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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 16:36

Publié sur le site http://un-echo-israel.net le 12 juin 2011

 

Par Misha Uzan

 

Joseph-Cedar.jpgPour ce film, Joseph Cedar a reçu le prix du meilleur scénario au 64e festival de Cannes, cette année 2011. Le casting réunit Shlomo Bar-Abba, Alma Zack et surtout Lior Ashkénazi, connu hors d’Israël depuis son rôle d’agent du Mossad dans Tu marcheras sur l’eau, d’Eytan Fox. J’ai personnellement une certaine tendance à me méfier des films qui remportent des prix à Cannes : souvent lents, ennuyeux et parfois idéologiquement très partisans. Même s’il ne m’a pas fait radicalement changé d’avis, ce n’est pas le cas d’Heerat Sholaïm, j’ai néanmoins du mal à comprendre qu’il ait obtenu le prix du meilleur scénario. Ce dernier est bon, sans aucun doute, mais n’a rien non plus du film de l’année. L’histoire tourne autour d’Eliezer Shkulnik, professeur et chercheur à l’Université hébraïque de Jérusalem, philologue spécialiste du Talmud. Le personnage est renfermé, presque autiste, il parle peu et se rend peu agréable à son entourage. Il a passé sa vie à travailler sur des textes talmudiques, épluchant des milliers de textes pour montrer les contradictions de la version actuelle du Talmud de Jérusalem. Mais presqu’au bout Shlomo-Bar-Abba-dans-Heerat-Sholaim.jpgde ses recherches, un autre chercheur rival publie la découverte d’un texte qui confirme sa thèse, mais qui rend inutile sa recherche. Depuis des années aussi Eliezer Shkoulnik échoue dans sa candidature pour le Prix d’Israël, dont le jury est présidé par le professeur qui l’a ridiculisé. Il est frustré, déprimé, démoli … jusqu’à ce fameux coup de fil qui fait basculer le film : Eliezer Shkulnik vient d’être choisi pour la plus prestigieuse récompense du pays. Sauf que, nouveau coup de théâtre, ce n’est pas Eliezer mais Ouriel Shkoulnik (interprété par Lior-Ashkenazi.jpgLior Ashkenazi), son fils, lui aussi professeur et chercheur spécialiste du Talmud, mais qui s’intéresse à d’autres thèmes, qui a été choisi pour le Prix d’Israël. C’est l’employée chargée d’informer le lauréat qui s’est trompée de Shkoulnik. Aussi Ouriel est-il confronté à un dilemme : jouir de son titre et humilier son père, ou se sacrifier pour lui.

Bien qu’il souffre de quelques longueurs et d’une fin un peu légère, peu étonnante (qui explique ma stupéfaction de le savoir lauréat du meilleur scénario), le film reste sympathique et divertissant. Les plans sont bien réalisés, les scènes bien mises en valeur. Avec ce film, Joseph Cedar, réalisateur de Medurat Hashevet en 2004 et surtout de Beaufort en 2007, confirme son talent de réalisateur. Il ajoute une pierre à l’édifice du cinéma israélien, qui bénéficie ces dernières années de financements français et/ou allemands, et qui réalise de très belles performances.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 10:37

Par Misha Uzan

 

Ni l’une ni l’autre ne sont les actrices les plus connues d’Israël. Mais on compte au sein du Showbiz israélien un nombre non négligeable d’acteurs — ou plutôt d’actrices — qui font leur route, en Angleterre, aux Etats-Unis, à Hollywood.

 

Meli-Levi.jpgLa superbe Meli Levi en revanche vient de manquer une occasion de succès international. La raison : trop belle, trop sexy, trop attirante ! C’est en tout cas ce qu’on est amené à penser en lisant la presse israélienne ces dernières semaines. Meli Levi partait favorite pour jouer le rôle d’une soldate israélienne dans le prochain film de Mark Forster World War Z, aux côtés de Brad Bitt. Malheureusement la jolie Angelina Jolie aurait trouvé plus jolie qu’elle et aurait pris peur. Selon les rumeurs qui courent, la femme de Brad Pitt aurait mis son veto à la participation de Meli Levi. A en croire ces Angelina-Jolie.jpgbruits, Meli Levi serait trop belle, trop sexy, trop attirante pour que son mari résiste à ses charmes. Décidément, depuis l’affaire Strauss-Kahn plus personne ne croit que les hommes soient capables d’un peu de retenue. Brad Pitt n’y échapperait pas. D’autant que piquer le mec d’une autre actrice sur un tournage, ça, Angelina sait faire ! On comprend donc qu’elle ait de quoi se méfier.

