12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 13:22

Cette lecture est classée dossiers car elle provient d'une plus large réflexion effectuée en cadre universitaire.

Il s'agit d'une longue fiche de lecture analysant les composantes philosophiques et politiques du livre.

 

Taylor (Charles), Le malaise de la modernité, Paris : Editions du Cerf, 2005 [1992], traduit de l’anglais par Charlotte Melançon

 

 

 Charles-Taylor.-Le-malaise-de-la-modernite.gif

 

 

Charles Taylor. Philosophe canadienNé le 5 octobre 1931, Charles Taylor est philosophe et politologue québécois et professeur au collège Massey de l’université de Toronto et à l’université McGill à Montréal où il enseigne la philosophie et la science politique. Il prend également aujourd’hui une part de plus en plus active dans le monde politique québécois. Sa réflexion philosophique et politique traite des problèmes d’identité et d’intégration ethnique et culturelle au sein d’un espace libéral pluraliste. On peut résumer les principes généraux de sa pensée de la façon suivante.

Selon lui l’idéal moral est lié à l’histoire et aux évolutions culturelles. Il s’accomplit dans la recherche d’une « authenticité » (histoire, traditions, culture) dont les sources sont celles du sentiment moderne d’identité personnelle où « chacun de nous est sa propre mesure ». Il y a deux types de revendications humaines qu’il s’agit de concilier : l’une est celle de l’appartenance à la communauté humaine dans son ensemble, et l’autre est celle de la reconnaissance de la différence, de l’individualité, et de la dignité de la personne au sein de la communauté.

Il affirme que la formation de l’individu se fait dans un rapport à l’autre. Les sources du moi ne peuvent être situées dans le moi lui-même : on ne peut devenir un « moi » sans référence à ce qui nous entoure. Il ne peut y avoir d’« identité » en dehors de tout cadre extérieur à soi et de toutes dimensions communicationnelles.

C’est à la suite d’un cycle de conférences diffusées sur Radio Canada au début des années 1990 qu’il donne naissance à un projet de réflexion, publié en 1992 sous le titre Le malaise de la modernité.

Auteur de Sources of the self, philosophe de la modernité et de la formation de l’identité moderne, figure majeure de la philosophie contemporaine, il entreprend ici une analyse des malaises de la  modernité dont il en détache trois : l’individualisme, le « désenchantement du monde » ou la « raison instrumentale » et l’aspect et les conséquences macropolitiques qui découlent des deux premiers. En dix chapitres réunis dans un court essai, le philosophe entend dégager la nature de ces malaises ainsi que leur origine, mais aussi en proposer une esquisse de solution, au moins théorique. En fait après un premier chapitre où il restitue sa vision des trois malaises, c’est surtout au premier qu’il se consacre, reléguant l’étude des deux autres, respectivement aux deux derniers chapitres. Par là même il souligne la plus grande importance du premier et peut-être aussi la plus grande difficulté de le dépasser. En effet la question de l’individualisme moderne dont il développe les différents aspects, est plus au cœur des débats, nous y attachons nous-même la plus grande partie de notre étude.

Dans cette œuvre Charles Taylor s’interroge profondément sur la réalité des phénomènes désignés comme malaises et quant à leur rapport à un idéal moral ! C’est à partir de cette étude qu’il propose son point de vue pour progresser dans la modernité, condamnant le fatalisme et le pessimisme culturel.

Ainsi avons-nous pensé aborder avant tout la question dite de l’authenticité, pour ensuite évoquer son approche de « l’expression du soi » et de sa dérive individualiste et enfin terminer en restituant les solutions proposées par l’auteur pour sortir de la simple dénonciation des malaises de la modernité. A chaque fois nous avons essayé de relier sa réflexion philosophique avec celles d’autres auteurs, cités par Charles Taylor ou connus de nous.

