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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 05:38

Par Misha Uzan

La presse mondiale est revenue toute la semaine sur l'entrée de la "Palestine" à l'Unesco. Plusieurs articles dans la presse israélienne, repris sur quelques sites francophones, ont rappelé que l' "Autorité palestinienne" ne remplit pas les conditions d'entrée à l'Unesco.

En français, on peut par exemple lire l'article sur Guysen de Grey Owol, qui explique que " l’UNESCO a des pré-requis très précis que chaque Etat se doit de remplir avant d’espérer être accepté en tant que membre à part entière par l’organisation. On vérifie par exemple, poursuit-il, si les manuels scolaires du pays reconnaissent certaines nations ou religions, s’ils présentent un contenu antisémite ou raciste… Un critère auquel n’est pas conforme l’éducation prodiguée par l'Autorité palestinienne."

Grey Owol continue.

"Une étude menée par l’Institut de surveillance pour la paix et la tolérance culturelle dans l’éducation scolaire (IMPACT-SE) s’est ainsi penchée sur les manuels scolaires [de l'AP], et ceux-ci apparaissent loin de remplir de tels critères. Le rapport de l’enquête, qui a examiné 117 livres d’écoles palestiniens, a pourtant été remis à l’UNESCO". Avant la requête de reconnaissance de l'AP.

Sur ces manuels, ainsi que sur leurs cartes géographiques, l'Etat d'Israël n'apparaît pas. Il n'existe pas. Beaucoup de manuels glorifient le jihad, la mort et les actes de violence, en particulier contre les Juifs. C'était ainsi avec Arafat (y compris dans son bureau où la carte de la "Palestine" recouvrait tout Israël). Abou Mazen a poursuivi sur ses traces.

Tout cela est connu et de nombreux rapports, articles et livres l'ont répété, et dénoncé, depuis des années.

Mais tout le monde s'en fiche. Pour des raisons idéologiques. Pour ces pro-palestinistes[1] (à l'Unesco ou ailleurs), c'est un détail, ce n'est pas une priorité, le problème n'est pas là mais dans l'urgence de donner une "autonomie nationale", un Etat, aux Arabes de Judée-Samarie et de Gaza. De rétablir la "fierté arabe". De tout faire pour atténuer leur colère contre l'Occident.

C'est exactement le contraire qu'ils font. Ils favorisent les ennemis de l'Occident et de la liberté en leur donnant des Etats, des pouvoirs, des structures (dans tout le monde arabo-islamique) sans aucune garantie en échange (si ce n'est quelques contrats).

L'AP est loin d'être la seule dans ce cas. L'UNESCO est composée de plus d'une centaine d'Etats, dont de nombreuses dictatures qui ne respectent pas ses principes non plus. Croit-on vraiment que la Syrie avec ses massacres de populations et ses diatribes antijuives, l'Iran de Khameini, Ahmadinejad et ses discours négationnistes, le Qatar qui pratique le travail forcé, ou encore l'Arabie saoudite, ont des manuels qui chantent les louanges d'Israël, des juifs, des chrétiens ou des païens? Croit-on vraiment que leur cas était meilleur lorsqu'ils sont entrés à l'Unesco?

Non évidemment.

L'AP ne remplit pas les conditions de l'Unesco, c'est vrai. Mais nombreux sont les Etats membres qui ne les remplissent pas non plus. Le problème est le même à l'ONU. Les Etats dictatoriaux respectent-ils la Déclaration universelle des Droits de l'Homme?

Non.

Mais ni l'Unesco[2], ni l'ONU ne sont des organisations respectueuses et impartiales. Elles ne sont pas même des organisations qui limitent la casse en encadrant les dictatures, comme beaucoup le croient encore. Ce sont des organisations politiques, composées en majorité de dictatures à qui elles donnent une tribune, et qui font "l'inverse de ce pourquoi elles ont été créées" comme l'a écrit Guy Millière.

L'entrée de la "Palestine" était une décision politique, qui ne se justifie pas du point de vue des droits de l'homme ou de l'histoire, mais ça l'Unesco ne s'en occupe plus vraiment. On pourrait faire entrer un canard à l'Unesco, si ses membres le décidaient.

