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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 23:38

Ehud OlmertSdérot et le sud ouest du pays n’ont vu que trop passer de roquettes ce mois de janvier. Si la chose n’est pas nouvelle, elle a bien dégénéré ces dernières semaines. Carlos Chavez, 20 ans, en a malheureusement fait les frais. Volontaire d’origine équatorienne au kibboutz Ein Hachlocha à proximité de la frontière avec la bande de Gaza, il tombait mardi 16 janvier sous les balles d’un sniper posté le long de la barrière de sécurité. On ne peut s’empêcher de penser à la phrase prononcée par Olmert un mois plus tôt : « il n’y a pas lieu de lancer une opération d’envergure dans la bande de Gaza tant que les tirs de roquettes ne dégénèrent pas en causant des pertes humaines ». C’est vrai, Carlos Chavez n’a pas été tué par un tir de roquettes mais par un sniper. Cela change-t-il quelque chose ? Un mort est malheureusement un mort, et un mort de trop…

 

Depuis, la pluie de roquettes s’étant abattue sur Sdérot a provoqué le blocus de la bande de Gaza… pour deux jours. On n’attendra de voir la portée d’une telle entreprise. N’attendons pas trop pourtant, en politique comme en guerre il faut agir vite ! Aussi Mr Olmert, c’est avant les pertes humaines qu’il aurait fallu agir, pas après !

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 00:24

 

Publié sur le site http://israel-diaspora.info le 3 janvier 2008

 

Elie-Moyal.-Ancien-maire-de-Sderot.jpgRefusant « de prendre plus longtemps la responsabilité de ses administrés », épuisé par les roquettes qui « continuent de s'abattre au quotidien sur [sa] ville, [sans] que les membres du gouvernement ne fassent rien pour y remédier »[1], jeudi 13 décembre, le maire de Sdérot, Elie Moyal, rendait sa démission. Le soir même, une nouvelle pluie de roquettes s’abattait sur la ville. Réagissant une nouvelle fois à ces attaques à n’en plus finir, Gaby Ashkenazy, chef d’état-major de Tsahal, estimait que "La situation à Gaza ne pourra pas se poursuivre beaucoup plus longtemps. Il y a certes des résultats aux incursions ponctuelles de Tsahal, mais nous ne réussirons pas à totalement éradiquer les tirs. Il est probable que nous en soyons au point où nous devons lancer une grande opération terrestre"[2]. Une opération terrestre qu’on évoque déjà depuis plusieurs mois et dont l’échéance — nous disait encore il y a peu le ministre de la défense Ehud Barak — se rapprocherait de plus en plus, mais qui pourtant ne se déclenche toujours pas. C’était vrai dans la semaine du 15 décembre, ça l’est encore aujourd’hui. Car, au-dessus de tous, le premier ministre Ehud OlmertEhud Olmert estime lui, au contraire, qu’il n’y a pas lieu de lancer une opération d’envergure dans la bande de Gaza tant que les tirs de roquettes ne dégénèrent pas en causant des pertes humaines. D’autant qu’une incursion massive risquerait, selon les milieux gouvernementaux israéliens, c’est-à-dire les conseillers d’Olmert, de porter préjudice à Israël dans les négociations avec Mahmoud Abbas et le Fatah, ainsi qu’avec les Etats arabes ayant participé à la conférence d’Annapolis, et auprès de l’administration Bush.

 

Peu importe donc qu’une Israélienne d’une quarantaine d’année ait été grièvement blessée par le souffle d’une explosion, qu’une mère et son bébé aient été touchés chez eux il y a quelques semaines, puis qu’une roquette soit tombée à proximité d’une école la semaine suivante, blessant dix-huit personnes dont dix enfants. Et peu lui importe encore que depuis des mois — sinon des années — des dizaines de personnes soient blessés et leurs logements détruits, et que des centaines voient leur vie rythmée par le bruit des alarmes et des ambulances, ainsi que par des allers-retours incessants entre les abris et leurs activités. Le contexte international l’oblige, nous dit Olmert, pas d’intervention conséquente tant qu’il n’y a pas de mort. A croire que le réalisme politique à la Olmert nécessite qu’Israël reçoive les coups, sans réellement bouger, tant qu’il n’y a pas de mort.

 

