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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 16:17

 

Par Misha Uzan

 

Lecture tardive.

Guy Millière, Pourquoi Bush sera réélu. Ce qui se passera qu'il le soit ou non, Paris : Editions Michalon, 2004

 Gui Millière . Pourquoi Bush sera réélu

 

Guy Millière sortira bientôt un prochain livre. Un livre qui devrait décoiffer les adeptes du politiquement correct, les chauvinistes de l'hexagone, les bobos de "gôche" qui ont perdu les valeurs de la gauche ou ceux qui méprisent ceux qui le leur rappellent.

Avec Ce que veut Bush, Qui a peur de l’islam ! et Pourquoi Bush sera réélu (écrit en 2004), des petits livres clairs, nets et précis, Guy Millière est l'un des seuls non seulement à défendre mais surtout à présenter la pensée dite néoconservatrice américaine au public francophone. Car on ne connaît en France que la condamnation du néo-conservatisme américain. "Bush le menteur", 'le plus mauvais président de l'histoire", etc. Quel autre écho a-t-on du néo-conservatisme? Aucun, ou presque. La pensée et la politique néoconservatrices ne font l'objet que d'une présentation pour la condamner, sans l'expliquer vraiment, sans tenter d'en comprendre les fondements. Mais la connaît-on vraiment?

Pas si on ne sort pas de l'hexagone. Même un penseur que j'apprécie comme Pascal Bruckner, dans une récente émission culturelle sur France 2 (le mercredi 5 octobre), après avoir critiqué l'incapacité d'Obama de désigner un ennemi, n'a pas pu s'empêcher néanmoins de rejeter ses adversaires d'un revers de la main. "Ceux qui sont en face sont inquiétants", a-t-il précisé. Et que dire du reste de l'émission[1]! Les néoconservateurs sont-ils des néo-cons au sens propre comme on le lit partout sur le net, des débiles mentaux complètement abrutis, ou bien y'a-t-il autre chose à en apprendre?

 

Ne serait-ce que pour ne pas mourir idiot et plein de préjugés, il faut lire Guy Millière, ses articles et ses livres, tous intéressants.

A vrai dire, son livre Pourquoi Bush sera réélu n'a qu'un seul défaut : son titre. Passée la réélection de Bush, on se dit qu'il a eu raison, mais on pense que le livre est dépassé. Qu'il n'y a plus tellement d'intérêt à le lire. Ne l'ayant pas lu à temps, je l'ai donc laissé traîné. Jusqu'au jour où je n'ai rien eu d'autre sous la main.

J'y ai découvert alors un livre qui n'a presque pas pris une ride. La seule chose que Guy Millière ne pouvait pas prévoir 4 ans à l'avance, compte tenu du renouvellement à chaque élection présidentielle des représentants politiques aux USA, c'était l'élection d'Obama en 2008. Mais ce qu'il dit de John Kerry, vaut pour Obama aussi. Et ce qu'il dit de Bush et de sa considération en France, est toujours vrai. Sur ce point rien n'a évolué. Les mêmes contre-vérités courent les rues, les mêmes jugements à l'emporte-pièce, la même incompréhension, la même haine.

Et surtout, Guy Millière tente de nous faire mieux connaître l'Amérique profonde, celle qui vote Bush. Il nous explique comment elle réfléchit, quels sont ses principes et ses origines intellectuelles. Une Amérique pour qui sont cruciales les idées de démocratie, de liberté, et d'une Amérique modèle, fidèle à ses principes. Affirmer que le néo-conservatisme est de droite ou d'extrême droite, nous dit le Professeur Millière, est faux. Il trouve ses racines à gauche. Dans une gauche attachée aux valeurs de la Révolution américaine, qui pense que l'Amérique a un rôle à jouer pour la liberté et la démocratie dans le monde, une gauche qui a vu les principes pacifistes entraîner le contraire du monde souhaité et qui a réagi à cet échec. Qui l'a pensé et repensé. Une gauche déçue par le parti démocrate et une Europe trop encline à s'accommoder avec un monde de dictatures. Une gauche qui a décidé de défendre ses valeurs, sans les laisser dépérir.

A bien y réfléchir, cette perte de valeurs au sein de la gauche politique, la tendance à ne plus défendre ses idéaux mais à en faire des valeurs de droite, n'est pas limitée aux Etats-Unis. La réponse dite néoconservatrice (conserver la liberté, la démocratie, les valeurs de nos sociétés) en revanche, n'a que peu essaimé ailleurs.