Misha Uzan pour www.Dreuz.info et www.mishauzan.com

 

Sources internet :

http://www.unesco.org/new/en/unesco/

http://guysen.com/article_UNESCO-les-Palestiniens-ne-remplissent-pas-les-conditions-requises_16643.html

http://www.mishauzan.com/article-ce-qu-est-l-unesco-rappel-87707399.html


[1]  Voir sur ce terme mon article académique Israël et les intellectuels français, de 1967 à 1982

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commentaires

Michel Bruston 12/11/2011 19:42



Bonjour,


Il y peu, vous m'expliquiez : « Malgré nos visions totalement différentes, je trouve nos discussions intellectuellement intéressantes, lorsque nous arrivons à être constructifs en
tout cas ». Je m’autorise de cette déclaration pour poursuivre cet échange, en tâchant de rester le plus "constructif" possible, malgré la phrase finale de votre dernier commentaire
ci-dessus.


 


Dans mon commentaire précédent, ma question finale portait principalement sur le blocage, par le gouvernement d’Israël, du reversement à l'Autorité palestinienne (AP) des droits de douane qu'il
perçoit en son nom sur les produits importés ou exportés par la Cisjordanie ; et secondairement sur la sémantique du mot "représailles" (repris par la presse française  sous ce nom, ou
bien sous d'autres qui ne valent pas mieux : "sanction", "riposte", etc..). Or cette question seconde est la seule sur laquelle vous m’avez répondu.


Même si la mesure d’arrêt des reversements était nommée "réplique" ou "réponse", il y aurait pourtant un problème : ces sommes retenues illégalement constituent 60% du budget de l’AP. C’est
donc à un véritable étranglement de l’AP que procède l’Etat d’Israël. Ce sont les accord d’Oslo qui ont institué l’AP et, selon ceux-ci, un Etat Palestinien devait voir le jour en 1999. Ils
n’interdisaient pas, douze ans après cette "date buttoir", une adhésion à l’UNESCO -- ce qui, entre nous, ne représente pas grand chose. Au nom de quoi Israël se permet-il de sanctionner l’AP
d’une manière aussi brutale, comme s’il voulait sa disparition pure et simple ? Selon vous, le but de Benyamin Natanhyaou est-il d’enterrer Oslo ?


 


Quant à la carte des grands centres de formation en Israël, votre réponse me laisse perplexe :


« Et qu'est-ce qu'on leur dirait aux enfants ? "Lorsque vous aurez votre bac, vous pourrez faire vos études à Tel-Aviv, Jérusalem, Ariel, etc, et puis Ramallah, Naplouse. Ah mais attention,
là-bas on n'aime pas les juifs et les Israéliens". Non franchement, de toute façon les Israéliens ne pourront pas y aller. Et ils vont y apprendre quoi en plus ? »


Les enfants israéliens vont-ils à l’école uniquement dans un but utilitaire, ou bien aussi pour y acquérir des connaissances ? Dans votre logique, les programmes devraient passer sous
silence l’histoire – et même l’existence – de tous les pays où, actuellement, ils ne seraient pas bien accueillis (Syrie, Iran, Pakistan, etc.) ; serait-ce une bonne instruction pour
eux, non seulement pour maintenant, mais surtout pour un avenir éventuel de paix, voire de réconciliation ? Les hostilités et les risques de lynchage d’aujourd’hui doivent-ils leur interdire
de connaître les lieux où s’instruisent les enfants de leurs "ennemis" et où, un jour peut-être, leurs propres enfants pourront aller suivre des stages ? Une telle attitude n’est-elle pas
une manière d’« essentialiser » les conflits, au lieu de les « contextualiser » et les « historiciser » ?


 


Un autre aspect de votre dernière réponse a attiré mon attention, compte tenu de ma propre expérience d’européen ayant vécu de septembre 1960 à mai 1962 en Algérie, soit juste avant
l’indépendance algérienne (2/07/1962). :


« "les enfants palestiniens sont sans cesse confrontés à la présence israélienne des colons et de l'armée, et peuvent relativiser les caricatures grotesques transmises par leurs
manuels, en les comparant avec les comportements réels des personnes". Ce n'est pas faux, à condition d'en avoir l'intelligence et la lucidité.
Vous vantez presque les mérites de la présence israélienne ce faisant. Mais je ne suis pas sûr qu'être en contact avec les habitants des
implantations et des militaires soit le meilleur exemple qu'on puisse leur montrer pour "relativiser". Les soldats sur le terrain sont souvent plus gentils qu'on ne le croit et je connais
les histoires de parties de foot, mais un militaire a un rôle et ça n'est pas de jouer au foot avec des enfants (souvent de l'ennemi). Quant aux habitants des implantations, ils ont leurs qualités et je peux m'entendre avec eux sur certains points, mais ils correspondent à
un type particulier de personnes. »


Compte tenu de cela, croyez-vous que ce soient principalement les manuels scolaires qui insufflent aux enfants palestiniens la haine des israéliens ? ou bien leur suffit-il de leur propre
expérience et celle de leurs proches, qui ont affaire régulièrement aux soldats qui tiennent les check-points interminables et à certains colons qui font des incursions
"punitives" pour "casser de l’arabe" ?


