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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 18:17

Publié dans le journal Eden 94, Revue des communautés juives du Val de Marne,

n°6, septembre-octobre 2009

 

 

C’est en sortant des courses l’autre jour qu’une vieille dame me demande pourquoi je porte mes quelques courses à bras le corps sans prendre de sac plastique. Ma réponse fut claire : « parce que ça pollue ». J’évite donc d’utiliser des sacs plastiques et leur préfère les sacs verts, moins polluants, plus gros, et même plus pratiques.

Ce fait n’a peut-être rien de nouveau pour les résidents du 94, en Israël ça l’est un peu plus. Le ministère de l’environnement avait posé le problème sous l’ère Olmert et une première proposition de loi avait été faite. Le gouvernement Netanyahou envisage actuellement une loi selon laquelle les commerçants ne pourront plus distribuer gratuitement des emballages à usage unique, prévoyant des amendes pour les contrevenants. Les alternatives proposées incluent la distribution de sachets biodégradables, la vente de sacs en plastique à usage multiple, ou de sachets en papier à un prix subventionné.

Israël en a en fait bien besoin. Les problèmes d’environnement y sont très graves. Certes, dans les grandes villes, les grandes surfaces avaient pris les devants et fait quelques adeptes avec des sacs écologiques tout verts arborant leur marque et vus aussi parfois, comme des objets de mode. Mais c’est loin d’être suffisant. Et les problèmes d’environnement ne se limitent évidemment pas qu’aux seuls sacs plastiques. Alors comme toujours, la société israélienne montre sa capacité à produire le meilleur lorsque le pire montre son nez. Avec un retard conséquent sur les pays d’Europe occidentale et du nord, les idées de protection de l’environnement et de recyclage se focalisent sur des sujets précis : le recyclage des produits des marchés, la classification des déchets directement dans les immeubles avec des poubelles pour chaque type d’ustensile et la lutte contre la pollution de l’air, et de l’eau. Une situation aujourd’hui en Israël, qui dans certains cas nous ramène à celle de la région parisienne, il y a 10 ans, au moins. C’est dire que des efforts sont encore nécessaires. Le bilan est aujourd’hui mitigé, souvent inquiétant et en même temps encourageant. Certes Israël est un pays leader en matière de recyclage de l’eau, deux tiers des eaux usées sont purifiés et essentiellement utilisés pour l’irrigation des cultures, soit un pourcentage parmi les plus élevés du monde. Mais les lieux destinés à collecter les bouteilles en plastiques par exemple, visibles en pleine rue, sont encore trop peu nombreux. Aussi ne vous étonnez pas si vous voyez des gens se balader avec des bouteilles en plastiques ; ils cherchent tout simplement la poubelle publique destinée à les recueillir. Un manque qui provoque paradoxalement des scènes amusantes de chants et de danses, bouteilles de plastiques à la main. On essaie de s’amuser comme on peut ! Petit à petit aussi apparaissent un peu plus de poubelles réservées au papier, autre élément important de recyclage. Symboliquement d’autant plus important dans un pays qui fut le seul, au vingtième siècle, à voir sa quantité d’arbres augmenter plutôt que baisser, grâce au travail du KKL. Sur les bords de la rivière Hayarkon, au milieu du grand parc du même nom à Tel Aviv, on trouve aujourd’hui un Centre d’études environnementales qui entre autres projets, s‘inquiète aussi du niveau de pollution de la rivière. Purifier l’eau du pays et la recueillir est un défi complexe qui demande notamment la construction d’un certain nombre d’infrastructures  pour collecter les eaux de pluie, réguler et restaurer les cours d’eaux naturels, réhabiliter les fleuves et sources naturelles ou encore créer des lacs artificiels. L’été dernier, au grand regret des touristes mais pour leur bien, la baignade fut interdite toute une journée dans le Kineret (le lac de Tibériade), faute de pollution. Un sérieux problème sous une chaleur de 38°C au mois d’août, autour du lac qui constitue la première ressource d’eau du pays et dont le niveau baisse d’année en année, les quelques pluies d’hiver n’y remédiant jamais assez. Par ailleurs, les vacanciers cet été auront peut-être constaté les nuages de pollution qui cachent parfois le soleil sur la plage, et qu’on aperçoit clairement au niveau des gratte-ciel de Ramat Gan. Heureusement les Israéliens qui se déplacent de plus en plus en vélo ou en trottinette électrique y mettent bien sûr du leur. Le premier réseau de voiture électrique développé par Renault-Nissan qui sera fin prêt en 2011 contribuera aussi sûrement à l’amélioration de la situation. D’autres initiatives privées sont tout aussi encourageantes. C’est le cas de la Société GES (Global Environnemental Solutions) par exemple, qui depuis quatre ans transforme les déjections de bovidés en biogaz. Que dire aussi du gigantesque plan d’aménagement de la société MST installée à Sdé Boker prévoyant des installations solaires sophistiquées qui permettent, non pas seulement de réchauffer l’eau de la douche comme c’est actuellement le cas, mais de produire de l’électricité à grande échelle à partir de l’énergie solaire. Toutefois, pour le moment, si les recherches et les inventions avancent à grand pas comme avec le projet de petites turbines éoliennes placées sur la mairie de Tel Aviv et fournissant l’électricité des services municipaux, concrètement les choses stagnent un peu plus. Le projet d’éoliennes dans le Golan est retardé par les pressions américaines sur la rétrocession de la plaine, le tramway à Jérusalem qu’on aimerait tant voir enfin inaugurer et en service traîne en longueur, en difficultés financières et juridiques ; quant au projet de métro à Tel Aviv, il a été repoussé par la mairie qui subit les critiques des mouvements écologistes se plaignant du manque d’effort pour améliorer les transports publics et diminuer les embouteillages incessants, trop d’automobiles personnelles restant en circulation. Et que dire de la propreté des rues face à la négligence des habitants, et précisons-le, du fort taux d’animaux domestiques dans certaines villes et quartiers. Selon un récent sondage opéré auprès de touristes concernant la propreté des dix plus grandes villes d’Israël, c’est Haïfa qui reçoit le titre de ville la plus propre, au contraire de Tibériade et Jérusalem, où un véritable travail de fond reste à mettre en œuvre.

En bref Israël bénéficie de formidables efforts individuels et d’esprits de génies capables de trouver les solutions les plus étonnantes pour résoudre un des problèmes majeurs de notre temps, mais face à la montagne de difficulté qui se présente, les investissements publics comme privés restent encore trop insuffisants. A chacun d’entre nous d’y mettre du sien.

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