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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 11:59

 

Gordon Thomas, Mossad. Les nouveaux Défis, Paris : Editions nouveau monde, novembre 2006, traduit de l’anglais par Mickey Gaboriaud, préface d’Eric Denécé

 

 Gordon-Thomas.-Mossad.-Les-NouveauxDefis.png

 

L’auteur du best-seller Histoire secrète du Mossad et des Armes secrètes de la CIA récidive ici avec Les nouveaux défis du Mossad. Gordon Thomas, beau-fils d’un ancien agent du MI-6, les services secrets britanniques, qui dispose de nombreux contacts et d’une proximité de confiance avec de nombreux dirigeants du renseignement dans le monde, au Mossad, à la CIA ou au sein des services secrets britanniques, regroupe ici les informations qu’il a accumulées jusqu’à la guerre du Liban de 2006. L’ouvrage a tout pour plaire au grand public : une belle couverture faite de papier glacé, de grandes révélations dès la 4e de couverture et la préface d’Eric Denécé, Directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), de l’action et des grands faits. Notre impression, elle, est plus mitigée.

Après une cinquantaine de pages, j’eus presque envie d’arrêter là ma lecture, n’y voyant qu’un mauvais livre avec juste quelques retentissements. Les choses se modèrent ensuite quelque peu. Mais on ne peut empêcher d’y voir un livre d’espionnage moins réussi que les grandes séries américaines qui maintiennent le suspens à chaque épisode. Les mêmes histoires sont pourtant au rendez-vous : vols de secrets nucléaires américains par le CSIS, les services secrets chinois ; tentative d’attentat nucléaire dans quelques grosses villes américaines par des terroristes d’Al Qaïda ou encore infiltrations d’un côté comme de l’autre, on nage parfois dans le 24 heures chrono ou le sleeper cell. Mais là où ces séries télévisées font de la fiction, Gordon Thomas parle lui de la réalité. En terme de recherche scientifique, le livre n’a bien sûr aucune crédibilité puisqu’il ne repose sur aucune source ou archive accessible et disponible. Par définition, l’auteur révèle ce qu’on a bien voulu lui confier, sans citer ni sources ni noms si ces personnes sont encore en exercice ou ne lui ont pas permis de les citer. C’est donc un pur travail de type journalistique avec tous les défauts qui y sont attachés. Gordon Thomas livre parfois au lecteur des faits qu’il n’a pas pu recouper mais il les donne néanmoins et fait ainsi sensation. On ne sait pas bien qui a tué Lady Diana mais on comprend que la CIA conserve des cassettes qu’elle refuse de donner au richissime Al Fayed, pour raisons de sécurité nationale. On sait aussi que le Mossad s’intéresse de près à l’affaire. On doit faire confiance à l’auteur et à ces indics. Il précise lui-même à chaque fois qu’il a eu une copie d’un document devant les yeux, mais celui-ci étant secret on ne lira aucune note de bas de page. Thomas nous dit qu’il n’a pas connaissance qu’on lui ait déjà menti et il répète qu’on lui demande simplement de relater les faits tels qu’ils se sont déroulés. Mais parce qu’il n’a qu’une version des choses en main, qu’il ne peut rien vérifier réellement par lui-même, il se peut aussi que la moitié de ce qu’il raconte soit faux. C’est possible.

Le livre a aussi le défaut d’une écriture journalistique un peu trop collée aux simples faits, qui manque d’enjolivement, qui correspond trop souvent à des livres écrits par des journalistes. C’est-à-dire parfois peu plaisants à la lecture, trop bruts, trop peu littéraires. Mais on s’amuse et s’inquiète aussi en voyageant à travers le monde et les différents instituts de renseignement : pas seulement le Mossad, mais aussi bien sûr la CIA et le FBI, le MI-6 et le MI-5, la DST et la DGSE (les services secrets français) ou encore le CSIS, le Shin beth (les services de sécurité intérieure israéliens) et occasionnellement les services secrets allemand, italien, espagnol, etc. On se familiarise aussi avec les unités spéciales du Mossad : les kidons (l’unité de tueurs), les Yahalomin (ceux qui écoutent les conversations enregistrées secrètement) ou les katsas (ceux qui observent et renseignent d’un peu partout). On parcourt aussi les différents points de tension dans le monde : Irak, Afghanistan, Irlande, Corée du Nord, Pakistan et Inde au Cachemire et le Moyen-Orient bien entendu. C’est en fait un livre intéressant du point de vue géopolitique, même s’il ne contient pas la rigueur qui doit être celle d’un universitaire. On s’incruste dans les réunions de défense israélienne, dans les exercices-fiction mis au point par le Pentagone, dans les milieux terroristes à la recherche d’armes chimiques, biologiques, de bombes sales et de virus. Malgré un vocabulaire qui n’est pas toujours des plus scientifiques, Gordon Thomas peut aussi par son livre, espérer réveiller quelques naïfs, adeptes du « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Les menaces existent et il nous le fait bien comprendre, le renseignement et la lutte contre le terrorisme notamment coûte aussi très cher, c’est également un élément important. Les terroristes n’ont aussi ni pitié, ni bon sentiment. Leur lutte n’est pas révolutionnaire dans le bon sens du terme, elle est des plus réactionnaires, racistes et antisémites. C’est pourquoi les espions doivent exercer aux quatre coins du monde, avec des indics qui se paient chers et des opérations qui se préparent longuement.

 

Bref, au passionné des livres d’espionnage (ce que je ne suis pas), ce livre sera peut-être incontournable, aux autres il sera peut-être distrayant. Enfin à ceux que les histoires d’espions emballent peu, aucun doute qu’il sera ennuyeux.

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