 

Meli Levi ne rejoindra donc pas le club très select’ des Moran Attias ou autres Bar Rafaeli bénéficiant de rôles à Hollywood ou de petits copains du showbiz américain. Même si ce temps a une fin (dixit la séparation de Leonardo Di Caprio et de Bar Rafaeli officialisée lors du festival de Cannes) .Pas pour le moment en tout cas. Ceci étant, les Israéliens peuvent se réjouir malgré tout. Rien de mieux qu’une Israélienne pour incarner une soldate israélienne. Ils en auront donc deux. La presse israélienne ce matin se fait l’écho du choix de la production américaine d’engager Danielle Kurz (remarquée en Israël dans la série télévisée Aimer Ana) pour incarner la commandante israélienne, et Noah Bodner pour jouer sa soldate. Bodner qui vit aujourd’hui à Londres, mais qui a servi à Tsahal dans l’Orchestre musical de l’armée, se voit attribuer le rôle refusé à Meli Levi. Si cette promotion nous réjouit, tant pour Daniel KratzDanielle Kurtis que pour Noah BoudnerNoah Budner, on ne peut s’empêcher de se poser la question : Angelina Jolie ne les juge-t-elle pas assez belles pour son mari ? Après de telles rumeurs, bénéficier du rôle signifie aussi qu’Angelina Jolie ne les craint pas. S’il est vrai que Meli Levi est aussi un top model qui en fait frémir plus d’un, il convient tout de même de rendre leur beauté aux deux femmes, Danielle Kurtis et Noah Budner, qui elles aussi, n’en doutons pas, sauraient séduire Brad Pitt si elles le voulaient.

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 20:13

Publié sur le site http://un-echo-israel.net le 30 juin 2010

 

Un film d’Avi Nesher. Israël, 2010.

Avec Adir Miller, Keren Dror, Maya Degan, Dov Navon, Elie Yitspan, Toval Sapir, Neta Porat, Yarden Bar Kochva, Bat-el Faafora, Kobi Frug, Yael Levaventel, Tam Gal, Eyal Shechter

 

Inspiré de l’histoire de Meïr Gutfreund : ‘Pour elle les héros s’envolent’.

 

 

----------copie-1.jpg« Autrefois j’étais »[1], en anglais ‘Once I was’ est le titre d’un album de Tim Buckley, sorti en 1968. Le choix n’a pas été laissé au hasard puisque c’est de l’été 68 dont il est question ici. La scène se passe à Haïfa entre les hauteurs du Mont Carmel et les quartiers populaires du bas de la ville. Mais dans la plus européenne des villes israéliennes, on ne trouve alors pas de révolution, pas de manifestation dans les rues, et pas de sit -in sur les campus. On n’est ni en Californie, ni sur les bancs de la Sorbonne. Israël n’est ni l’Amérique, ni la France.

 

Et pourtant malgré le souvenir de la toute proche guerre des Six jours un an plus tôt, la vie à Haïfa suit son cours. Une vie faite d’amour, de mystère et de souvenirs. Surtout pour Arik, ce jeune adolescent du Carmel qui se fait engager comme apprenti par Yenkelé Breid,  un vieil ami de son père, directeur d’une agence matrimoniale. Aventure singulière pour lui que de descendre chaque jour des beaux quartiers pour retrouver le Haïfa des prostituées et des nécessiteux. Au milieu d’un environnement un peu particulier, le cinéma du quartier et sa caissière naine à la recherche de l’amour, les passants arabes et la jolie cousine des voisins qui lui tourne autour, le jeune garçon enquête sur de potentiels fiancés, amène de nouveaux clients et découvre les dessous d’un monde qu’il ne connaissait pas. Il grandit, il change, comme le monde, comme Haïfa.