Cordialement



MU 12/11/2011 22:52



Je crois qu'on ne parle pas la même langue, je pense donc qu'on devrait arrêter ces conversations qui me prennent du temps pour rien. Dans ce commentaire vous me demandez mon avis, on s'arrêtera
là si vous le voulez bien.


Je ne suis pas sûr que vous ayez compris ce que je voulais dire.


1° Netanyahou veut-il enterrer Oslo? Parce que ce n'est pas déjà fait? Oslo est enterré depuis l'intifada. Ce qui en reste est enterré par les 2 parties. C'était un mauvais plan de toute façon.
Netanyahou n'a jamais aimé Oslo, il n'a sans doute pas tort.


2° Est-ce que c'est juste de sanctionner l'AP? LA première fois que l'AP a envoyé des terroristes ou fermé les yeux sur les actes terroristes après Oslo, Israël aurait dû le sanctionner plus que
ça et tout lui couper. L'AP a reçu presque tout ce qu'il a d'Israël. Rien de tout cela ne serait pas arrivé sans cette erreur israélienne, qu'il le sanctionne s'il veut. Le terme "illégal" est
inapproprié dès qu'il s'agit de "droit international", d'accords, de conventions qui ne sont pas respectées par l'autre partie. Qu'on applique la réciprocité (qui n'est jamais appliquée par les
pays occidentaux), pourquoi respecter un accord qui n'est pas respecté par l'autre partie.


3° L'AP n'est pas un Etat comme la Syrie ou l'Iran. C'est une organisation à qui on n'aurait pas dû accorder l"importance qu'on lui a accordée. Donc ça ne me choque pas si certains manuels ne
parlent pas de ses "universités". On ne va pas mentionner tout ou n'importe quoi non plus. Si ces écoles ne font pas partie des grands lieux d'étude de l'Etat... si je ne sais quelle organisation
ennemie ouvrait une école, on devrait le mentionner aussi? Vous vous arrêtez vraiment sur des choses sans importance. C'est obsessionnel. Ces manuels sont peut-être des nostaligiques de l'avant
Oslo, allez savoir, et alors?


Apperemment la discrimination positive envers les Arabes à l'université en Israël vous choque moins.


- Sur le dernier point je n'ai pas trop compris le truc. Les militaires font leur travail, les habitants des implantations (je pensais aux religieux, je ne l'ai pas mentionné) sont particuliers
dans leur mode de vie c'est ce que je voulais dire. Mais ils ne créent pas de haine en soi. Les manuels ne la créent pas non plus, mais ils l'entretiennent. Elle est bien antérieure à 67 et à 48.
Les habitants des implantations défendent leurs idées, leurs familles, etc. Si on veut détester des gens, on peut toujours trouver ce que l'ont veut, le problème n'est pas là, un peu
d'autocritique arabe ferait du bien.


Ah oui j'oubliais, c'est "essentialiser" le conflit. Je serais tenté de vous dire que c'est un clonflit essentialiste. Il déborde en tout cas le petit cadre des territoires, des attentats, de
l'AP ou ce petit monde. Donc ce n'est pas Oslo ou un accord bidon qui va le résoudre, ça prendra beaucoup plus de temps, des dizaines d'années au minimum. A mon avis, il faut totalement changer
de cap, partout dans le monde.


A bientôt.



Michel Bruston 09/11/2011 15:32



J'avais effectivement remarqué que vous lisez trop vite ou trop en diagonale. Ainsi vos réponses sont souvent en partie "à côté de la plaque". Pour moi, du coup, je vous avertis qu'elles ne sont
pas du tout convaincantes.


Notamment, sur les "cartes" des manuels scolaires, il y a tout un passage cité di-dessus pour lequel vos obections ne valent rein, qu'elle soient d'ordre très général (comme votre 1° ci-dessus)
ou plus particulières comme dans votre toute première réponse :


"Le livre "Israël - l’Homme et le Territoire", publié par le Centre pour la Technologie dans l’Education, propose une carte des grandes écoles israéliennes, avec des institutions à Ariel, Elkana, Alon Shvut et Katzrin (les 3 premières [implantations] en Cisjordanie, la 4ème sur le Golan, ndt), en même temps qu’à
Safed, Ashkelon ou dans la vallée d’Izraël. Aucune frontière n’est délimitée, et pourtant il n’est fait mention d’aucune université palestinienne."