Pour comprendre qui, comment et quand, il faut lire Pourquoi Bush sera réélu, même maintenant. Et de façon générale, il faut lire Guy Millière, c'est un devoir d'information.  



[1]  Dans cette émission, Pascal Bruckner venait présenter son dernier livre, Le fanatisme de l'apocalypse. A ses côtés, un romancier américain célèbre (dont je ne retrouve plus le nom), est venu présenter son dernier roman. Il y parle du mur de Berlin. Le chroniqueur l'interroge : "Et le mur que les Etats-Unis construisent à la frontière mexicaine? Là vous ne condamnez pas?". Le romancier bohême qui, avec le reste de l'auditoire a défendu une moitié d'Amérique pour mieux traiter l'autre moitié de croyants incultes et débiles mentaux (si je comprends bien ses propos), s'est senti obligé de souligner qu'il était également contre ce mur.

Décidément l'intelligence est limitée à l'environnement qui l'entoure. Quel est le rapport entre le mur de Berlin construit par la RDA, une dictature communiste, pour empêcher l'émigration de sa propre population, et le mur à la frontière américaine, construit par la démocratie américaine, pour empêcher l'immigration massive mexicaine??? Dans un cas une dictature veut empêcher l'émigration, dans l'autre une démocratie ne veut pas être victime d'une immigration incontrôlée. Les cas sont totalement contraires, et non pas semblables. Il faut être aveugle, idiot, ne pas distinguer l'émigration et l'immigration ou être drôlement conditionné pour ne pas faire la différence. Mais c'est ainsi à la télévision française! Et personne n'a jugé bon de remettre les pendules à l'heure!

S'il faut condamner chaque construction de mur au prétexte que c'est un mur, et qu'un mur sépare, sachez que je fais construire un mur dans mon salon, pour séparer la salle à manger et le bureau. Pour être politiquement correct, dois-je le condamner?

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Published by MU - dans Lectures
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Ano 17/10/2011 13:34



Alain Juppé, ministre UMP des Affaires étrangères, a déclaré qu'il pensait que l'accord entre Israël et le Hamas en vue de la
libération du soldat détenu franco-israélien Gilad
Shalit à Gaza aboutirait "très rapidement". "C'est une formidable bonne nouvelle", a
affirmé M. Juppé à la presse.
"J'avais rencontré les parents (de Gilad Shalit) lorsque j'étais allé à Jérusalem au mois de juin. Le président de la République est depuis des années fortement investi pour convaincre à la fois
le Hamas et Israël pour bouger sur cette question", a-t-il ajouté.
Selon le chef de la diplomatie, "un accord a été conclu qui semble équilibré, nous le
soutenons". "Nous saluons le courage du gouvernement israélien de s'en aller dans cette voie et
j'espère que Gilad Shalit pourra être dans sa famille le plus tôt possible", a-t-il également affirmé.


Le langage diplomatique du « meilleur d’entre nous »


par Gabriel Lévy, chroniqueur sur Internet, le 12 octobre 2011





Par Lévy Gabriel


Thème : Europe


 


 



Pour ce
gouvernement, mais pour le précédent aussi, toute réaction d’Israël est «disproportionnée », qu’il s’agisse de répliquer à des bombardements incessants ou
d’éviter le transfert d’armement par le biais de flottilles dites humanitaires. En revanche l’échange d’un captif, même franco-israélien contre 1027 terroristes est un
« échange équilibré ».


La phrase est dite, en effet, par M. Alain Juppé, MINISTRE UMP DES
AFFAIRES ETRANGERES - le « meilleur d’entre nous » qualifié ainsi par M. Chirac - sortant guilleret du dernier
conseil des ministres.


Nous ne percevons pas là le tact, qui sied à la situation ainsi qu’à un chef de la diplomatie. Il pouvait se réjouir
d’un dénouement heureux, ne pas en dire plus, mais était-il indispensable de qualifier un marché sordide, ignoble, honteux «d’équilibré », pourquoi pas de «
commerce équitable » ? Le « meilleur d’entre nous » ne pouvant avoir la langue qui fourche, on doit s’inquiéter de la signification de cette déclaration.

Plaise à M. Juppé, « chef de la diplomatie » de se satisfaire de ce que « un accord a été conclu qui semble équilibré, nous le soutenons
». Nous avons compris, grâce à lui, que la France évalue au même prix un « demi-Israélien-demi-Français » et 1.027 terroristes, jugés comme tels par
un pays démocratique.





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