 

Adir MillerEn outre, avec l’amour et les relations humaines en son centre, le film fait aussi œuvre d’histoire. Une histoire curieusement un peu oubliée. Celle des difficultés vécues par les rescapés de la Shoah avant les années 70, marqués par la peur. Yenkélé est un homme mystérieux, comme l’est Clara, cette amie qu’il aime profondément et qu’il désire depuis tant d’années mais qui ne parvient plus à se donner à un homme depuis la guerre. Subtilement, le réalisateur nous suggère et nous laisse deviner ce que l’un comme l’autre ont pu subir sous le joug des nazis. D’autant que la société israélienne, elle aussi, a beaucoup de mal à les comprendre, à les accepter, à les intégrer. Alors que quarante ans plus tard, la question de la Shoah a pris une toute dimension, se déclinant en dans des domaines des plus divers et des plus étonnants dans une nouvelle idéologie du ‘Tout Shoah’ (voir à ce sujet notre étude : http://mishauzan.over-blog.com/article-shoah-shoah-shoah-51849500.html ) il est intéressant de rappeler que les choses n’en ont pas toujours été ainsi. Edifié autour de symboles d’héroïques pionniers, l’Etat d’Israël a longtemps perçu ces Juifs comme des gens qui se sont laissés abattre « comme des moutons », selon l’expression consacrée, tandis que nombre de rescapés étaient pris pour des traîtres ou des kapos. Les choses ont lentement évolué et le procès Eichmann en 1961 est considéré comme un premier tournant dans la compréhension de la Shoah[2], tournant par la suite accentué et approche du phénomène totalement transformée (voire inversée). Les choses sont restées néanmoins difficilement compréhensibles pour toute une génération. Sans être au centre de l’histoire, le film souligne avec émotion les réactions des uns et des autres.

 

Avec ‘Autrefois j’étais’, Avi Nesher nous plonge dans un monde qui n’est plus et nous raconte une belle histoire, une histoire triste, et une histoire d’amours. Un joli film qui nourrit un cinéma israélien toujours plus créatif et agréable à regarder.

 

 

 

 

Diplômé de Sciences Po et spécialisé en histoire contemporaine, l’auteur a notamment travaillé les questions de mémoire et les grandes questions de l’historiographie de la seconde moitié du vingtième siècle.

Voir son blog : http://mishauzan.over-blog.com

 

 


[1] La traduction, approximative, est la mienne (Misha Uzan)

[2] Voir à ce sujet, Annette Wieviorka, Le procès Eighmann : 1961, Bruxelles : Editions Complexe, 1989

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 00:36

Publié le 8 mai 2010 sur le site http://un-echo-israel.net

 

Film de Radu Mihaileanu.

Durée : 2 heures

Avec Mélanie Laurent, Miou Miou, François Berleand, Ivan Gavrilov, Lionel Abelanski

D’après l’œuvre de Hector Cabello Reyes

 

 

 