Cette constatation est contradictoire avec une de vos toutes premières réponses, selon laquelle tous ces territoires, que l'on dit occupés, "appartiennent à Israël". Et dans ce cas précis, la
réponse ne peut être que les enfants israéliens ont d'autres sources d'information au sujet des universités palestiniennes et autres grands centres de formation en Cisjordanie, à Gaza ou dans des
villes arabes israéliennes.


Cette objection générale sur la multiplicité des cartes accessibles aux enfants, dans les cas où elle est plausible, se heurte cependant à une contradiction majeure, que vous avez vous-même
formulée à peu près en ces termes : "le problème palestiniste est déjà difficile à comprendre pour des adultes, alors pour des enfants ..". Devant une question d'une telle complexité, la
pluralité des sources contradictoires n'est pas un facteur de meilleure intelligibilité. Au contraire, elle crée un manque de repères stables et embrouille les esprits. Ceci n'est favorable
qu'aux partisans des politiques extrêmes qui, eux, ont l'avantage de proposer une grille de compréhension simple et accessible à tous, au prix du simplisme et de la caricature.


Votre 1° ci-dessus est effectivement soit trop bref, soit trop "général". Il vaut mieux en renvoyer la discussion à plus tard. Le 2° l'est à peine moins. Cependant, je peux y répondre, au moins
partiellement, en vous renvoyant à la troisième partie du texte "Point d'étape et prespectives" que je vous ai signalé il y a déjà un certain temps et dont je vous avais fourni l'adresse. J'y ai
analysé les espoirs soulevés par les accords d'Oslo jusquà il y a peu de temps,  ce qui en est réellement résulté, les chances d'aboutir à deux Etats et enfin, si la toute dernière chance
d'y aboutir -- l'admision pleine et entière de la Palestine à l'ONU avant la fin 2011 -- venait à échouer, les seules persectives encore ouvertes.


Que pensez-vous de la riposte-"représaille" israélienne à l'admission de la Palestine à l'Unesco, consistant à bloquer -- une fois de plus -- le reversement à l'Autorité Palestinienne du produit
des taxessur les produits exportés et importés par la Cisjordanie ? Ne trouvez-vous pas que le mot "représaille", qui était jusque là réservé aux actions terroristes, a pris ici une extension
toute nouvelle...  et peu justifiée ? Après tout, subir une défaite diplomatique, ce n'est quand même pas comme être en deuil et en colère après l'explosion d'une roquette ou d'un
kamikase...


Cordialement



MU 09/11/2011 20:18



Non Michel, j'avais lu en diagonale la 1e fois, pas la 2e.


Pour le terme "représailles" concernant l'initiative diplomatique à l'Unesco, le terme est peut être mal choisi en effet. Mais on n'en est pas au premier terme trompeur. Et "représaille"
franchement ça n'est pas aussi idiot que "militant" pour désigner quelqu'un qui se fait exploser dans un bus. Ils aurait du dire "réponse peut-être, je ne sais pas. Passons.


Pour votre exemple sur l'université je l'avais bien lu mais il est ridicule, pardonnez-moi. Très franchement, malgré l'autonomie générale ou partielle conférée à l'AP par les accords d'Oslo,
puisqu'il n'y a pas d'Etat, ces territoires appartiennent encore à l'Etat d'Israël, oui. En tant qu'Etat. Ensuite il est vrai que l'Etat n'y contrôle pas grand chose (ça devrait vous réjouir),
mais de toute façon l'Etat d'Israël ne contrôle pas grand chose nulle part à mon avis. Donc je ne vois vraiment pas pourquoi un Etat devrait enseigner (et encore on ne parle que de certains
manuels) à ses enfants les ensembles académiques créés par un mouvement contestataire. Ce sont plutôt les manuels qui en parlent qu'on devrait mettre en cause.


Et puis arrêtez de faire comme si tout était rose. Et qu'est-ce qu'on leur dirait aux enfants? "Lorsque vous aurez votre bac, vous pourrez faire vos études à Tel Aviv, Jérusalem, Ariel, etc, et
puis Ramallah, Naplouse. Ah mais attention, là-bas on n'aime pas les juifs et les Israéliens." Non franchement, de toute façon les Israéliens ne pourront pas y aller. Et ils vont y apprendre quoi
en plus?


