaux immigrants mal à l’aise avec les livres en hébreu). On lisait à l’entrée des stands : « Faites entrer un livre hébreu dans la maison de chaque hébreu ». Jusqu’en 1958 sa durée n’était que d’une seule journée, on l’appelait « le jour du livre hébreu ». En 1959, l’écrivain et poète Shlomo Tanaï en a fait « la semaine du livre hébreu » à l’occasion des célébrations de la décennie de l’Etat d’Israël. Elle est depuis 1961 un événement national.

 

Etgar-Keret.jpgTel Aviv en reste un centre important. Plus d’une centaine de stands sont installés sur la place Rabin, face à la mairie. L’occasion pour les éditeurs du pays de faire connaître ce qu’ils publient, et pour les auteurs, aussi, de rencontrer leur lecteurs. C’est ce dont s’est réjoui l’écrivain israélien Etgar Keret, connu surtout pour ses nouvelles, heureux « d’entendre ce que les gens ont aimé et n’ont pas aimé dans [ses] livres », déclarait-il à la presse. On a pu y voir encore l’écrivaine Niza Skolnik ou d’autres. Cette semaine est aussi un prétexte de communication pour les compagnies de tourisme qui vendent leur livre et surtout pour ceux qui veulent faire adopter au public la pratique du livre électronique ou la lecture via I-pad. Certains même à Tel Aviv, faute de pouvoir s’acheter un stand, en ont profité pour vendre leurs propres livres, sur un banc.

 

Mais la semaine du livre hébraïque était aussi à Jérusalem où s’est tenu le 14 au soir, en guise d’ouverture à la Bibliothèque nationale, un hommage aux magasins qui vendent des livres d’antiquité. Des stands sont exposés au Gan Apaamon (le jardin de la cloche), où sont invités les auteurs et éditeurs Ami Robinger, Smadar Shir, Ephrim Sidon et Dani Carmen. Sont également prévues des rencontres personnelles dans des cafés et bars de la ville avec les auteurs, éditeurs et poètes Méïr Shelo, Agi Mashoul, Sami Berdogo, Méïr Bozeglo et Tamar Galbetz. A Netanya l’événement est placé sous le signe des contes d’enfants, à Beer Sheva sont prévues des représentations de rue et à Ramat Hasharon des musiciens accompagneront les visiteurs.

 

Toutefois la presse israélienne soulignait cette semaine une certaine contradiction. C’est en pleine semaine du livre hébraïque que la bibliothèque de Kyriat Shmone mettait la clé sous la porte. Les pertes financières de certaines institutions culturelles ont été très fortes, et le tribunal de Nazareth a dû émettre l’injonction de fermer les lieux. « Ce qui se passe ici n’intéresse pas le gouvernement » se plaignait le maire de la ville Nissim Malka, qui entend mettre en grève le système éducatif de la ville dès le 19 juin. Cette annonce intervient pourtant en pleine ascension économique du pays. Le 16 juin le Bureau Central des statistiques publiait officiellement les chiffres du niveau de vie, révélant une poussée de 6,8% du niveau de vie, avec un PIB par habitant qui pour la première fois dépasse les 30 000 dollars.

 

Confrontées les unes aux autres, ces différentes informations laissent souvent penser que les inégalités se creusent, que peut-être la croissance ne profite pas (encore ?) à tout le monde. Une différence de niveau de vie très sensible d’une région d’Israël à une autre.

 

Voir aussi sur Un écho d’Israël, en 2006 : 80ème anniversaire de la semaine du livre hébreu

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