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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 00:32

Michel Houellebecq, Plateforme, Paris : Flammarion, 2001

 

 Michel Houellebecq. Plateforme

 

Après l’expression dépressive d’un analyste-programmeur dans Extension du domaine de la lutte et la révolution des Particules élémentaires, Houellebecq s’attache au tourisme sexuel dans Plateforme. A sa sortie en 2001 le livre fit scandale bien entendu. On accusait Houellebecq de faire la promotion du tourisme sexuel. Son personnage principal et narrateur, Michel, n’hésite pas, non seulement à le pratiquer sans gêne, mais aussi avec Jean-Yves et Valérie, cadres supérieurs d’un grand tour opérateur nommé Aurore (fictif mais proche du réel Accor), à mettre en place, à vendre un « tourisme de charme ». En clair à favoriser la venue des prostituées dans les clubs. Autant le préciser tout de suite, il ne s’agit pas là de pédophilie. Certes, les filles sont parfois jeunes, autour de vingt ans, pour des hommes qui en ont bien souvent le double. Mais elles ne sont pas mineures. Au fond s’il faut mettre quelque chose en cause, ce n’est pas tellement le tourisme sexuel, mais plutôt la prostitution. Et c’est vraiment un autre sujet, très vaste, assez complexe en fait, et nullement en question ici.

 

 

Autant le dire aussi dès maintenant, je commence à fort apprécier les romans de Houellebecq. Celui est vraiment excellent. Les scènes érotiques, pour ne pas dire pornographiques, sont nombreuses. On en a pour tous les goûts : de la jeune prostituée thaïe, de la blonde occidentale, une partie à trois avec une femme de ménage cubaine, des clubs échangistes parisiens, et même un club SM, c’est-à-dire sadomasochiste (qui pour le coup plaît moins à Valérie, la principale femme et compagne de Michel, pourtant très portée sur le sexe). Les personnages dans leur ensemble sont typiques de Houellebecq : très nonchalants, lassés, assez riches pour pouvoir se divertir par des moyens peu conventionnels. Le personnage de Valérie dont Michel tombe franchement amoureux, est assez intrigant. Assez réservée dans la première partie, ‘Tropic thaï’, elle se révèle assez sûre d’elle-même et très entreprenante dans la deuxième partie, ‘Avantage concurrentiel’. Une fois encore, l’économie et le sexe se rejoignent, se corrèlent, ou s’opposent, mais en tout cas marchent de pair dans la tête du narrateur. Ces réflexions nombreuses sont fort intéressantes, même franchement passionnantes parfois. On sourit tout le long du livre, si on prend les choses du bon côté, et on rit souvent, très souvent. Du moins c’est ainsi que je l’ai ressenti. L’auteur a un don particulier pour amener les sujets les plus divers dans les situations les plus particulières. J’ai adoré par exemple le monologue de Robert le « raciste » un peu désagréable, dans un bar à putes, tandis que Michel qui ne l’écoutait qu’à moitié choisissait le numéro 47, une fille bien sûr. Robert y développait une théorie assez originale sur le vieux racisme, celui du temps de la colonisation française, et le néo-racisme contemporain sous-jacent à l’hypocrisie d’une proclamation d’égalité entre les hommes à son sens inexistante, qui se concrétise en vérité par un sentiment d’infériorité, notamment sexuel, qui n’amène qu’à des conflits interethniques, pour le coup plus dangereux qu’un vieux racisme dominateur mais moins meurtrier. D’autres passages encore, jetés au lecteur comme secondaires, sont en fait profonds, et font souvent réfléchir. Comme toujours on en retient quelques-uns. Les réflexions sur l’économie du tertiaire, du service, de l’information, c’est-à-dire du ‘rien’, dominante aujourd’hui. Par opposition, à l’industrie productive. Et même si on ne partage toujours pas l’indifférence du narrateur, sa vision de la société occidentale décadente, sexuellement frustrée, en perte de vitesse, et à la recherche de divertissement à l’étranger, notamment en Asie, vaut la peine d’y réfléchir. J’ai aimé aussi les petites digressions du début du livre sur la télévision, Xena la guerrière ou Julien Lepers connaisseur des régions de France dans Questions pour un Champion. De façon générale on retient sa capacité à définir le regard qu’a un homme sur sa propre vie. Par ailleurs Houellebecq ne fait pas non plus de cadeau à l’islam. C’est à la suite de Plateforme il me semble, qu’il avait fait ses déclarations, sur l’islam comme religion ‘la plus con’. Il n’hésite pas dans le livre à la qualifier de « déraisonnable » pour son opposition radicale aux formes élémentaires des désirs sexuels. Il tourne néanmoins souvent en dérision les positions des uns et des autres. En clair avec brio, il ne fait pas de la politique, il ne s’agit pas d’un essai, d’une prise de position, d’une critique sociale pure, non il s’agit bien de littérature. Et Houellebecq lui fait jouer son rôle. En terme de cassure du politiquement correct, en terme de description de l’obscène via le langage soutenu, tout en étant moderne, et familier quand il le faut. En terme de narration aussi.

 

Il est inutile de s’attarder sur l’histoire elle-même, bien qu’intéressante, elle sert de fil conducteur aux réflexions, à la vision de l’auteur. De même il y a une chute à la fin (ce n’est pas toujours le cas en littérature), mais elle sert d’excuse à d’autres critiques. Qu’on soit d’accord ou pas avec le narrateur, avec un autre personnage, ou avec d’autres intervenants du livre, on ne sort pas indemne de Plateforme, et on a sûrement appris à voir certaines choses autrement.

 

Vivement conseillé.