En fait je vous l'ai dit au début de cette conversation Michel, peut-être pas assez clairement.


Vous parlez de "mêmes objectifs" de négation de l'autre.


Je vous ai répondu que la base, l'origine n'était pas la même. Donc vous vous offusquez de choses que, au contraire, je trouve légitimes. Et encore l'Etat d'Israël est un Etat peureux, vulnérable
et faible de mon point de vue.


En clair, vous considérez le mouvement palestiniste comme légitime, vous vous offusquez qu'il n'y ait pas d'Etat, qu'on en parle pas dans les manuels, etc.


Selon moi ce mouvement est une invention fait à partir d'une reproduction, une copie du sionisme, qui a servi de modèle. Le fait que des gens comme vous le soutiennent aujourd'hui prouve qu'il a
totalement réussi. Vous me direz que chaque nation a été formée et conceptualisée (j'ai étudié un peu la littérature à ce sujet), mais dans ce cas c'est une véritable escroquerie pour plusieurs
raisons que je ne peux pas vous expliquer ici. J'ajoute que ce n'est pas la seule, loin de là, notamment au sein de ce qu'on appelle le "monde arabe".


Enfin, en partant de ce qu'est le mouvement palestiniste aujourd'hui, l'OLP, le Hamas, les structures, etc, il faut réfléchir à ce qu'il faut faire. Et nous ne sommes pas d'accords là-dessus non
plus.


Mais je le répète, étant donné nos différences à la base, ce qui vous choque vous, soit ne me choque pas, soit s'explique, soit est un moindre mal. Dans quelques cas, on peut attribuer cela aux
déboires d'une démocratie faible. Alors pour revenir au sujet, ne pas parler de ces universités non étatiques où les enfants israéliens ne sont pas acceptés et risquent de se faire lyncher, ça me
paraît normal. A l'inverse, comme vous le savez sûrement les Arabes israéliens bénéficient de discriminations positives à l'entrée des universités israéliennes, ce qui est scandaleux. Sans parler
du comportement de certains professeurs.


Comme vous le voyez nous sommes irréconiciliables.



Michel Bruston 07/11/2011 18:57



Je suis d'accord avec vous sur le fait que cette partie de l'article ne montre pas une "équivalence" entre les manuels scolaires mis à disposition des enfants palestiniensn et ceux destinés aux
enfants israéliens. En particulier pour ce qui est des injures.


Cependant, si vous consentez à consulter l'article en entier dont je vous ai fourni l'adresse (plutôt que de copier ici un texte trop long), vous
verrez que dès le début, l'auteur et les chercheurs qu'il cite reconnaissent cette différence. Puis ils expliquent que la propagande est certes plus "grossière" et plus "vulgaire" du côté
palestinien, beaucoup plus "subtile" du côté israélien, mais que les objectifs poursuivis sont les mêmes et que les résultats pourraient bien être comparables.


Pour ma part, j'admets bien volontiers que les enfants israéliens ne s'instruisent pas qu'à l'école, qu'ils baignent dans un discours social et médiatique pluraliste. Mais ils ont pour la plupart
fort peu de contacts avec des palestiniens réels et ne peuvent donc pas comparer les stéréotypes qu'on leur transmet insidieusement avec la réalité (sur les stéréopypes insidieux, lire toute la
première partie de l'article cité). Tandis que les enfants palestiniens sont sans cesse confrontés à la présence israélienne des colons et de l'armée, et peuvent relativiser les caricatures
grotesques transmises par leurs manuels, en les comparant avec les comportements réels des personnes qui y sont décrites avec une mélange de haine et de mépris sans fard.


Pour le reste de vos arguments, qui m'apparaîssent tantôt comme de purs 'a priori', tantôt comme des sophismes, tantôt comme de l'auto-aveuglement (et je sais que vous pensez la même chose de ce
que pourraient être les miens), j'en remets la discussion à plus tard et dans un contexte plus large. Il s'agit en effet du débat de fond que nous avons entamé et qui ne se règlera pas à
l'occasion d'un différent sur les manuels scolaires ou même sur la politique de l'UNESCO.


Cordialement



MU 07/11/2011 22:47



Rassurez-vous Michel, si je ne fais parfois que jeter un oeil ou lire en diagonale, c'est uniquement par manque de temps, et parfois par flemme. Comme vous l'avez dit c'est un peu long parfois.


Malgré nos visions totalement différentes, je trouve nos discussions intellectuellement intéressantes lorsque nous arrivons à être constructifs en tout cas.