 

 

 

         I. Charles Taylor et la question de l’authenticité.

                   A. Le relativisme « doux ».

La réflexion de Charles Taylor part d’une observation du comportement des étudiants sur les campus, comportement auquel il s’oppose avant tout, celui de la culture de l’authenticité, du libéralisme de la neutralité, où la société libérale doit être totalement neutre sur les questions qui concernent la nature d’une bonne vie. Ce relativisme, dont se rapprochent selon Taylor des penseurs américains comme Dworkin ou Kymlicka, s’assimile à une domination du subjectivisme, à une opposition à la « biologie métaphysique » d’Aristote, écartant les idéaux moraux de toute action, à l’image des sciences sociales qui cherchent les raisons qui font agir les gens sans établir de liens avec la morale. Taylor rappelle que nombre de penseurs américains tels que Allan Bloom dans L’Âme désarmée ou Daniel Bell dans The Cultural Contradictions of capitalism — par ailleurs auteur du très célèbre ouvrage La fin des idéologies — ont d’ores et déjà dénoncé ces pratiques de vie, cette philosophie, y voyant une forme d’amoralisme nitszchéen. En France on peut trouver cette dénonciation dans La défaite de la pensée d’Alain Finkielkraut, publié en 1989 où ce dernier démontre la survie de la pensée romantique allemande de Herder à l’UNESCO par l’intermédiaire de l’anthropologie structuraliste de Lévi-Strauss, posant toutes les cultures à égalité. Ces auteurs tiennent à réhabiliter l’existence de la morale, celle du droit naturel exprimé aujourd’hui dans les droits de l’homme et Charles Taylor, lui aussi, est un défenseur de la morale. Pour autant ce dernier s’oppose aux auteurs nord américains précités, ainsi qu’à Christopher Lasch ou à Gilles Lipovetsky, auteur de L’ère du vide, car selon lui ils se laissent porter par un pessimisme extrémiste et improductif, faisant figure finalement de simples conservateurs ou néo-conservateurs dans la lignée de Léo Strauss. Pour le philosophe de Toronto, s’il en condamne les dérives, pour autant l’authenticité n’est pas un amoralisme.

 

                        B. L’authenticité comme forme de morale en soi.

 

Dans son dernier ouvrage, Nous autres modernes, issu d’un cours donné à polytechnique, le philosophe français Finkielkraut réhabilite les formes de spiritualité, de recherche du beau pour le dire simplement délaissées par l’excès de rationalité. Charles Taylor choisit une autre voie : selon lui, le relativisme nommé l’authenticité est un « idéal moral » en soi. Il tente de démontrer que les principes qui en sont à l’origine ont été détournés, mais au fond le concept repose sur un idéal valable dont on peut discuter rationnellement les idéaux et la conformité des pratiques à ces idéaux et dont la  discussion peut être bénéfique. Car d’après Taylor, si le choix subjectif et individuel est valorisé dans l’authenticité, ce choix ne peut se faire qu’en fonction d’idéaux intrinsèques, l’idéal de la morale n’est en réalité pas exclu de l’authenticité. L’auteur passe l’essentiel de l’ouvrage à tenter de le démontrer, le reprenant presque à chaque chapitre sous différentes formes. Pourtant on pourrait y voir deux idéaux plutôt qu’un, celui de la tolérance sans limite d’abord envers les autres et l’idéal moral dont parle Taylor qu’on s’applique à soi-même, sans même en avoir conscience. Toutefois sur ce dernier point, Taylor ne fait-il pas trop confiance aux personnes ? Pourquoi l’idéal moral que les populations  s’appliqueraient serait nécessairement en accord avec la morale conventionnelle ? L’histoire a démontré à de nombreuses reprises que certains pouvaient fonder une autre morale : le nazisme n’en est que l’exemple le plus parachevé, s’appuyant sur la science ; si on a pu dire qu’un tel régime ne connaissait ni bien ni mal et c’est sans doute vrai à court terme, pour autant être nazi et s’adonner à l’extermination des juifs par exemple relevait du bien absolu, de la finalité du monde ; on voit là qu’un idéal moral indéterminé n’est pas nécessairement recommandable. Peut-être Taylor nous répondrait que si aucune institution ne vient parachever le développement et l’expansion dans les esprits d’une telle fausse morale, celle-ci serait dans l’impossibilité de se développer ; c’est son avis mais c’est loin d’être sûr, on peut tout à fait imaginer que livrées à elles-mêmes, des populations en viendraient à des pratiques et des idéaux très éloignés de la morale Taylorienne qui reste celle des droits de l’homme et du droit naturel. Après tout, la Bible déjà, par l’épisode de Sodome et Gomorrhe met en garde contre les excès du libre-arbitre. Mais pour le philosophe de l’identité moderne, ces dérives ne sont que le fait de confusions entre « l’amour de soi » et la « liberté autodéterminée » réunies sous le concept d’authenticité.

