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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 16:10

Prix Renaudot 1997.

Pascal Bruckner, Les Voleurs de beauté, Paris : Editions Grasset & Fasquelle, 1997, 248p.

 

Pascal-Bruckner.-Les-voleurs-de-beaute-jpg

 

C’est fou comme certains traits caractérisent un auteur. A de nombreux égards Pascal Bruckner est reconnaissable, à d’autres il est aussi remarquable.

Dans ses romans il l’est par son approche bien singulière. Dans Les Voleurs de beauté comme dans Lunes de Fiel (adapté au cinéma par Roman Polanski), le personnage a priori principal n’est en fait que secondaire. Il l’est encore plus dans cet opus. Il n’est au fond que l’auditeur d’une histoire qu’on lui confie, qui le passionne et à laquelle il s’attache jusqu’à s’y plonger, s’y rallier d’une façon ou d’une autre. C’est le cas du docteur Ayachi, une jeune et belle femme médecin à l’hôtel-Dieu qui au hasard d’une nuit à l’hôpital rencontre Benjamin Tholon, patient, qui lui raconte les secrets de sa vie. L’amourette du docteur avec Fernand n’est qu’une écume. L’histoire de Bruckner c’est l’histoire dans l’histoire, celle que nous raconte Benjamin.

L’auteur du Sanglot de l’Homme blanc (Bruckner, Seuil, 1983) marque encore par son style. C’est par une langue soutenue, très littéraire, d’un vocabulaire précis et varié, qu’il nous soumet les pensées cruelles, perverses, ignobles de ses personnages.

Enfin le docteur en lettres Bruckner se caractérise par le choix de ses thèmes, souvent bien choisis : le Sanglot de l’Homme blanc, la Tentation de l’Innocence, de l’irresponsabilité de l’Occidental moderne, l’amour, la passion, la beauté. Et selon moi, s’il est toujours possible de débattre de tel ou tel point, on peut au moins dire de lui qu’il vise juste, qu’il ne manque pas de réflexions et remarques pertinentes. C’est le cas dans Les Voleurs de beauté, joli roman qui met en avant l’idée d’inégalité, d’injustice innée dans la beauté, dans le fait d’être beau ou belle. Aussi l’histoire est celle de Benjamin, un écrivain devenu maître dans l’art du plagiat, qui paraît vieux et usé bien qu’il n’ait que 37 ans, et qui s’amourache de la belle Hélène, riche, douce et vivace. Leur histoire d’amour aurait peut-être pu durer s’ils ne s’étaient égarés au retour de vacances à la montagne, dans un fanoir isolé au fin fond du Jura. C’est là qu’ils vont faire la connaissance de Jérôme Steiner et sa femme Francesca, ainsi que de leur domestique franchement larbin Raymond, dit le gnome. Le couple d’amoureux est alors confronté à une petite confrérie de trafiquants de beauté, kidnappeurs et séquestreurs de jolies jeunes filles. Là où Dantec en écrivain sociologue noir aurait sans doute imaginé une option explicative des nombreux cas d’enlèvements de jeunes filles en Europe, Bruckner en philosophe axe les orientations de ses personnages sur le rapport à la beauté : privilège social né dans et grâce à la société ou don de la nature ?

 

Bruckner nous convainc une fois de plus avec ce roman de taille moyenne. Il s’interroge de façon détournée sur la beauté, cause ou conséquence sociétale. L’intrigue est prenante malgré une fin qui nous laisse un peu sur notre faim, n’en disons pas plus.

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Published by MU - dans Lectures
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Pichenette 11/05/2010 18:14



Et en plus, le titre est beau!



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