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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 18:55

 

Article écrit pour et publié sur le site http://un-echo-israel.net

 

Par Misha Uzan

 

La direction du service civil-national en Israël se plaint des leaders du secteur arabe.

 

Sar-Shalom-Djerbi.jpgLe directeur en charge du service, Sar-Shalom Djerbi, a été informé récemment que des leaders du secteur arabe effectuaient des visites dans les salles de classe où ils tentaient de convaincre les jeunes Israéliens d’origine arabe, de ne pas se porter volontaire au service civil ou national. Parmi ces leaders, Aïman Ouda, membre du parti judéo-arabe Hadash et directeur du Conseil d’activité contre le service civil national, ne se cache pas. Bien au contraire il revendique son opposition à tout enrôlement des Arabes israéliens à Tsahal, au service civil ou au service national. Aïman Ouda aurait déjà visité de nombreuses écoles à Sakhnin, à Shfaram, à Nazareth, Kfar Kana ou ailleurs.

Le directeur du service national-civil s’est adressé au ministère de l’éducation afin qu’il mette fin à ces démarches. Selon lui, il importe de « chérir les volontaires qui donnent à leur communauté, à la société et à l’Etat, et autant que possible d’empêcher les éléments hostiles d’accéder à l’intérieur des écoles et d’inciter contre le service civil » a-t-il déclaré à la presse. Aïman Ouda a répondu qu’il n’avait besoin d’aucune autorisation du ministère de l’éducation et qu’il était soutenu par le Comité supérieur du suivi des Arabes israéliens. Il revendique également le fait de parler politique à l’école, qui ne va pas de soi non plus.

 

Aiman-Ouda---Hadash.jpgDe façon générale, le service national vise notamment à combler l’inégalité créée par le nombre de réformés à l’armée au sein des secteurs ultra-orthodoxes et arabes pour des raisons religieuses, idéologiques ou de sécurité. Une question récurrente et problématique en Israël, qui ne trouve toujours aucune solution et aucune initiative décisive. Il a été complété par le service civil depuis la loi Tal en 2002, destinée à impliquer plus d’ultra-orthodoxes à la vie civile. Cette volonté s’applique également au secteur arabe. Selon le ministère, 1152 jeunes de ce secteur se seraient portés volontaires cette année. Ce chiffre doit être toutefois relativisé puisque sont également compris dans le terme de « secteur arabe » utilisé par le ministère, les bédouins et les Druzes qui ne sont pas tenus par un contrat entre l’Etat et leur communauté, de faire l’armée. Or, simple précision sémantique, les Druzes, s’ils sont arabophones, ne sont en revanche pas arabes. De même les Bédouins appartiennent eux aussi à un groupe sociologique un peu différent. Et ces deux groupes ont un rapport historique et sociologique à l’Etat d’Israël qui se distingue des Israéliens qui se revendiquent arabes. Sans entrer dans les détails de questions sémantiques qui nous emmèneraient trop loin[1], il est difficile d’estimer ce chiffre. En 2008, une enquête réalisée par le professeur Sami Smouha et relatée par le journal Haaretz, indiquaient que malgré les campagnes opposées du ministère du service civil et national et des leaders arabes, les jeunes du secteur arabe de 16 à 22 ans, n’avaient que peu de connaissances sur le service d’une part, mais d’autre part  le soutenaient à 75%. Un moyen sans doute, pour eux, selon le professeur de l’université de Haïfa, de combler l’écart entre Juifs et Arabes en Israël. Reste qu’on ne peut parler d’une révolution civile avec 1552 volontaires par an, un chiffre très relatif rapporté à la population israélienne d’origine arabe.

 

Une véritable réforme, justement, ne consisterait-elle pas à rendre obligatoire le service national ou civil, pour ceux qui n’accomplissent aucun service militaire pour diverses raisons ?

La question mérite au moins d’être posée.



[1] J’ai déjà mentionné à plusieurs reprises l’importance des questions sémantiques, voir à ce sujet mon article Israël et les intellectuels français, de 1967 à 1982

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