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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 18:53

Karen Blixen, La Soirée d’Elseneur, Paris : Stock, 1980, pour la traduction, Librairie Générale Française, 2004, pour la présentation et les notes

 

Edition présentée et annotée par Marc Auchet

Traduction par France Gleizal et Colette-Marie Huet

 

 Karen-Blixen-copie-1.jpg

 

Je connaissais un peu la grande mythologie nordique, les grandes légendes. J’avais une vague idée de celles des Germains, des Teutons, des sombres forêts. Et puis je ne savais pas grand-chose du Danemark.

Je suis tombé sur une analyse philosophique du Festin de Babette dans le dernier Finkielkraut, Un cœur intelligent (Paris : Stock Flammarion, 2009). Un petit conte pieux du Danemark protestant, adapté au cinéma danois par Axel Gabriel en 1987. D’une histoire apparemment banale et ennuyeuse on en tire une réflexion sur la pratique austère de la religion et son opposition à l’art. L’art et la religion puis l’art et la démocratie nous dit Finkielkraut en ouverture. De belles pensées.

 

Ensuite il y a Karen Blixen, l’un des plus grands auteurs danois du XXe siècle, ses Sept contes gothiques, ses Anecdotes du destin dont l’une des nouvelles est Le Festin de Babette, sa Ferme africaine et son succès. Jusqu’au film Out of Africa de Sydney Pollack en 1985 avec Meryl Streep et Robert Redford. Un film qui va comme un gant au célèbre acteur blond, un peu lent mais fait surtout pour son décor, son calme et une idée forte. Celle du combat de Karen Blixen dans sa ferme au Kenya. Bref j’ai plongé dans l’univers de celle qui publiait pour la première fois en 1934 sous le pseudonyme d’Isak Dinesen.

 

Karen-Blixen.-La-soiree-d-Elseneur.jpgJ’ai donc vu dans La Soirée d’Elseneur ce même goût pour la piété, la campagne, le calme. J’y ai retrouvé ce penchant de Blixen pour l’histoire de deux sœurs pieuses. Sauf qu’ici elle glisse un peu vers le fantastique. Un spectre apparaît, c’est celui de leur frère, mort loin de là et avec qui elles avaient tout partagé. L’originalité de l’histoire, déjà à l’époque, c’est l’attrait que provoque le spectre de leur frère, mais de peur point. Ni roman noir, ni d’épouvante, c’est un conte fantastique et simple. L’épouvante, ce n’est que celle ressentie par les sœurs en apprenant que leur frère, déjà mort, doit à nouveau repartir en tant que spectre, pour l’enfer, car elles voudraient le suivre. C’est une histoire de famille, d’amour fraternel, de partage. Dans Le Festin de Babette, c’est Babette la cuisinière qui porte le message avec son festin comme expression artistique, comme soustraction de « l’alimentation à l’emprise de la nécessité »[1] ; dans La Soirée d’Elseneur c’est le frère qui prend à revers la vie pieuse de ses sœurs de par ses voyages, ses nombreuses femmes, sa piraterie, sa mort … pendu. Le message de Karen Blixen est sûrement à chercher par là, dans cette autre opposition entre des êtres si proches, que leur condition sexuelle place dans des situation ô combien différentes.

 


[1] Alain Finkielkraut, Un cœur intelligent, Paris : Stock Flammarion, 2009, « Lecture du Festin de Babette », de Karen Blixen

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Published by MU - dans Lectures
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