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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 19:02

Fumee-qui-vole.jpgCet article est importé de mon ancien blog Lumières du Monde (je le republie fictivement à la date de sa première publication). L'écriture, politiquement plus agressive, s'en ressent. J'étais jeune et plus impulsif. J'ai procédé à quelques changements mineurs. Je l'ai appelé "fils du gauchisme" et non plus "enfant du gauchisme", juste pour faire plus joli. Sinon j'ai modifié quelques termes, estimant qu'ils manquaient de justesse politico-sociale. Le mot "gauchisme" par exemple, est le mot qu'on utilisait pour désigner les mouvements marxistes d'extrême gauche et d'ultra-gauche dans les années 60-70. On l'utilise moins parce que ces mouvements ont considérablement baissé en terme de vote politique. Ceci étant, les changements profonds qu'ils ont prolongé ou initié dans les mentalités, dans la culture politique, sont à mon sens toujours présents. Et parce qu'enfouis, parce que ne disant plus leur nom, sont souvent plus forts, plus puissants. On n'est plus gauchiste, on n'est plus vraiment marxiste, on est parfois même un vrai libéral, mais un certain de nombre de structures mentales, de compréhension du monde sont restées les mêmes ou sont juste la transformation sous des termes plus polissés ou rattrappés par un autre système d'une ancienne pensée plus idéologisée. Pour donner un exemple, on pourra se référer par exemple à mes analyses sur le poids exagéré de l'économie selon certains hommes politiques dans la résolution de conflits. Voir par exemple Du marxisme au libéralisme : les "fous de l'économie" ou l'économie contre la culture" publié dans le journal Le Lien.

Je ne renie rien pour autant des propos. Malgré les lois qui se succèdent un peu partout dans les pays occidentaux, mais qui restent néanmoins insuffisantes, le tabagisme passif se poursuit et les fumeurs-envahisseurs-pollueurs-salisseurs-puants continuent de ne pas reconnaître, et souvent comprendre, leur tort. Encore une fois, je le répète le tabagisme passif n'est pas le tabagisme : libre à celui qui veut fumer de le faire (et je dirais même de fumer ce qu'il veut), mais qu'il n'oblige pas les autres à le faire avec lui.

 

Bonne lecture.

 

 

 

Tabagisme-passif.jpgParmi les partisans du tabac, de la fumée, et de l’asphyxie, partout, à tout moment, on entend souvent des arguments ridicules que les fumeurs prennent pourtant pour des réponses percutantes : faute de pouvoir faire autrement pour convaincre, abaissons – nous donc à y répondre.



1° La première critique faite à notre volonté d’interdire de fumer dans les lieux publics (tous les lieux publics, y compris « conviviaux ») est d’être "obsessionnelle", en parlant de notre volonté, celle des militants contre le tabagisme passif. Peu profond, basse remarque, c’est certes une obsession chez nous de lutter pour la vie et contre la destruction de l’humain: merci donc du compliment.

 

2° Par ailleurs, ces fumeurs opposés à toute loi et à tout décret font preuve de peu de compassion pour les barmen, ceux dont le bar est le lieu de travail, sans cesse enfumés sur leur lieu de travail. Seule réponse connue à ce jour : « ouais mais bon ». Encore une formidable réponse, d’une intelligence époustouflante, rien à redire.

Faudrait-il une discrimination envers les barmen, n’engageant que les barmen fumeurs ? Voyez un peu la profondeur des réflexions.

 

3° D’autres encore mentionnent, je l’entendais ce matin à la radio, le plaisir de fumer un cigare après le repas!

Merci pour la leçon de snobisme. Merci de nous apprendre les manières de la bourgeoisie, ou de la France profonde, que sais – je ! Merci donc de vous comporter comme de hauts privilégiés ne pouvant renoncer à leurs privilèges. Que le lecteur relise certains articles (comme le Nouveau plaidoyer pour le téléchargement gratuit) pour comprendre que ce type de comportement n’est rien d’autre que celui d’une aristocratie, celle du tabac.