Il y a deux points que je voulais souligner.


1° Sur le subtil et le vulgaire, les termes ne me paraissent pas adéquat, car trop partisans, mais c'est là la force de ce type de discours, leur subtilité ou peut-être plutôt malignité. Je
répondrais juste en deux mots. 


Le discours arabo-palestiniste, en apparence vulgaire, réussit néanmoins à être subtile. C'est par exemple celui qui tient un double discours en fonction de l'interlocuteur, ou en fonction de la
langue utilisée. Cela paraît vulgaire en effet, en réalité ça fonctionne et c'est plus subtil qu'on ne le croit. Et ça fonctionne assez bien, la preuve en est à mon sens le soutien
pro-palestiniste dans le monde, même si on pourrait y voir beaucoup d'autres raisons.


En revanche le discours israélien n'est pas toujours subtil. Il n'est pas efficace en tout cas. Sans doute parce qu'il admet trop la contradiction.


Je vous dirais en tout cas que, les objectifs ne sont pas tout à fait les mêmes parce que la base est différente, parce que les camps en présence ne sont pas comparables. Tout réside au fond,
dans la vision qu'on a des camps en présence, dans leur définition. Dans ce qu'on répond à la question : qui sont les camps en présence? (Je m'excuse tout cela paraît confus mais c'est parce que
je ne voudrais pas trop m'étaler).


Quant aux résultats, je ne suis pas sûr de savoir sur quel plan les auteurs se placent. La haine des uns envers les autres? Ce genre de choses? C'est encore une fois toujours plus pluriel dans
une société pluraliste mais il faudra encore vivre longtemps pour parler de résultats.


J'ai l'impression d'avoir été trop théorique, je m'en excuse. Laissons peut-être cela de côté.


2° La 2e remarque est intéressante.


"les enfants palestiniens sont sans cesse confrontés à la présence israélienne des colons et de l'armée, et peuvent
relativiser les caricatures grotesques transmises par leurs manuels, en les comparant avec les comportements réels des personnes". Ce n'est pas faux, à condition d'en avoir l'intelligence et la
lucidité. Vous vantez presque les mérites de la présence israélienne ce faisant.


Mais je ne suis pas sûr qu'être en contact avec les habitants des implantations et des militaires est le meilleur exemple
qu'on puisse leur montrer pour "relativiser". Les soldats sur le terrain sont souvent plus gentils qu'on ne le croit et je connais les histoires de parties de foot, mais un militaire a un rôle et
ça n'est pas de jouer au foot avec des enfants (souvent de l'ennemi). Quant aux habitants des implantations, ils ont leurs qualités et je peux m'entendre avec eux sur certains points, mais ils
correspondent à un type particulier de personnes. Là encore ce serait long à décrire et je dois d'ailleurs nuancer mon propos. Tout dépend de quelles implantations on parle. Il y a une grosse
différence entre un habitant laïc d'Ariel et la jeunesse des collines par exemple, même s'ils peuvent se retrouver sur certains points.


Il est intéressant de regarder aussi côté israélien concernant cet argument. D'abord les Israéliens ne vivent pas
complètement fermés sur eux-mêmes et la TV et internet sont déjà un moyen de ne pas se faire une image totalement déformée. Là encore vous plaidez aussi pour l'avant Oslo et l'avant Intifada 1
(je me demande si vous n'êtes pas un partisan d'une solution à un Etat binational finalement) lorsque les Israéliens allaient plus librement en Judée, en Samarie et même à Gaza. Surtout les
arabophones. Je ne crois pas, et peu le croient, qu'il y ait une telle différence culturelle entre les Arabes des deux côtés de la ligne verte. Les influences divergent, certes, mais je ne crois
pas que l'Israélien moyen voit chaque Arabe de Ramallah ou de Sichem comme un terroriste. On sait que c'est plus complexe. On le voit déjà avec les Arabes israéliens. Collectivement il existe une
problématique (c'est ça la question), individuellement les choses se passent plus ou moins bien.


Et puis pour l'exemple comparable à celui que vous donniez sur les militaires et les habitants des implantations, on voit de
temps à autre des Arabes qui ont passé les check points avec on ne sait trop quelle autorisation (un permis de travail assez bison en général) se balader dans les rues de Tel Aviv, Beer Sheva ou
Jérusalem bien sûr. Mais comme je le disais dans l'autre sens, ce sont généralement des marchands à la sauvette (on les reconnaît assez facilement à leur look en général) et ce n'est pas
forcément le meilleur exemple. Comme je l'ai exprimé dans un article, les relations de voisinage c'est une chose, mais je ne crois pas que ça change radicalement les choses.