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Published by MU - dans Lectures
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Anonyme 09/05/2010 23:33



Sujet :  lettre au mrap


 




 


    




MRAP :  Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples.
  


FAITES PASSER SANS VOUS RETENIR.....  


 Lettre réponse ouverte au Président du MRAP très bien tournée et elle fait bien
plaisir à lire


 


 


Monsieur,
   
 Vous avez organisé récemment, en tant que président du MRAP, un colloque à l'Assemblée nationale intitulé :   "Du racisme anti-arabe à l'islamophobie".
   
 Vous y avez dénoncé, en France, « les mosquées souillées, les discriminations à l'emploi et au logement, les appels au meurtre, les
violences et agressions à l'endroit des populations et des lieux de culte musulmans.
   
 Vous avez montré du doigt l'impunité dont bénéficient les auteurs de ces délits, appelant à « un réveil de l'opinion publique, un
sursaut des institutions (Police, Justice, Education nationale, etc.), une mobilisation des grandes consciences intellectuelles. 
 Vous avez raison ! 
 De plus en plus de Français sont racistes. De plus en plus en ont par-dessus la tête de ce qu'ils appellent (à tort) l'invasion
islamo-maghrébine. De cet afflux de populations inassimilables qu'ils croient (à tort) être le ressort principal de la délinquance et de la criminalité.
   
 De plus en plus sont épouvantés (à tort) par l'afflux de populations qui, ayant chassé l'occupant raciste des territoires qu'il exploitait, ont rendu ces terres à l'heureux état de nature
mais sont contraintes de chercher, auprès de l'ancien colonisateur raciste, les remèdes à la misère provoquée par la décolonisation. 
 De plus en plus de racistes ont (à tort) des idées de violence en entendant sur les radios les poésies du groupe afro-maghrébin Sniper
qui chante, par exemple : 
 « La France nous ronge, le seul moyen de se faire entendre est de brûler des voitures. La France est une garce. On nique la France. »
   Oui, Monsieur Aounit, la triste vérité est là : les racistes
n'entendent rien à la rude poésie des cités et ils en ont par-dessus la tête d'entendre des hexagonoïdes chanter qu'ils niquent la France, et qu'ils baisent leurs mères. C'est sûr qu'il y a quelque racisme à ne pas accepter ces
coutumes de baiser notre mère et de niquer notre pays, mais c'est ainsi, Monsieur Aounit : les racistes ne sont pas tolérants.
 Et ils ont tort. Vous avez raison !
  
 Mais comment ces petits blancs arriérés seraient-ils assez évolués, ouverts, libéraux et modernes pour accepter que des populations
qu'ils ont accueillies, nourries, soignées et enseignées leur crachent leur haine et leur mépris à la figure ?
   
 Vous faites bien de dénoncer ce racisme-là en France dans la Chambre des députés de cette République qui vous a fait tant de mal. La
dignité de l'endroit ajoute à la force de votre réquisitoire.
  
 Mais vous feriez mieux encore en allant le prononcer là-bas, au bled.
 C'est sur place, chez eux, alors qu'ils sont encore libres, qu'il faut alerter les milliers d'Afro-musulmans et d'islamo-maghrébins qui
s'apprêtent à céder au mirage du RMI, de la Sécu, des allocs, et à basculer dans le piège affreux que leur tendent les racistes français. 
 Monsieur Aounit, dites-le à vos frères, à vos cousins, à vos femmes, à vos enfants, à vos voisins, à tous ceux du bled et de la brousse
: la France raciste ne veut pas d'eux parce que dans son aveuglement raciste, elle les regarde (à tort) comme des envahisseurs et des prédateurs.
   
 Dites simplement cette sinistre vérité aux vôtres Monsieur Aounit. Ne les laissez pas se jeter dans la gueule du loup. Il est de votre
devoir de protéger ces malheureux contre cette effrayante menace. Les laisser venir, serait se rendre coupable de non-assistance à personnes en danger.
  D'ailleurs vous-même, Monsieur Aounit, vous et tous ceux qui comme
vous, êtes condamnés à vivre dans cet abominable pays raciste, n'hésitez pas : brisez vos chaînes, secouez la poussière de vos sandales et quittez cet enfer.
   
 Ne faites pas plus longtemps aux racistes le cadeau de votre enrichissante présence.
 Ne soyez plus le gibier de ces chasseurs impitoyables qui attaquent vos mères dans le métro, violent vos filles dans les caves, pillent
vos supermarchés, brûlent vos voitures dans vos cités, vendent de la drogue à vos enfants. 
 Ne leur laissez aucun homme à discriminer, aucune femme à insulter, aucun enfant à battre, aucune mosquée à
souiller.  
 N'hésitez pas : vengez toutes ces années de terreur, de souffrance, d'humiliation, d'exploitation qu'ils vous ont infligée : privez-les de la
chance que vous représentez.
   
 Et puis, pourquoi vous gêner ? En partant, emmenez vos amis. Les grandes consciences intellectuelles, les militants immigrationnistes, les journalistes amis, les dirigeants socialistes,
communistes, trotskistes et autres.
  
 D'abord cela leur épargnera l'insupportable peine de vivre sans vous, ensuite cela privera la France raciste de la formidable force
intellectuelle qui fait son rayonnement dans le monde entier.   
 Ils seront bien punis, les racistes ! 
 Songez-y, Monsieur Aounit : ils auront l'air de quoi les Le Pen, les Gollnisch, les militants du FN et les électeurs de tout ce monde
quand, le dernier bateau ayant franchi la ligne d'horizon, l'ultime avion s'étant évanoui dans l'azur, la dernière camionnette étant passée



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