 

 

            II. L’expression du soi ou l’individualisme.

                   A. Le caractère dialogique du soi propre.

Si on attribue généralement au romantisme allemand et à Herder son inspirateur les caractéristiques du relativisme moral et culturel, Charles Taylor remonte à Jean-Jacques Rousseau à qui il attribue la théorisation de la domination du subjectivisme. En effet l’auteur des Rêveries du promeneur solitaire distingue « l’amour propre » ou « l’orgueil » qui constituent le regard sur les autres et par rapport aux autres et « l’amour de soi », le regard qu’on porte sur soi-même. Ce dernier étant le plus important, celui qui permet de se révéler selon le philosophe des lumières, le seul peut-être qui préférait l’état de nature à la Civilisation. Selon le professeur de Toronto, Rousseau ouvre ainsi la voie à la « culture du narcissisme », à l’idéal ou à la recherche d’épanouissement à l’intérieur de son propre être. Non sens répond Taylor, cet idéal est au contraire parcouru de tensions, « les choses n’ont pas de signification en elles-mêmes mais parce que les gens leur en attribuent une », se « définir consiste [en revanche] à chercher ce qui est significatif dans [sa] différence avec les autres ». L’auteur laisse donc une place fondamentale au dialogue, au langage, à la parole dans le caractère général de l’existence humaine. En ce sens il se situe dans la lignée de Wittgenstein et de la métaphore de Robinson Crusoé, le langage est un phénomène social, l’homme lui-même est un être social, un « animal  politique » aurait dit Aristote. Charles Taylor se fait à nouveau défenseur d’une pensée aristotélicienne, contre Rousseau. Historiquement on connaît le cas d’individus ayant voulu s’accomplir en se trouvant eux-mêmes dans la solitude, c’est le cas bien avant Rousseau chez les premiers moines catholiques au IVe siècle voulant reproduire le mode de vie du Christ, on peut aussi retrouver ce type de pratiques dans des philosophies bouddhistes par exemple. Leur échec relatif, dû aux conditions très difficiles d’une telle vie signifie-t-il pour autant qu’on ne peut s’accomplir simplement par soi-même ? N’ayant pas accès à ces formes de spiritualité, nous n’en savons rien, Charles Taylor non plus d’ailleurs, mais il est convaincu avec George Herbert Mead, sociologue américain des années 30 que ce sont « les autres qui comptent ». L’auteur de Sources of the self critique également les dérapages nihilistes et néonitszchéens de ce narcissisme qu’on peut trouver chez Derrida ou Michel Foucault et sa philosophie de l’esthétique, allant jusqu’à déconstruire l’idéal de l’authenticité et le concept du moi. Il évoque encore le cas de l’art contemporain, d’une création « expressiviste » devenant un paradigme de la définition de soi fondée sur la sincérité envers soi et la justice intersubjective. C’est aussi par cette expression de soi qu’on approche les excès de l’individualisme.

 

                        B. L’individualisme et la liberté autodéterminée.

 

