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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 10:30

Publié dans le Journal Eden 94, Revue des Communautés juives du 94, automne 2007

 

 

Beer Sheva, Israël, le 10 novembre.

 

 

montage-Beer-Sheva.jpg

 

L’automne cette année aura été pour eux un véritable bouleversement. Sous le soleil brûlant de Beer Sheva, à plus de 30° en plein mois de novembre, nos 7 partants pour Israël (voir Eden 94 n°1) sont devenus Israéliens. Pas encore entièrement remis de leurs émotions, nos nouveaux immigrants originaires du 94, se souviennent de leur arrivée.

Comme d’autres avant eux, Ron, Lali, Magali, Michel, Paul, Ilana et Gad ont connu le départ, les au revoir, l’accueil par l’Etat, leur nouveau logement, les premiers achats, les premiers papiers et les premières cartes, l’oulpan bien sûr, leurs premières surprises et peut-être aussi leurs premières déceptions. Après deux mois d’installation en tout cas, tous affirment se sentir naturellement chez eux et heureux. Leur sentiment à l’égard d’Israël n’a pas changé, au contraire nous disent-ils, ils se sentent plus libres, moins soucieux, plus en accord avec eux-mêmes. Certains prétendent même qu’Israël les a déjà transformés, libérés, bonifiés. Ilana aurait même arrêté de fumer. Aucun donc, aujourd’hui, ne remet en cause son aliya. Pour autant, nous concèdent-ils, rien n’est encore acquis.

 

L’installation fut la première difficulté. L’appartement et les conditions d’un pays chaud et désertique ne furent pas de tout repos pour tous, de même pour les travers d’une procédure administrative plus encombrante pour les ktanim hozrim (nés en Israël mais ayant vécu la majeure partie de leur vie en dehors du pays). Bref, de quoi faire mal au portefeuille. Tous en revanche s’entendent sur un point : l’hébreu. Une fois le vocabulaire minimum atteint et la Houtzpa (le culot) israélienne intégrée, tous sentent bien néanmoins que la période d’intégration de six mois ne sera pas suffisante pour acquérir un hébreu de haut niveau professionnel. Et alors que nul ne s’en prend à la méthode enseignée à l’oulpan — si réputée — ni à l’ambiance générale — très accueillante et festive — certains soulignent néanmoins le manque d’effectifs enseignants et le manque de classes. Reste l’autre élément essentiel de leur intégration : un programme de groupe au sein d’une association.

 

Là encore les points de vue sont mitigés en fonction des affinités et du caractère de chacun. L’idéal d’union, de solidarité et d’entraide tant proclamé lors des séminaires de préparation en France, ne semble pas survivre ; dépassé par les individualismes et les conflits personnels s’incrustant jusque dans les colocations. Par ailleurs, l’idée même d’une certaine pesanteur due aux structures d’un groupe et d’une organisation se dégage. L’emploi incessant et inévitable du français entre des membres d’un groupe entièrement francophone, en est l’exemple le plus flagrant. La dépendance que peuvent ressentir quelques-uns vis-à-vis du groupe ou de l’association dans leurs démarches, peut aussi être perçue comme un élément de frustration. Tel un déplacement de responsabilité de leurs parents au groupe et aux responsables, plutôt qu’une prise en charge autonome immédiate. Il n’empêche, ceci dit, qu’aucun ne regrette sa venue en groupe. L’aide, les amis et l’encadrement qu’il apporte, essentiels pour lutter contre la solitude et le dépaysement, sont irremplaçables. Y compris pour des jeunes adultes. D’autant que tous ont aussi en tête que le plus important reste à faire, notamment la recherche du travail en anglais, puis en hébreu, dans un système bien différent, et très compétitif. Et si leurs diplômes, leur expérience, et la croissance israélienne sont autant d’éléments qui vont dans le bon sens, rien n’est encore joué … בהצלחה 

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