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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 23:22

 

Les Arabes israéliens marquaient, le 30 mars dernier à Sakhnin en Galilée, la « Journée de la Terre ». Un événement devenu aujourd’hui « l’événement central de tout le pays », au dire du  député arabe israélien du parti Hadash, Mohamed-Barake.-Hadash.jpgMohammed Barakei. Mais de quel pays parle-il au juste ? Commémorant le 32e anniversaire de la manifestation du 30 mars 1976, contre des réquisitions de terrains par l’Etat, et dont les débordements avaient fait 6 morts arabes israéliens, la « Journée de la Terre » illustre la contradiction incessante des Arabes israéliens, se revendiquant Arabes et « Palestiniens », en Israël, tandis que leurs dirigeants parlent de « lutte des Arabes pour leur existence en Israël  et contre leur exclusion de la société israélienne »[1].  Tandis qu’Ibrahim Sarsour, député de la liste arabe unie, dit ne pas appeler « à l’indépendance ou à l’autonomie » mais avoir pour seul  slogan qu’ « Israël doit inclure la minorité arabe dans ses plans nationaux », ce sont des drapeaux palestiniens et non israéliens qu’arborent les manifestants[2], se considérant eux aussi « sous occupation ». En clair l’occupation par Israël … de l’Etat d’Israël, dans ses frontières reconnues de 1948. A l’évidence donc, et le constat est de plus en plus clair depuis les manifestations de Nazareth en faveur du Hamas, ce n’est pas l’intégration que cherchent les Arabes israéliens mais bel et bien la confrontation à un Etat d’Israël refusé, rejeté, dénié. Les discours intégrationnistes de leurs dirigeants, qui portent leurs accusations sur Effi Eitam de l’Union nationale, parti national religieux, et sur Avigdor Lieberman, président d’Israël Beiteinou, tous deux qualifiés de racistes, ne sauraient cacher les revendications ethniques et elles, bel et bien racistes — et non pas seulement communautaires — de manifestants qui se disent « Arabes palestiniens de toutes les manières » et qui n’ont que faire de leur carte d’identité israélienne, si ce n’est peut-être que cette dernière leur apporte quelques  avantages financiers non négligeables, en termes d’allocations ou autres indemnités...[3] Il y a 32 ans déjà en 1976, selon des sources pro-arabes elles-mêmes, c’est la population qui avait poussé à la grève générale et à la manifestation contre l’avis de ses dirigeants locaux. Une population qui, à l’instar de  tous les collectifs de soutien à la population arabe d’Israël — qui parlent de « Palestiniens de l’intérieur et de l’extérieur »— , réunis partout dans le monde pour la « Journée de la Terre » (et notamment en France où manifestations, comités et rassemblements se déroulaient à Paris, Gentilly, Fontenay-sous-bois, Valenton, Montpellier, Orléans …), n’a que faire de la pseudo solution de « deux Etats pour deux peuples », inventée par des mouvements de gauche européenne et israélienne. Il conviendrait donc, afin d’appréhender le plus objectivement possible la situation dans ce conflit, de ne pas négliger la vox populi, tant en Galilée, qu’en Judée-Samarie ou dans la bande de Gaza, car, si des dirigeants peuvent signer un « accord de paix », seuls les peuples, peuvent faire La Paix.   

 


[1] Jerusalem Post, Edition française, du 1er au 7 avril 2008

[2] Dans son célèbre et ultra controversé ouvrage Le Choc des civilisations, qui date de 1994 seulement et qui est l’aboutissement d’un article paru même en 1993, Samuel Huntington prenait l’exemple d’une manifestation d’immigrés mexicains aux Etats-Unis qui, réclamant pourtant une meilleure considération des autorités à leur égard, arboraient le drapeau mexicain et non américain, qui aurait été pourtant un bien meilleur symbole d’une volonté d’intégration. En mai 2002, à la victoire de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen, de la même façon, les drapeaux français se faisaient rares comparés aux drapeaux marocains et algériens qui cachaient la tête du Président français sur tous les écrans de télévision du monde.

[3] A noter à ce propos la « panique » s’emparant de certains habitants des villes « arabes » israéliennes, qui, entendant parler d’échanges éventuels de territoires dans le cadre d’un futur accord de paix, tentent d’acquérir un logement « de l’autre côté » de la nouvelle possible frontière…

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