de gaulle civilUn raisonnement en réalité, dont avait usé bien avant lui un homme politique français aussi célèbre et réputé que le général de Gaulle, en 1967, à la veille de la guerre des Six Jours. Un moment bien souvent considéré comme le point d’ancrage d’une politique extérieure française plutôt hostile à Israël. Car pour l’ancien président français, alors qu’Israël est à l’époque menacé de destruction par l’ensemble des Etats arabes avoisinants, celui qui attaquera le premier sera tenu pour responsable. Et peu lui importait alors, lui aussi, qu’Israël soit depuis des mois et des années victime d’attaques et d’infiltrations de fedayins ou que le blocus du golfe d’Akaba par l’Egypte nassérienne, privant Israël d’accès à la Mer Rouge, constituait à l’évidence un casus belli. Seul lui importait en revanche, comme Olmert aujourd’hui, de ne pas froisser les Arabes et ne pas prendre de risque que le conflit dégénère. Assurant toutefois fermement à l’Etat d’Israël dirigé à l’époque par Levi Eshkol, qu’il ne le laisserait pas être détruit sans représailles et conséquences majeures pour les Arabes. Autant dire que c’est avec raison qu’Emmanuel Berl, célèbre intellectuel de l’époque, remarquait dans son petit livre Nasser tel qu’on le loue, qu’il était pourtant « difficile aux gouvernants israéliens de dire à leur peuple : ‘Si les Arabes vous exterminent, le général de Gaulle déplorera et sans doute vengera votre mort.’ Il l’eût fait, certes, il l’a dit. Mais si personne ne conteste la trempe de son épée, personne n’a encore constaté son aptitude à ressusciter les morts. »[3]

 

A présent c’est Olmert qui réagit comme le De Gaulle des pires moments pour Israël, à son échelle. Peut-il, lui, prétendre qu’il ressuscitera quiconque mourra à Sdérot sous le coup d’une roquette ? Nul doute que ce mort sera déploré et vengé par Tsahal, mais la vie ne vaut-elle pas mieux que la vengeance ? Que lui importera réellement d’être vengé s’il a perdu la vie ? Qu’il est triste de devoir user d’un langage aussi dur ! Mais comment un premier ministre, dont le mandat est par ailleurs si entaché par les morts — non vengés ceux-là — de la « deuxième guerre du Liban », peut-il rester si passif face à l’agression quotidienne de ses concitoyens ? Olmert prétend qu’une bataille contre le Hamas à Gaza sera lourde en pertes humaines dans les rangs de Tsahal, avançant même le chiffre de 200 morts[4]. L’Etat d’Israël serait-il devenu impuissant et faible à ce point, condamné à laisser une partie de ses civils se faire bombarder presque sans défense ni réponse, faute de pouvoir se battre ? L’Histoire a voulu que Tsahal à l’époque, n’écoute pas de Gaulle et qu’Israël survive et se renforce. Nul n’a de doute aujourd’hui que ce fut la bonne décision. C’était le temps d’un Israël victorieux et courageux. Or si le pays contient toujours ce potentiel en lui, son leadership en tout cas, paralysé par son incompétence de l’an dernier, et par ses intérêts politiciens et électoraux, ferait bien de relire son histoire. Si l’Etat d’Israël s’est remis de la passivité d’une puissance comme la France, se remettra-t-il de sa propre passivité ?

 


[1] Déclarations faites à la radio, citées sur www.israelinfos.net  du 13.12

[2] www.israelinfos.net du 14.12

[3] Emmanuel Berl, Nasser tel qu’on le loue, Paris : Gallimard, 1968

[4] Chiffre cité par David Sebban, L’Impact, édition du 28 décembre 2007

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22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 05:40

Elie Barnavi

Dans son livre publié en 2002, Elie Barnavi, La France et Israël. Une affaire passionnelle dont vous trouverez un compte rendu en cliquant, l'ancien ambassadeur d'Israël en France faisait part de la différence de traitement fait à Israël, comparée à celle faite aux autres parties du conflit israélo – arabe. Que ce soit l'«Autorité palestinienne», ou les Etats arabes, aujourd'hui comme hier, les exigences envers Israël sont plus fortes. Barnavi retranscrivait la réponse qu'on lui fait tout le temps (réponse qui, soit dit en passant, est loin d'être suffisante au regard du traitment considérable accordé à Israël et ses conflits, le reste de la réponse serait, à mon sens, à chercher du côté de l'image du juif dans l'inconscient occidental) : «C'est parce qu'on attend plus d'une démocratie». Très bien, convenait – il, mais ceci ne justifie pas les calomnies, les erreurs répétées et la vision grossière qui est faite du conflit.

J'ajouterai : «Non, ça ne me convient pas, au contraire.» Alors on attendrait plus d'une démocratie? Ce serait à elle de faire le premier pas, que dis – je, le premier 250e pas depuis presque 60 ans, Israël n'ayant cessé, gouvernement toutes tendances confondues, de répéter sa volonté de vivre en paix avec ses voisins. Cela paraîtrait donc normal qu'on en demande plus à une démocratie? Sans doute, ça me paraissait normal aussi. Jusqu'à ce que j'y réfléchisse vraiment!