Le-concert.jpgSorti depuis le mois de novembre en France et disponible en DVD depuis mars, le film de Radu Mihaileanu est sorti jeudi 22 avril en Israël. Affiches un peu partout dans les rues et succès au rendez vous. Succès ô combien mérité. Né en Roumanie où il a fui la dictature de Ceausescu en 1980, Radu Mihaileanu immigre en Israël avant de s’installer définitivement en France. Il a su exprimer son talent avec brio dans ses derniers films, aussi bien dans Train de vie (1998) sur la Shoah, que dans Va, Vis et deviens (2005) qui touche à l’immigration éthiopienne en Israël. Avec Le Concert il réalise sans conteste son meilleur film. L’un des meilleurs de l’année à coup sûr et, à mon sens, un film inoubliable, magnifique, tout simplement excellent. L’œuvre du réalisateur est marquée par un rapport à la France, à l’Europe de l’est et à l’histoire juive. Le Concert est tout à fait à la croisée de ces trois thèmes. Le film se passe à cheval entre la Russie et la France. Au temps de Brejnev, Andreï Filipov, le plus grand chef d’orchestre d’Union soviétique et directeur du célèbre orchestre le Bolchoï, est déchu de sa place pour avoir refusé de se séparer de ses amis musiciens juifs. Trente ans plus tard, c’est là que commence le film, toujours au Bolchoï Andréï n’est guère plus qu’homme de ménage.  Mais il tombe un soir dans le bureau du maître des lieux sur un fax invitant le Bolchoï au théâtre du Chatelet, à Paris. Il décide alors de remonter un orchestre grâce à ses anciens amis musiciens, dont son vieil ami Sacha, tous déchus de leur place et vivant de petits boulots : l’objectif, se faire passer pour le Bolchoï et jouer à Paris. Voilà pour l’histoire. Le reste n’est que beauté, rire, émotion et musique classique. Le film est à la fois drôle, touchant, émouvant. Le final est époustouflant. La musique nous scotche au fauteuil, même pour un amateur. Mélanie Laurent, qui y joue une grande violoniste choisie pour soliste sur le ‘Concerto pour violon’ de Tchaïkovski, tient là son plus beau rôle.

 

Dans Train de vie, dans Va, Vis et deviens, et là encore dans Le Concert, Radu Mihaileanu fonde ses films sur l’idée de l’usurpation : créer un faux train de déportation, se faire passer pour le fils d’un autre, prendre la place d’un orchestre qu’on n’est plus. Il met ainsi en scène de façon tragique et en même temps très belle, la douleur juive. Ces films touchent d’autant plus le public israélien, très sensible au sujet. Voir Le Concert dans une salle de cinéma en Israël a quelque chose de particulièrement émouvant. Les larmes coulent, l’adrénaline monte, les couples se serrent, les spectateurs ne quittent plus la salle.

 

Après un film sur la difficile intégration des Juifs éthiopiens en Israël, l’auteur aborde ici le sujet de la difficile histoire des Juifs d’URSS : l’antisémitisme, les accusations, les privations, la déportation en Sibérie. Un sujet qui concerne aussi de nombreux Israéliens, venus d’ancienne Union soviétique. Esquissés, l’histoire de la chute du communisme comme la participation de musiciens tziganes, dont un violoniste exceptionnel, au sein de l’orchestre, ajoutent au charme du film. Sans jamais trop insister sur une partie ou une autre, sans jamais trop se moquer d’un camp ou d’un autre (bien que certains personnages russes tirent à la caricature avec beaucoup d’humour), le film coule de magnificence. Il est tout simplement sublime, et c’est à ce titre que j’ai voulu l’évoquer.

 

A voir à tout prix, si possible en version originale, mi-russe, mi-français.

Pour ceux qui résident en France, procurez-vous le DVD ainsi que la bande originale, une beauté de musique classique.

 

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 15:21

Publié sur le site http://www.un-echo-israel.net le 9 mars 2010

 

 

PhobidiliaLes deux cinéastes américains connus sous le terme de frères Cohen ont à présent leur pendant en Israël : les frères Paz, Yoav et Doron. Réalisateurs de clip vidéos et commerciaux pour la télévision depuis quelques années et diplômés de la faculté de cinéma de l’université de Tel Aviv, Yoav et Doron Paz ont achevé respectivement à 33 et 31 ans leur premier long-métrage : Phobidilia. Diffusé récemment au festival international de Toronto ainsi qu’à celui de Singapour, tout récemment en salle en Israël, le film fait aussi partie de la sélection du 10e festival du film israélien de Paris du 10 au 16 mars 2009, présidé par Yvan Attal. Une occasion pour le public français de découvrir aussi bien les frères Paz que les acteurs du film, ainsi qu’un certain style israélien. Pour leur première sortie en salle Yoav et Doron ont choisi dans le premier rôle du film, Ofer Schechter, un jeune séducteur blondinet très connu du public israélien pour ces nombreuses interprétations dans des séries et programmes télévisés. Efrat Baumwald, elle aussi habituée aux séries télévisées, a le premier rôle féminin. Adapté d’un roman d’Izhar Har-Lev, c’est l’histoire de Regev, un jeune israélien qui, suite à un traumatisme émotionnel dans un lieu public L'acteur Ofer Schechterdécide de s’enfermer chez lui. Le monde extérieur devient sa phobie et son appartement son idéal. Loin de souffrir de cette situation, le jeune homme sait apprécier les options du monde moderne : les livraisons à domicile, les programmes télévisés, l’accès à internet (y compris pour ses fantasmes sexuels), son petit chat et l’entretien de son jardin. Mais tout se complique lorsque Grumps, interprété par Shlomo Bar-Shavit, l’agent immobilier de l’immeuble, lui annonce qu’il doit évacuer l’appartement pour cause de vente. Une guerre éclate entre les deux hommes. Daniela en revanche, enquêtrice pour une émission de télévision, vient elle aussi perturbé son cocon, mais en lui rendant le goût de l’aventure et des relations amoureuses.

