Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 17:47

Frédéric Beigbeder, L’amour dure trois ans, Paris : Gallimard, 2008, [2001 ; Grasset, 1997], 194 pp.

 

  Frédéric Beigbeder. L'Amour dure trois ans

L’amour dure trois ans est la troisième partie qui clôt la trilogie de Marc Marronnier, une sorte d’alter-ego de Frédéric Beigbeder. Un personnage type bourgeoisie des bars, coke, littérature, divorce, tromperie. Marc Marronnier est presque une caricature des milieux de petite bourgeoisie des soirées parisiennes, un peu snob. Comme Beigbeder il est concepteur de publicité et écrivain. Comme lui aussi il fut marié une première fois, puis, dit-il, retombe amoureux d’une seconde femme et partage sa vie. Diane de Mac Mahon, la première femme de Begbeider est simplement appelée Anne, et Delphine Vallette devient Alice. Marc divorce d’Anne et tombe amoureux d’Alice à l’enterrement de sa grand-mère. Begbeider est un pur Sciences Po et termine ses études avec un DESS en marketing-publicité au Celsa. Un mélange de ‘Science politicard’ et de ‘Celsaire’, si je puis dire. Marc est comme lui, un pur produit de ces écoles (que justement je connais aussi). Il tente de nous démontrer que l’amour dure trois ans. La première année on est fou amoureux, la deuxième on se lasse, la troisième on en peut plus, pour résumer. Et on divorce ou on se sépare.

Il nous raconte ses passions, ses tentations, le pourquoi du comment de tout cela et un peu de théories bidon sorties tout droit d’un magazine people, de Voici, VSD, Elle ou Paris Match. Beigbeder a, il se trouve, écrit pour tous ces magazines. Il mène à la fois une vie d’écrivain, de chroniqueur pour magazine pour femmes et de critique littéraire grand public. C’est surtout aussi un mondain. Tout ceci se lit dans son écriture. Ca n’est pas de la grande littérature, c’est sûr. Le livre ne restera pas dans les annales des grandes œuvres tel un chef d’œuvre. Néanmoins sous ses allures mondaines Beigbeder plaît au moins à quelques-uns. Il remporte même cette année en 2009 le prix Renaudot pour Un roman français. Pour notre personne, le livre reste amusant, plaisant et très particulier. Rien que le titre est particulier comme le sont ceux d’autres livres de Beigbeder, comme 99 francs, aujourd’hui adapté en 14,99 euro. Pourquoi pas ?

En outre certains passages sont franchement drôles. D’autres sont assez sensuels. D’autres encore franchement dégueulasses. La scène où il nous fait part de sa diarrhée suivi de son vomi m’a un peu dégouté, au sens propre. Marc Marronnier, alias Beigbeder nous parle directement, il mélange les personnages à sa vie, à ses sorties en boîte, au restaurant, sur son Vespa. A près de douze ans d’écart, on voit une ressemblance entre Marronnier et Helmut Fritz, le chanteur de Ca m’énerve. On perçoit le même type de parodie, de description d’un stéréotype. Marronnier-Beigbeder par exemple nous parle du roman qu’il est en train d’écrire, celui qu’on lit, il nous raconte ce qu’il aurait préféré écrire, ce qu’il écrira, ce qu’il a écrit. Il y a comme une communication directe entre le personnage, qui n’en est plus un, et le lecteur. Un style pour le moins original. En général les chapitres ne font que quelques pages et multiplient les anglicismes, les ‘phrases chocs’, les citations tantôt littéraires tantôt télévisuelles ou cinématographique (type Drôles de dames ou Hélène et les garçons, voire Les Inconnus— c’est déjà mieux—), les grossièretés, un peu d’argot et pas mal de filles. D’après les dires de l’auteur, elles seraient toutes belles et bien roulées, il nous les décrit comme telles en tout cas. C’est plaisant mais curieux. Certains propos sont plus que sensuels, au moins érotiques si ce n’est carrément pornographiques. Je laisse le soin à celui ou celle qui s’y intéresse de lire le livre. Ce livre est plaisant comme une farce, un sketch, une connerie… quelqu’un qui vous raconterait ses plus gros délires en mélangeant roman, autobiographie, blagues, vagues réflexions, petite histoire et pensées cachées. Il reste toutefois une réflexion sur l’amour, sa durée … comment l’entretenir, est-ce possible ? Souhaitable ? Etc. Le thème est un classique. Ce sont la forme, la tournure, les propos qui amusent, choquent un peu, divertissent aussi. Mais tout le monde n’y trouvera pas chaussure à son pied. A vous de choisir si cette littérature moderne — assez courante néanmoins — avec une pointe de bizarrerie vous emballe ou non.

Partager cet article

Repost 0
Published by MU - dans Lectures
commenter cet article

commentaires

L'an prochain à Tel Aviv

L'an prochain à Tel Aviv

Mon premier Roman

En vente ici

Format

Recherche

Nuage de tags

L'an prochain à Tel Aviv

Achetez en ligne mon premier roman

Format