 

Et ma réflexion m'a amené à démontrer l'illogisme d'une telle exigence.Une demande qui repose sur une vision extrêmement passive, déterministe voire fataliste du monde. On serait donc plus exigant envers une démocratie parce qu'elle est plus ouverte, plus développée, plus tolérante, plus libérale, bref plus humaine. C'est logique? Non au contraire. Car cette démocratie, d'où vient – elle? Est – elle tombée du ciel? Y'a – t – il une puissance divine ou humaine qui décide qui sera une démocratie et qui n'en sera pas? La démocratie est – elle le fruit du hasard? Pas le moins du monde. Sans nier, les conditions d'élaboration d'une démocratie, d'un Etat, d'une structure politique tout court, sans nier les facteurs qui influent dans un sens ou dans un autre, force m'est de constater que la démocratie n'est rien d'autre que le fruit du travail, de la pensée, des convictions des individus qui composent le pays, qui composent l'Etat démocratique. Je me répète. Assez d'une vision ultra – déterministe du monde (lire nombre de mes articles). Des individus, malgré toutes les difficultés qui les en empêchaient, se sont mis dans la tête qu'ils se gouverneraient réellement d'eux – mêmes, par eux – mêmes, et pour eux – mêmes! Que le meilleur moyen d'y arriver était l'institution d'un régime démocratique. Ce régime démocratique est le fait des individus, d'abord et en premier lieu, qui composent un Etat démocratique (sauf cas exceptionnels d'imposition par la force qui durent rarement1). En clair, ces individus en se constituant groupe, Etat démocratique, ont déjà accompli un effort considérable, que leurs adversaires n'ont pas accompli. Ils ont créé cette situation libérale, ouverte, favorable à la paix. Dans le cas israélien, les efforts, les actes de volonté de paix et de constitution d'une nouvelle société, pour une plus grande justice – à l'image du kibboutz -, ne manquent pas.

 

Demander plus, être plus exigeant envers une démocratie, revient à demander plus, à être plus exigeant envers celui qui a déjà fait plus. C'est primordial, la démocratie et tous ses corrolaires – ouverture, tolérance, liberté ... - sont déjà un plus, sont déjà un effort, qu'à l'inverse, leurs adversaires, les Etats non démocratiques, eux, ne se sont pas donné la peine d'accomplir.

 

En termes concrets et simples, c'est un peu comme si, à l'élève qui faisait bien ses devoirs, vous lui en donniez encore et toujours de plus durs, tandis qu'à celui qui ne les fait pas, vous ne lui demandiez plus rien, considérant que de toute façon, il ne les fera pas. Vous seriez donc ainsi fataliste et inégalitaire, bref en échec face à l'éducation de ce gamin. Et on pourrait reprendre des exemples à n'en plus finir. Telle est la pensée passive et déterministe, qui néglige les actes des individus. A l'inverse, ce qu'il faudrait, c'est montrer en exemple, l'élève qui fait ses devoirs – sans trop le gâter non plus, soyons en conscients – afin d'exiger à l'élève fainéant et passif qu'il fasse les siens. Sinon, il ne les fera jamais et viendra se plaindre quelques années plus tard, de sa situation, comparée à celle de son ancien camarade de classe. Voyez comme ce type de cas s'est multiplié de nos jours dans nos sociétés passives, et, je ne le dirai jamais assez, empêtrées dans une vision toujours plus déterministe du monde. C'est finalement une vieille pratique française, mais pas seulement, qui agit : plus vous travaillez, plus on vous en demandera, moins vous en faites, moins on vous en demande!

 

Qu'on me comprenne bien, tel n'est pas mon propos de dire que les démocraties ont tant réalisées, tant pris d'avance comparées aux non démocraties, qu'elles ne doivent plus rien faire et attendre que les autres les rattrappent. Bien entendu, elles doivent continuer leurs efforts, quitte à creuser l'écart. Et bien entendu, elles doivent être prêtes à pousser celui qui veut faire des efforts. C'est même le propre de la démocratie d'être très exigeante avec elle – même. C'est un peu ce qui la définit. Reste que dans un conflit opposant deux parties, on ne peut toujours demander au même de faire un effort, au seul motif qu'il en a déjà fait, on perçoit bien l'absurdité de la chose. Là se dessine la force ou la faiblesse d'une démocratie, lorsqu'elle est consciente de ses faiblesses intrinsèques, et qu'elle y répond, qu'elle en prend compte, ou non. Idée simple, mais à laquelle, pourtant, nous ne prêtons jamais attention.

 

Ayn RandC'est finalement un esprit trop conditionné aux vieilles idées de l'irresponsabilité de l'apparent plus faible, de celui qui a du retard, qui ne suit pas, qui ne comprend pas, qui fait que nous n'arrivons pas à penser la responsabilité individuelle dans toute son étendue. Sans doute, aurions – nous plus à espérer de sociétés dites plus individualistes, plus marquées par les visions d'individualisme dit radical de Ayn Rand dans Atlas Shrugged2.
Ayn Rand . Atlas ShruggedReste encore qu'il faudrait recréer un système international, mondial – comme on le fait après tout pour l'union européenne – où la démocratie est la condition sine qua none d'entraide. Mais on en est encore loin.

 

1C'est par exemple l'avis de certains auteurs concernant l'Allemagne de Weimar, République démocratique, naissant selon certains dans un milieu peu favorable à la démocratie.

Voir Horst Möller, La République de Weimar, Paris : Tallandier, 2005, traduit de l'allemand par Claude Porcell.

2Ayn Rand, Atlas Shrugged, USA, 1956

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