En un sens, le film est une expression cinématographique des ermites modernes : ceux qui ne vivent que par écrans interposés et visites à domicile. Bien que le scénario soit assez plat et le décor presque entièrement limité à l’intérieur d’une maison, la réalisation, qui combine plans variés et musique électronique, parvient à rendre le film intéressant. Le jeu d’Ofer Schechter, nominé pour le titre de meilleur acteur aux Ophir Awards, donne aussi un peu de rythme au tout. Ce n’est pas le film de l’année, mais une pierre à l’édifice déjà non négligeable du septième art israélien.

 

 

 

Réalisation: Yoav Paz, Doron Paz
Production: Guy Behar, Shai Eines, Amir Golan
Scénario: Izhar Harlev, Doron Paz, Yoav Paz
Photographie: Nitai Netzer
Montage: Simon Herman, Rotem Shamir
Avec: Ofer Shechter, Efrat Boimold, Shlomo Bar-Shavit
Année: 2009
Durée: 90 minutes
Musique: Ran Jurgenson, Uri Ophir

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 15:28

Publié sur le site http://www.un-echo-israel.net le 26 janvier 2010

 

Long métrage israélien de Ranan Shor. 2009

Avec Sasha Agronov et Anton Ostrovski

Prix Ophir du meilleur acteur pour Sasha Agronov

Durée : 92 min

 

BodedimGlory Campbell et Sasha Blokhin sont deux soldats de l’unité Golani, une brigade d’infanterie située au nord d’Israël. L’un comme l’autre sont immigrés de Russie, seuls, sans famille proche en Israël. Ils sont des « soldats esseulés », un statut particulier à l’armée. Glory est orphelin et Sasha est le fils d’un général russe. C’est pourquoi il est si fier d’être accepté en cours d’officier. Mais c’était sans compter sur une mésaventure qui changera son parcours dans l’armée. Un soir de permission, Sasha perd son arme, faute grave. Malgré l’aide de Glory qui lui en trouve (vole) une autre à l’armurerie de sa base, l’arme de Sasha finit à son insu entre les mains de terroristes du Hamas qui avec commettent un attentat. Suite à un procès mal organisé, une mauvaise défense et surtout le refus de livrer les détails de la perte de l’arme (qu’on apprend plus loin dans le film), ils sont condamnés pour trahison. Les deux jeunes israélo-russes atterrissent dans une prison militaire où ils sont désignés d’emblée comme des traîtres. D’où leur accueil peu chaleureux. Mais ils vont tout faire pour obtenir un procès en appel qu’on refuse de leur donner. Ils iront pour l’obtenir, jusqu’à prendre la prison, ses prisonniers et ses gardes, en otage.

 

D’ores et déjà succès étranger dans plusieurs grandes villes américaines, le film est de qualité. Tiré d’une histoire vraie, on pénètre au cœur de certains fonctionnements de l’armée. Le réalisme critique de la bureaucratie militaire israélienne ou des difficultés rencontrées par les soldats esseulés peut être salué. Voilà aussi un film qui aborde l’armée de défense d’Israël, non pas comme instrument du confit israélo-arabe mais simplement comme fait social intérieur en Israël. Une perspective israélienne passionnante pour qui veut comprendre le pays de l’intérieur.