 En plus de « l’amour propre » et de « l’amour de soi », Rousseau définit la « liberté autodéterminée », liberté positive qui consiste à s’autoriser tout sans prendre en compte les libertés conventionnelles. On est au cœur de l’excès individualiste qu’on a trop longtemps confondu avec l’authenticité. Alors pour reprendre l’exemple de l’art, l’authenticité c’est l’originalité dans l’expression de son œuvre, de soi, c’est donc la révolte contre les conventions et par là même contre la morale normative, provoquant la violence contre l’éthique bourgeoise. Ce point est à notre sens fondamental, peu importe qu’il s’agisse de l’authenticité ou de ce qu’on y a attaché par erreur, la liberté autodéterminée, l’excès d’individualisme est sans doute à notre sens, pas la seule mais l’une des causes d’explication du malaise de la modernité. Mais soyons clair, l’individualisme exacerbé, la conviction que l’on peut tout faire, sans souci envers les conventions établies, soit les lois de notre société peut être à l’origine de maintes dérives de nos sociétés contemporaines. Les conventions, les lois, l’Etat, voire pour certains notre forme de société n’ont plus lieu d’être, la liberté autodéterminée, perçue comme la liberté elle-même nous autorisent à tout faire, ou presque. Il devient presque banal aujourd’hui de relever les cas où nombre réfléchissent ainsi : violences urbaines, délinquance, non respect de la loi Evin dans le métro ou dans les centres commerciaux par exemple, si personne ne nous punit — c’est à dire rétabli un rapport de force — alors pourquoi ne pas faire ce que l’on veut. Il est évident que ce type de pensée nous paraît très dangereux, Charles Taylor n’en dit pas moins. Par ailleurs l’auteur souligne à cet égard le risque entraîné en la matière par le développement de la démocratie et que Tocqueville — dont nombre de penseurs en font le prophète de la démocratie — avait déjà prédit. Il s’agit en effet de la reconnaissance égalitaire en démocratie. Tocqueville parlait de la démocratie en terme d’élan égalitaire, après l’égalité entre les hommes, nous avons reconnu l’égalité entre les sexes, mais aujourd’hui c’est l’égalité entre les cultures et les façons d’agir qui est revendiquée par maints groupes d’intérêts ou associations. A juste titre l’auteur précise qu’il s’agit bien plus que d’une reconnaissance judiciaire et que le refus de reconnaissance est bien souvent perçu comme une forme d’oppression. Toutefois il reste qu’en parlant d’ « atomisme social » pour dénoncer l’excès d’individualisme, à l’inverse de Rousseau mais aussi de Hayek, on ne sait pas trop quelle place faire chez l’auteur à l’organisation par groupes d’intérêts, associations et lobbys.

 

 

            III. Quelles solutions pour Charles Taylor ?

                   A. Le problème de l’éparpillement.

En philosophe plus que politologue, il nous a semblé que l’auteur a su dénoncer les difficultés politiques entraînées par ces dérives de la pensée, mais qu’il s’est plus attaché à en trouver des solutions philosophiques, des solutions morales que politiques. En ce sens il est critiquable. En effet au-delà des excès individuels, l’auteur a traduit ces effets justement au niveau intermédiaire, celui des associations, lobbys, groupes d’intérêts, partis politiques … Selon lui, les démocraties modernes connaissent une véritable difficulté face à l’éparpillement des volontés politiques. Aucun programme politique conséquent, amenant une rupture radicale n’est possible aujourd’hui car on doit négocier avec trop de groupes divergents et il est impossible de réunir une large majorité autour d’un projet commun, qui plus est à long terme. On pourrait répondre au philosophe que des systèmes électoraux de répartition du pouvoir, système majoritaire par exemple, favorisent l’efficacité d’un gouvernement. Après tout le reproche de Charles Taylor n’a-t-il pas été pris en compte pendant tout le XXe siècle, avec le renforcement de l’exécutif partout en Europe et aux Etats-Unis, en France dès les décrets-lois de la IVe République, aux Etats-Unis avec la présidentialisation du régime, ou en Grande Bretagne encore surtout grâce au système majoritaire à un seul tour, pratiqué depuis bien longtemps. On pourrait ajouter qu’en certains domaines, c’est le contraire que certains reprochent aux démocraties libérales : le fait que gauche comme droite pratiquent la même politique décidée par les instances économiques, ainsi c’est l’accord commun sur une politique libérale qui empêche le changement et l’amélioration. Par ailleurs le projet de regroupement autour d’une politique, le fait de limiter les oppositions d’intérêt ne fait-il pas courir un risque de pensée unique à une démocratie plurielle ? Ceci dit le mouvement décrit de renforcement exécutif répond aussi de façon pragmatique aux difficultés engendrées par la multiplication des groupes et lobbys desquels l’accord est préférable. Taylor a sans doute ici le mérite de souligner une difficulté moderne conséquente.

