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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 12:36

  

Article écrit pour http://un-echo-israel.net et publié sur ce site le 24 septembre 2011

 Par Misha Uzan

Myriam Sâr*, L'an dernier à Jérusalem, Clamecy : Editions Les Provinciales, septembre 2011 (parution le 21 septembre 2011).

 Myriam-Sar.-L-an-dernier-a-Jerusalem.jpg

Plus qu'un roman, L'an dernier à Jérusalem est aussi un plaidoyer, et presque, un livre d'histoire. "Nous gagnerons toutes les guerres, sauf la dernière" disait Ben Gourion; Myriam Sâr, la narratrice, une jeune Israélienne de trente ans, raconte cette dernière guerre, celle qui a débutée avant la création de l'Etat d'Israël, qu'elle fait commencer à Deir Yassine, s'accentuer en 1967, mais dont l'origine remonte peut-être aux débuts d'Israël (l'ancien) : la guerre de l'information.

Avant, derrière, sur, devant, ou après la scène d'un théâtre, l'excuse qui fait le roman, Myriam Sâr raconte, explique, romance comment Israël a perdu cette guerre et comment, c'est là l'originalité suprême du livre, l'Etat d'Israël met fin à ses jours. D'où le titre. Indirectement, elle démonte certains mythes des détracteurs d'Israël : "l'affaire Deir Yassine"la première où les Juifs ont pensé, à tort nous dit-elle, qu'il n'était pas nécessaire de répondre systématiquement aux accusations tronquées et amplifiées de leurs ennemis, ou encore la "Nouvelle Histoire" israélienne où des historiens israéliens ont réécrit l'histoire nationale avec une passion, des accusations et une arrogance qui sortait du cadre de l'historiographie. Poétiquement aussi, elle expose les dernières étapes d'un Etat qui met les clés sous la porte.

On en parle souvent au café, Myriam Sâr en a fait un roman. C'est par son thème que le livre captive : la fin de l'Etat d'Israël, la défaite de l'info, un ordre d'évacuation, l'abandon du pays par les Juifs, le retour en diaspora. Myriam Sâr fait aussi entrer son lecteur dans la complexité israélienne, dans l'ambivalence des sentiments des Israéliens, les interrogations d'une jeunesse qui "ne voulait plus mourir pour un pays [qu'on dit] marqué au fer de l'infamie". Le style est tantôt direct, tantôt détourné, à la fois franc et imagé. Myriam Sâr ne raconte pas une histoire, elle flirte avec. L'auteure adopte une écriture contemporaine, bien que savante. Elle inclut dans son texte, en plus du français soutenu et de jeux littéraires dans l'écriture, quelques mots et grandes expressions en anglais, et surtout en hébreu, à l'occasion. Sa plume est particulière, presque théâtrale (sa spécialité). Avec beaucoup de descriptions et de références, avec une narration qui ne colle pas aux personnages et à leurs sentiments mais qui les englobe dans le tout, qui en revient chaque fois au général, le lecteur est parfois un peu perdu, ne parvient pas à s'attacher aux caractères des personnages, c'est le défaut. L'ouvrage aurait peut-être gagné à être plus terre à terre, plus abordable, moins métaphorique. Mais comment épuiser un tel sujet en un roman de 151 pages? Comment témoigner en si peu de temps de l'expérience israélienne? Et, de sa fin?

L'un dans l'autre, même les antisionistes, les viscéralement hostiles à l'Etat d'Israël, ceux qui crachent sur lui dans les forums, les blogs et les manifestations, devraient lire ce livre. Pour savourer (follement et hypothétiquement) leur victoire, mais aussi pour prendre acte de l'absurdité de leur quête, de leur obsession. Et peut-être, par moments, pour s'attrister avec nous, pour penser un peu etpourquoi paspleurer. Ils comprendraient peut-être aussi, par ce livre connaisseur et plein de vécu, qu'ils ne connaissent pas Israël. Un Etat d'Israël qui, d'une certaine façon, c'est aussi la thèse de l'ouvrage, se meurt. Et qui ne pourrait relever la tête dans cette guerre déjà perdue, que par la littérature. Peut-être est-ce la raison d'être de ce livre et la raison pour laquelle Myriam Sâr/Sarah Vajda*, a écrit L'an dernier à Jérusalem.

 

Chaque jour en Israël et ailleurs, des millions de gens se posent des questions : pourquoi Israël? Pourquoi y vivre? Pourquoi le soutenir? Pourquoi se battre? Pourquoi débattre?

A toutes ces questions, Myriam Sâr a peut-être trouvé une réponse : pour éviter cela. Et cela, c'est l'histoire qu'elle raconte.

 

*Myriam Sâr est le nom d'emprunt qui figure sur la couverture, le vrai nom de l'auteure est Sarah Vajda, docteur en littérature, biographe et romancière française, fille de Georges Vajda et un peu plus âgée que sa narratrice.

Reproduction autorisée avec les mentions suivantes et le lien vers cet article :© Misha Uzan pour http://un-echo-israel.net et http://mishauzan.com

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Published by MU - dans Lectures
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Renée 23/09/2011 13:12



ça doit être interressant a lore ce bouquin. Amitiés



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