 

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 17:28

Amos GitaïAmos Gitaï est un des cinéastes israéliens les plus connus en Europe, c’est le plus invité des Israéliens, le plus chouchouté de la croisette — où il revient souvent pour ses films, de Kadosh à Kedma. Bref un cinéaste adulé en Europe et particulièrement en France, où il passa justement quelques années après la première guerre du Liban en 1982, avant de revenir en Israël en 1993. Adulé pour son art certes, mais aussi pour sa critique de la société israélienne. Car comme toute société, elle n’est pas parfaite. Elle a ses défauts comme son identité. Mais son identité est-elle son défaut ? Certains ont pu lire cette critique radicale dans les films d’Amos Gitaï, souvent sévères et presque toujours concentrés sur la société juive israélienne. En ce qui concerne les défauts en tout cas. Car Gitaï a quelque chose d’irritant pour un pays en guerre, à qui on impose, une, et des guerres. Sa critique est souvent facile, bien-pensante diront d’autres, unilatérale sans doute. Mais c’est aussi ça le cinéma, le 7e art ou l’art de tourner en dérision sa propre société, sa propre identité et son rapport à l’Autre, aux autres, fussent-ils des ennemis.

Toutefois, on sait aussi que ce n’est pas un hasard si Amos Gitaï a tant de succès en France et en Europe, alors qu’il en a si peu en Israël où il est très peu connu. Il flatte la critique européenne d’Israël, voire sa condamnation. Dans sa trilogie sur les frontières bien sûr : Terre promise en 2004, Free zone en 2005 avec Nathalie Portman, et Désengagement qui sortira bientôt avec Juliette Binoche. Mais aussi dans ses films sur des villes israéliennes : Tel Aviv dans Devarim (Les choses), Haïfa dans Yom yom (Au jour le jour) et Jérusalem dans Kadosh (Saint). Ce dernier est particulièrement connu. Adaptation de La répudiée d’Eliette Abécassis, il raconte d’un côté l’histoire d’une femme juive orthodoxe (hassid) répudiée à contrecœur par son mari après 10 ans de mariage sans enfant, de l’autre celle d’une jeune fille maintenue et mariée au sein de ce milieu orthodoxe du quartier de Mea Sharim à Jérusalem. Le film est beau, comme le roman, touchant et émouvant. Il est critique envers la tradition juive orthodoxe et la place qui y est faite aux femmes. La critique est juste et il ne s’agit pas de la remettre en cause. Mais c’est donner au public non averti une fausse image, du moins une image très partielle — et partiale — de cette communauté, de leur mode de vie et de leur philosophie, que d’en rester là. Si Amos Gitaï a un défaut, c’est bien qu’il en reste là.

 

Giddi DarD’autres donc font le reste du travail. L’année dernière, Giddi Dar, autre réalisateur israélien, bien moins connu qu’Amos Gitaï en France et en Europe, réalisait Ushpizin : une façon de désigner les invités d’une souccah, une cabane de la fête des cabanes (souccot), célébrée au début de l’année du calendrier hébraïque (septembre-octobre) en souvenir dans la tradition hébraïque, des cabanes ou tentes construites par les Hébreux lors de leur passage de 40 ans dans le désert du Sinaï, après la sortie d’Egypte. Puisque la semaine de Souccot commence dans quelques jours, l’occasion nous est faite de revenir sur Ushpizin. Un film, en apparence étrange, et critique par ce biais, représentant l’histoire d’un couple religieux orthodoxe du même quartier de Mea Sharim, face à des invités « surprise », quelque peu gênants. Sans argent et sans enfant, ce couple prie, mais prie seulement, pour passer de bonnes fêtes des cabanes. En cela on reconnaît le caractère très déterministe et inactif d’orthodoxes sans travail, ne vivant que grâce à l’aide extérieure (de riches orthodoxes parfois) et ne sachant que prier et étudier les textes de la tradition juive. Mais on découvre aussi l’hospitalité juive, l’accueil, la bonté et la volonté de rendre heureux ses hôtes, d’une façon si obstinée qu’elle en devient presque stupide. Stupide mais généreuse. Naïve mais fondamentalement bonne. Bref un film où l’on pénètre au cœur d’un milieu très différent, qui nous est étrange et étranger, mais dont on essaie de comprendre les ressorts, les bons et les mauvais côtés.

