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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 18:15

Christian Bobin, Geai, Saint Amand : Folio, 1998

 

Christian-Bobin.-Geai.jpg

 

Christian Bobin est un auteur plutôt discret du monde littéraire. Cet « amoureux du silence et des roses » tel qu’il se décrit semble transmettre son retrait à son œuvre. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages c’est un écrivain essayiste, diariste et surtout poète. Le style de Geai en témoigne. Ce tout petit livre de 112 pages, très rapide à lire est à la mi-chemin entre le roman et la poésie en prose. C’est un roman certes, mais écrit d’une façon presque poétique. Les mots ne sont pas d’une grande complexité mais tout se fait dans la phrase, souvent courte, répétant souvent une partie d’une autre phrase, et très imagée.

 

Le livre aurait pu s’appeler Albain plutôt que Geai. Albain est un petit garçon qui grandit au cours de l’histoire et qui reste attaché à Geai, une jeune fille « morte depuis deux mille trois cent quarante deux jours » lorsqu’il la croise pour la première fois sous la glace du lac de Saint Sixte, en Isère tout près de son village. Une jeune fille qui lui sourit, avec qui Christian-Bobin.jpgil bavarde et noie sa solitude, mais qu’il est le seul à voir. Christian Bobin était parait-il solitaire et rêveur dans sa jeunesse, tel est aussi son personnage. Ce dernier vit dans son propre monde, son violon à la main, plein d’amour pour les autres et pour Geai, à ses côtés. Albain vit en dehors du monde qu’il ne comprend pas et ne veut pas réellement comprendre. Il vit du sourire de Geai, de la beauté des meubles, des animaux et parfois de certaines femmes qu’il observe, rencontre et qui prennent la place symbolique de Geai. Albain n’est sûrement pas un génie nous dit Bobin, on ne sait pas vraiment non plus si c’est un idiot ajoute-t-il.

 

Très littéraire, poétique, envoûtant, reposant, apaisé, épuré, limpide, ce livre est évidemment celui d’une expression incarnée dans un personnage. On ne sait pas exactement quel sens il faut lui donner. On le lit facilement, on le suit, on l’apprécie, on en devine une partie, on imagine, mais difficile de savoir si l’auteur entend faire passer un message particulier. Et si oui, lequel ? Ce sont surtout des petits moments de vie qu’il nous fait lire, découvrir, partager, aimer. L’auteur est connu pour porter dans sa littérature une foi catholique, c’est un livre consacré à François d’Assise qui le fait vraiment connaître. Alors faut-il voir dans Geai une réflexion de type religieuse ? Sans doute pas, si ce n’est l’idée du repos de l’âme : celui de Geai dans le royaume des morts, celui d’Albain dans son existence calme et paisible.

 

A lire pour se détendre et se relaxer.

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Published by MU - dans Lectures
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