Quoiqu’il en soit les difficultés politiques évoquées par Charles Taylor renvoient à un malaise de la modernité, quelqu’en soit l’explication qu’on lui trouve. Nous l’avons dit, il ne propose pas vraiment de solutions politiques, au regret de tous, mais il accompagne son discours de considérations philosophiques et morales.

 

 

                        B. La morale surpasse la rationalité.

 

Dans le chapitre 9 de l’ouvrage, l’avant dernier, Charles Taylor revient sur la question de la « rationalité instrumentale », le second malaise, celui de la « raison désengagée » de Descartes. A la différence du penseur néo-libéral Friedrich Hayek qui condamne « l’illusion constructiviste » de la raison mais admire le fonctionnement du marché comme « ordre spontané », Taylor lui, insiste sur l’exigence de rationalité, de calcul rationnel du marché et de la bureaucratie moderne. A ce propos, il ne pense pas que la logique du marché soit une fatalité, et comme il l’a fait pour l’authenticité, en montrant que cette façon d’être relevait d’un idéal moral, il estime qu’il en est de même quant à la rationalité, idéal attaché à l’amélioration de la vie quotidienne et attaché à ses propres fondements que la recherche de domination trahit trop souvent. Ainsi le philosophe de l’identité moderne met à chaque fois en avant l’idéal moral « dans sa plus haute forme » afin de corriger nos comportements, sans pessimisme culturel ni optimisme aveugle. Dans un autre chapitre il distingue encore la « manière » touchée par le processus de subjectivation et la « matière » qui doit lui échapper. Ainsi en matière d’écologie nous avons des « devoirs envers la nature et le monde » qui nous invitent à la modération et qui surpassent toutes les logiques individuelles ou ultra rationnelles. C’est un combat incessant d’équilibre politique qu’il traduit par l’expression italienne « la lotta continua ». Comme solution aux malaises de la modernité Charles Taylor répond comme d’autres auteurs par une revalorisation d’une morale de vie, mais pour l’atteindre, car c’est possible selon lui, il faut passer par des façons d’être, par des pratiques qui existent déjà, et dont il faut plus simplement rappeler le sens, l’origine et le fondement, tel que nous l’avons vu avec l’individualisme et la rationalité.

 

 

 

 

 

 

 

 

            C’est bien par une note finalement très optimiste que finit Charles Taylor, mais dont on a vu qu’elle ne repose que sur des principes philosophiques et pas réellement sur des pratiques politiques. L’ouvrage permet philosophiquement de relativiser la relativisation de certaines pensées et à maints égards est novateur, rien d’étonnant que l’auteur marque la scène philosophique depuis une trentaine d’années. Mais à l’image d’autres ouvrages de théorie, celui-ci peut nous faire comprendre vers où il faut aller mais ne nous dit pas précisément comment, et cela reste selon nous sa principale limite, au-delà de toutes les remarques ou critiques que nous avons tentées de lui faire. Remarquons également que les trois malaises évoqués au cours de l’ouvrage sont finalement reliés entre eux, prendre conscience de l’un fait prendre conscience des autres et l’idéal moral qui selon Taylor est le point de départ pour trouver une solution vaut aussi bien pour l’un que pour l’autre.

Par ailleurs, rappelons aussi que Charles Taylor croit comme Jacques Maritain dans les années 30-40 avec le « christianisme profane » ou comme Robert Musil dans les années 50 qu’une nouvelle éthique de vie peut aider à évoluer à l’intérieur même de la modernité. Or cette éthique il la voit survivre et persister grâce au phénomène du multiculturalisme, d’ailleurs reconnu par la constitution du Canada, car ces groupes culturels pourraient être un moyen de lutter contre l’individualisme outrancier et de maintenir un idéal moral.

 

Le philosophe exprime ce point de vue dans son ouvrage Multiculturalisme.

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Published by MU - dans Dossiers
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