Ushpizin

Tourné avec la participation de nombreux orthodoxes recrutés pour l’occasion, l’acteur principal, Shuli Rand, bien qu’élevé dans une famille orthodoxe, ancien laïc, est lui-même redevenu religieux. Confronté aux deux « mondes », et acteur avant de faire Tshouva (repentance, c’est-à-dire retour à la religion) il a voulu par ce film, faire découvrir son nouvel univers. Une comédie touchante dont nous avons sélectionné quelques extraits qui permettront aussi à tous, de découvrir la fête de Souccot.

 

 

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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 23:41

The Bubble d'Eytan Fox 

Après le prix coup de coeur du jury de la section "Un certain regard" au festival de Cannes 2007 pour le film « La visite de la fanfare », le cinéma israélien est à l'honneur cet été avec le nouveau film d'Eytan Fox : "The Bubble" (en français, la bulle), sorti depuis le 4 juillet. Or on ne pouvait trouver plus original pour fêter Tou béav, la fête des amoureux en Israël, la Saint Valentin israélienne. Réalisateur israélien né à New York en 1964 et vivant à Jérusalem depuis l’âge de deux ans, où ses parents se sont installés en 1966, Eytan Fox est un cinéaste de l’amour et des relations humaines. Mais pas n’importe lesquelles.

 

Eytan FoxOuvertement homosexuel, Eytan Fox consacre son talent de réalisateur à la communauté homosexuelle en Israël. La plupart de ses films touchent pleinement le sujet. Son premier court métrage, Time off, en 1990, aborde la question de l’homosexualité dans l’armée israélienne. Il reprend ensuite ce thème dans son film Yossi and Jagger, sorti en 2002. Mais Eytan Fox connaît surtout le succès mondial avec Tu marcheras sur l’eau, en 2004.

Avec The Bubble, deux perspectives se chevauchent. D’une part la vie à Tel Aviv d’un groupe de jeunes contestataires du quartier de la rue Shenkin, les rave-party, la musique, la mode et les rencontres ; d’autre part l’histoire d’amour entre un jeune homme juif vivant à Tel Aviv et un jeune homme arabe vivant à Sichem (dont le nom arabe est Naplouse). Somme toute banale, l’histoire prend de l’ampleur lorsque la politique et ses conséquences rattrapent la vie d’une bande de jeunes innocents et naïfs. Avec l’art du cinéaste, Eytan Fox montre différents aspects de la vie dans la région, mais avec un regard distancié, sans qu’on sache jamais si l’auteur défend la position des personnages à qui on s’attache, ou s’il en montre l’irresponsabilité, eux qui ne veulent entendre parler ni de politique, ni de guerre, mais que toutes deux rattrapent. Certes, on pourra toujours y voir un caractère assez « bien-pensant », dans la façon de montrer une vie quotidienne irresponsable, voire libertine et quelque peu amorale, là où d’autres doivent prendre toutes les responsabilités sans lesquelles rien ne tiendrait. Mais c’est aussi ça le cinéma… Alors en attendant de voir un cinéma israélien renommé, plus à droite et posant son regard, non plus sur Israël même et ses composantes, mais sur des pays qui ne font pas eux-mêmes ce travail d’autocritique, on se contentera d’un film plaisant, distrayant, et aussi enrichissant, que nous invitons à aller voir avec ce montage d’extraits.

 

 

« Étonnamment Tel-Aviv est devenue une terre d'accueil pour les homosexuels du monde entier. Cela n'a pas toujours été le cas. Nous pensons que c'est une réaction aux années d'oppression qui ont frappé cette minorité. Cette révolution a été rapide. Très vite sur nos écrans on a pu voir en prime time des séries télé avec des personnages homosexuels — ma série florentine était l'une de celles là —, des émissions avec des hommes politiques et des personnalités ouvertement homosexuels. »

                                                                                                                                 Eytan Fox.

 

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