Pour ma part, ma vision est intellectuelle et politique, elle se fonde sur une vision d'ensemble (même si je sais que nous
n'avons pas du tout la même). Je n'ai pas d'hostilité personnelle envers un Arabe de Ramallah, de Jénine ou de Sichem. Arabes et Juifs se ressemblent en beaucoup de points, mais ce ne sont pas là
des questions qui ont à voir avec la politique.


Cordialement



Michel Bruston 07/11/2011 13:51



Sur les manuels scolaires palestiniens et israéliens


http://www.lapaixmaintenant.org/ur-les-manuels-scolaires


Thème : comprendre l'Autre, enfants, jeunesse, éducation


Ha’aretz , mis en ligne le 14 décembre 2004
par Akiva Eldar


[Un examen des manuels scolaires israéliens et palestiniens montre comment les deux côtés
racontent l’histoire du conflit, chacun de son propre point de vue, en ignorant l’autre.]


Haaretz, 9 décembre 2004


http://www.haaretz.com/hasen/spages...


 (trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant)


[…]


Le Dr Nurit Peled-Elhanan, du département éducation de l’Université hébraïque, a récemment terminé une analyse en profondeur de six manuels scolaires israéliens publiés ces dernières années. Certains d’entre eux ont reçu l’approbation officielle du département programmes au
ministère de l’éducation, d’autres ont été adoptés par plusieurs professeurs sans l’approbation du ministère.


L’un des résultats essentiels de son étude est le brouillage de la Ligne verte. Le livre "Israël - l’Homme et le Territoire", publié par le Centre pour la
Technologie dans l’Education, propose une carte des grandes écoles israéliennes, avec des institutions à Ariel, Elkana, Alon Shvut et Katzrin (les 3 premières
colonies en Cisjordanie, la 4ème sur le Golan, ndt), en même temps qu’à Safed, Ashkelon ou dans la vallée d’Izraël. Aucune frontière n’est délimitée, et il n’est fait mention d’aucune université
palestinienne. Ni Nazareth, ni aucune autre ville arabe d’Israël, ne figure sur les cartes du manuel, mais les lieux saints de Cisjordanie sont présentés comme
faisant partie intégrante de l’Etat d’Israël. Un chapitre consacré à la communauté ultra-orthodoxe affirme qu’ils vivent dans des villages créés spécialement
pour eux : Kfar Khabad, Emmanuel, Elad et Beitar Illit (colonies en Cisjordanie, ndt). Le message, dit Peled-Elhanan, est que les colonies sont inséparables de l’Etat d’Israël.


Sur la plupart des cartes étudiées par Peled-Elhanan, Ariel et Katzrin figurent comme faisant partie de l’Etat d’Israël. Une carte des parcs naturels nationaux
ne fait pas apparaître la Ligne verte, mais comprend Maaleh Efraïm. Pour elle, il s’agit de s’assurer, de façon subtile, que l’élève épousera certaines positions politiques : "quand les
Palestiniens écrivent ’Palestine’ sur les cartes de leurs manuels, cela est considéré comme une incitation à la haine. Dans ce cas, comment parler des
manuels israéliens qui nomment la Cisjordanie ’Judée et Samarie’, même sur des cartes qui montrent les frontières du Mandat
britannique, alors que la dénomination officielle était ’Palestine-Eretz Israel’ ?’"


Par exemple, la couverture du livre "Géographie de la Terre d’Israël" (par Talia Sagi et Yinon Aharoni, Lilach Books), un manuel particulièrement apprécié des
enseignants, comporte une carte du Grand Israël, sans aucune trace des territoires qui étaient déjà alors sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. "Cela
suggère à l’élève que ces territoires étaient ’à nous’ de tout temps, et renforce le message selon lequel, lors de la guerre des Six jours, nous les avons ’libérés’ ou ’sauvés’ de l’occupant
arabe", écrit Peled-Elhanan dans son étude. Une autre carte, où la Cisjordanie apparaît avec une couleur différente, affirme qu’"à la suite des accords d’Oslo, les frontières de la Judée et de la
Samarie connaissent un processus dynamique de changement". Le texte l’accompagnant note que les territoires contrôlés par l’Autorité palestinienne n’ont pas été indiqués sur la carte, car il
n’existe encore aucune frontière entre Etats.


