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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 10:20

 

Bernard Werber, Le Souffle des dieux, Sarthe : La Flèche, 2007, [Paris : Albin Michel, 2005]

 

 Bernard-Werber.-Le-Souffle-des-dieux.jpg

 

Bernard Werber est un auteur prolifique à succès. Sans l’avoir jamais lu je connaissais son nom. Je ne sais pas bien d’où. Sans doute avais-je vu traîner plusieurs de ses œuvres sur des rayons de librairies tandis que son vocable pénétrait mon inconscient. Ce type de rencontres fait incontestablement naître des préjugés. Je le voyais donc comme un auteur populaire de science fiction de pacotille pour lectrices à l’affût de petites découvertes et d’histoires au moins à moitié à l’eau de rose. C’est ce que doivent penser ses détracteurs les plus durs peut-être. Mais ça m’a plu !

 

Bernard-Werber.JPGLe Souffle des dieux est la suite de Nous les dieux. Cette idée de suite est plutôt banale, classique, c’est comme un feuilleton. Le fait d’imaginer des élèves-dieux refaire l’histoire sur une autre planète Terre 18, sous l’enseignement de Maître-dieux de l’Olympe, et de copier en grande partie l’histoire de Terre 1, la nôtre, est amusante mais encore plus anodine. Et pourtant ça marche !

 

Les amoureux des grandes épopées historiques comme je le suis pourront très bien aimer le genre. On revit Rome avec les hommes-aigles, la Chine avec les hommes-tigres, Alexandre le Grand, les amazones, etc, et bien sûr l’histoire des hébreux avec les hommes-dauphins puis dauphins-baleines[1]. Même si on cherche parfois à savoir à quelle époque on se trouve, les évidences apparaissent très vite et on se repère. Et curieusement plus on connaît la période en question plus c’est captivant. Ca manque presque d’originalité confesse le héros Michael Pinson, entouré des grands hommes français de presque toutes les époques, de Voltaire à La Fontaine et de Rousseau à Saint Exupéry. Mais on y prend goût et on attend la suite. Et on poursuit sa lecture avec intérêt jusqu’à la 621e page. La fin est un peu longue, car comme souvent les auteurs se laissent entraîner dans leur propre histoire ; mais c’est bien rôdé et bien illustré, bien ponctué par des passages encyclopédiques de L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, cet autre livre de Werber qu’il attribue à son personnage Edmond Wells. On apprend donc beaucoup, parfois sur des thèmes historiques connus, parfois sur des sujets scientifiques ignorés par nous et vulgarisés en une ou deux pages. Certains passages sont sans doute à prendre avec des pincettes, il ne s’agit parfois que de théories scientifiques qui restent contestables. Mais c’est toujours intéressant, étonnant et même amusant. L’auteur manie avec élégance la mythologie, la science-fiction (l’univers du virtuel, de l’informatique), et la philosophie. On est comme balancé entre les vieilles croyances grecques (Zeus et l’Olympe) et les perspectives judéo-chrétiennes. Et parfois les deux se rejoignent. Lilith, Pandore, les dauphins, Prométhée ou les quatre façons d’aimer ont particulièrement retenu notre attention. Anecdotes, blagues, devinettes, énigmes et jolies histoires font une belle formule, un moment de détente et d’apprentissage en même temps.

 

 

Pour finir, voici une énigme posée dans l’ouvrage, à vous de trouver la réponse (elle est dans le livre évidemment) :

 

« C’est mieux que dieu

C’est pire que le diable

Les pauvres en ont

Les riches en manquent

Si on en mange on meurt. »



[1] En remerciement on constate d’ailleurs la référence au professeur Gérard Amzallag, grand spécialiste des Hébreux même si peu connu, et auteur avec David André-Belhassen de La Hainemaintenant ? Sionisme et palestinisme, les 7 pièges du conflit, Paris : Edition de La différence, 2006. Un livre déroutant qui mériterait plus large discussion et répercussion, l’une des mes références.

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Published by MU - dans Lectures
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commentaires

J 21/07/2010 23:33



Autant j'adore les livres de Werber...
Autant je ne les lis plus!

Pourquoi ? Les fins sont toujours baclées !
Je suis passionné tout le livre et... JE DETESTE lire la fin! Elle est toujours terrible!



MU 21/07/2010 23:37



Pour le coup je dirais que la fin n'est pas bâclée ... mais trop longue, justement parce qu'il ne sait pas comment la finir.


Mais quand on y réfléchit, c'est le cas de beaucoup de livres, surtout dans la littérature d'écriture, faite pour le texte et non pour l'histoire. Quand est-ce qu'on s'arrête? C'est pas toujours
facile à déterminer.



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