 

4° Enfin, afin d’élever le débat, certains entendent avancer le mot de « tolérance » contre celui qui demande la liberté de ne pas fumer ; soit la liberté tout court.

fumer-ca-pue-ca-tue.jpgC'est tout simplement le monde à l’envers. Prenons plus de temps pour répondre à cet argument pitoyable.

Le tabac abîme les poumons, les dents, les bronches, il rend malade et il tue, c’est prouvé, c’est constaté et vous pouvez le lire sur tous les paquets de cigarette. Ainsi le non fumeur cherche à se protéger contre un objet volant, la fumée qui lui porte atteinte à court terme, car il peut se sentir mal, tout simplement, et à long terme être atteint d'un cancer ou autre maladie mortelle. Celui qui nuit à autrui c’est le fumeur, pas le contraire. Le fumeur ne respecte pas la liberté de ne pas fumer, liberté réelle puisque ne pas fumer ne porte aucune atteinte à autrui, n’empiète pas sur la liberté d’autrui. Par conséquent, on peut bien qualifier le fumeur de bourreau et le non - fumeur de victime. L'un nuit à l'autre, qui en retour, ne lui nuit en rien !

Même à long terme, même si cela vous choque, même si la fumée vous est trop habituelle, même si vous êtes trop conditionné à sa présence, à son odeur qui pue et qui fait mal à la tête, essayez de le penser en vous détachant de vos préjugés, rationnellement, vous comprendrez la logique de mon propos, qui n’est ni extrémiste ni radical mais simplement réaliste et consciencieux. Je ne le dis pas pour me jeter des fleurs, mais bien parce que c’est une évidence que trop de gens refusent.

 

Ainsi, qui doit faire preuve de tolérance ? Est-ce la victime envers son bourreau ? C’est bien le monde à l’envers. Le but même d’une société n’est même pas de faire en sorte que le bourreau soit « tolérant » envers sa victime - d’ailleurs qu’est-ce que veut dire cela ? Qu’il la tue moins méchamment ? – mais bien d’essayer de faire qu’il n’y ait pas de bourreau. Pourtant prôner la « tolérance » du non fumeur envers le fumeur qui le tue à petits feux, c’est bien faire dire que la victime doit être tolérante envers son bourreau. En somme, c’est trouver une excuse au bourreau, le détacher de toute responsabilité, et pire : c’est faire du bourreau la victime, et de la victime, le vrai bourreau. On touche ici au propre d'une idéologie de renversement victimaire qui fait du bourreu la victime et la victime le bourreau.  Il y a bien inversion de la victime et du bourreau de manière totalement irrationnelle. Il y a bien négation, encore une fois, de la responsabilité individuelle, du fait qu’on est maître et responsable de ses actes.

 

Par ailleurs, il faut même craindre bien plus ce type de raisonnement aberrant, chez un non fumeur que chez un fumeur. Le fumeur, en effet, peut simplement défendre ses intérêts, chose on ne peut plus commune. Le non fumeur, lui, n’y a pas d’intérêt, il le fait par application d’une idéologie, une idéologie libertaire gauchisante qui confond la liberté

— le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui — avec l’esprit libertaire — le droit de faire tout ce que l’on veut sans condition, soit le retour à la loi de la jungle, l’anarchie à terme — le « je fais ce que je veux » si répandu chez les fumeurs. Voilà le plus dangereux. Après tout, on pourrait comprendre qu’un ouvrier conditionné à la propagande communiste soit marxiste; mais là où le marxisme gagne du terrain, c’est justement lorsque les bourgeois deviennent marxistes eux-mêmes. C’était bien le but de Marx. On a dit toutefois que le marxisme était mort, que le gauchisme s'était affaissé, mais ses composantes dérivées orientent toujours un certain nombre de mentalités .

 

Pourtant, remarquez que les défenseurs du tabac se répartissent de l'extrême gauche à l'extrême droite! Curieux? Pas si vous m'avez bien suivi! Ce que je dénonce, c'est bien un mode de pensée libertaire, bien plus répandu qu'on ne le croit, entré dans une forme de pensée commune désidéologisée dans les propos mais toujours existante, et qui traverse selon les domaines, toutes les divisions partisanes. L'exemple du tabagisme montre qu'on peut s'y laisser tromper.

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Published by MU - dans Tabagisme
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