Dans le cas de la Syrie, l’existence d’une frontière internationale qu’Israël ne nie pas n’a pas empêché les auteurs de la garder secrète pour l’élève, qui lit
qu’Israël a annexé le plateau du Golan en 1981 et y a appliqué la loi israélienne, "avec tout ce que cela implique". Quelle
sera la position dudit élève au sujet de la concession de territoires annexés à Israël en échange de la paix avec la Syrie ? Les dessins de deux soldats
figurent sur le Golan, l’arme de l’un d’eux tournée vars la Syrie.


Le professeur Yoram Bar-Gal, directeur du département géographie et étude de l’environnement à l’université de Haïfa, dit que le principe universel des cartes utilisées dans le domaine de
l’éducation ("ta carte est de la propagande, la mienne est de l’éducation") s’applique ici pleinement. Pour lui, la carte jouit d’une haute crédibilité, et constitue donc un outil très important
pour faire passer des messages politiques : "le mouvement sioniste et l’Etat d’Israël, comme tous les Etats et tous les mouvements, a toujours exploité ces
caractéristiques des cartes pour leurs besoins propres". Bar-Gal ajoute néanmoins qu’un changement politique qui s’exprime dans des cartes ne crée pas nécessairement un changement dans la
conscience des élèves ou des enseignants : "l’effacement de la Ligne verte des cartes ne la fait pas nécessairement disparaître de la conscience du public en général".


[…]



MU 07/11/2011 14:28



Cette fois la preuve est faite : Haaretz et La paix maintenant servent les antisionistes en dehors d'Israël. (lol).


Haaretz est plein de ce genre d'articles à longueur de journées, qui démontrent leur mauvaise foi perpétuelle.


Il y a plusieurs différences de taille qu'il faudrait relever en détails.


Quelques simples exemples, je ne voudrais pas à nouveau y passer des heures :


1° Qu'il n'y a jamais eu de "Palestine" en tant qu'Etat, l'Etat d'Israël existe, lui. C'est une sacrée différence.


2° Tout le vocabulaire utilisé dans l'article est biaisé, par exemple en parlant d'avance de "colonies". Jusqu'à présent tous les "territoires" en question appartiennent à l'Etat d'Israël. Pour
des enfants, on ne parle pas du mouvement nationaliste corse ou breton dans les manuels français. Le "mouvement palestiniste" est quelque chose d'assez peu clair pour un adulte, alors pour des
enfants. L'Etat d'Israël est un Etat, comme un autre. C'est un sophisme que de tenter de faire une symétrie, c'est d'ailleurs ce que fait l'OLP.


Même pour la cas du Golan et de la Syrie. Le Golan n'a été syrien que de 48 à 67, ça fait plus de 40 ans qu'il est israélien, presque 30 ans qu'il a été annexé. Parle-t-on des annexions
successives du royaume de France à longueur de journée?


3° En parcourant rapidement l'article, on ne trouve pas d'incitations à la haine. On ne parle pas de "singes" ou de "porcs" pour désigner les musulmans. Pas d'appel au martyre ou à la guerre.


4° A nouveau comparer les manuels sans prendre en compte le contexte de la société israélienne où les Israéliens utilisent à la TV le vocabulaire palestiniste, où le débat est total, où des
cartes partout mentionnent différentes lignes (parfois à tort puisque la carte d'Israël en tant qu'Etat n'a pas à intégrer les lignes d'Oslo tant que celles-ci ne débouchent pas sur un Etat
définitif), bref où l'élève israélien n'est pas soumis à nettoyage de cerveau. Sauf peut-être dans certains milieux religieux, mais c'est plus limité. L'article ne donne pas de détails là-dessus
d'ailleurs. 


J'ai fait un article, disponible sur ce blog, sur l'enseignement de l'histoire du conflit à Tsahal. L'officier avait un discours quasi pro-palestiniste, c'était abberrant pour l'armée du pays.


Hier encore, à la plage à TLV, il y avait un graffiti "Free Palestine", je ne suis pas sûr qu'on pourrait mettre un tag "free Israel" en plein milieu de Ramallah sans que personne ne réagisse. A
Tlv, ça faisait partie du paysage.


C'est pourquoi je trouve que mettre ce genre d'articles, en faisait croire à une équivalence, démontre un manque de justesse. C'est ce que font tout le temps les journalistes d'Haaretz.
D'ailleurs trouve-ton un journal équivalent dans la presse arabe palestiniste?


Voilà pour ce que j'ai à dire là-dessus rapidement cher Michel.


Cordialement.



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