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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 21:13

Beaucoup s’y attendaient, on savait qu’il y en aurait, et pourtant … pour une fois on aurait pu les oublier, c’était presque fait. Mais non ! En petite dose, mais en dose quand même.

Egypte.jpgAu milieu des nombreuses manifestations en Egypte contre le pouvoir de Moubarak, se sont faufilés quelques discours anti-américains et anti-israéliens. Un article de Mélanie Lidman de l’édition Lite du Jerusalem Post récoltait l’analyse politique de quelques manifestants : « Les Etats-Unis ne supportent pas la démocratie ; ils supportent Israël, qui est comme leur bébé […] Est-ce qu’Israël nous laissera avoir un vrai président ? Comme par exemple en Turquie où ils ont élu un gouvernement islamique, mais c’était leur choix. »

Un discours pas très encourageant. Surtout lorsqu’il est accompagné par des manifestations anti-israéliennes avec brûlé de drapeau. Pas très encourageant à plusieurs niveaux. D’abord parce qu’il tend à accuser les autres, toujours eux, de la situation intérieure d’un pays. Faible autocritique en somme. Ensuite parce qu’il inverse les rôles et qu’il prête aux Américains et aux Israéliens des capacités qu’ils n’ont pas. Moubarak, successeur de Sadate, successeur de Nasser (qui n’était ami ni des Américains ni d’Israël), n’a pas été mis en place par les Américains, ni par Israël. Certes les Américains ont soutenu le pouvoir égyptien, faute de mieux, mais ne l’ont pas mis en place. Et il semble plutôt de mauvaise foi de reprocher aux Américains, comme à Israël, comme à l’Occident (ce fut le cas pour la France avec la Tunisie) de préférer un pouvoir, certes mauvais, lorsqu’il s’agit d’en éviter un autre, pire que le premier. Sauf à remettre en cause toute relation avec des dictatures, ce qui serait une position autrement plus courageuse, mais que personne n’applique. Si les Egyptiens veulent la démocratie, on leur dira bienvenue au club, mais on les attend encore. De telles accusations oublient aussi, qu’Israël et les Etats-Unis ne sont pas une même entité, il n’y a pas de petit et de grand frère comme on l’entend trop souvent. En pressant le départ de Moubarak et en indiquant souhaiter la participation des frères musulmans dans le prochain gouvernement égyptien (comme l’a fait comprendre Obama aujourd’hui), les Américains ne sont pas vraiment sur la ligne israélienne. Une ligne en outre, qui se réduit à manifester sa peur de voir un pouvoir islamiste, encore un autre, à ses portes. Plutôt compréhensible. Enfin et c’est le dernier point, les partisans des islamistes ne semblent pas vraiment comprendre ce qu’est la démocratie. Un pouvoir démocratique ne consiste pas seulement à un vote libre. La démocratie n’est pas le vote. Elle n’est pas seulement le pouvoir de la majorité, elle est aussi le respect de la minorité et d’un certain nombre de valeurs démocratiques. Le problème avec un pouvoir islamiste, même élu démocratiquement, est qu’il tue la démocratie dans l’œuf, par le non-respect des valeurs démocratiques.

TunisieLes choses sont donc un peu plus complexes en politique et en géopolitique. Mais ne vous fatiguez pas, c’est toujours la faute aux Juifs et à leur grand pote du moment, les Américains. Une vision sans doute partagée par ceux qui, en Tunisie, s’en sont pris hier à un oratoire servant de synagogue et à ses rouleaux de Thora. L’excuse avancée cette fois, est la complaisance dont jouissaient les Juifs sous Ben Ali. Quel culot lorsqu’on sait que la Tunisie a presque été totalement vidée de son ancienne grande communauté depuis 1956 et que, réduite à quelques centaines de personnes, elle était toujours soumise au statut de dhimmi appliqué aux Juifs et aux chrétiens par la loi islamique (voir sur ce point notre article sur Bat Ye’Or, L’Europe et le spectre du califat). La Tunisie n’est pas vide d’antisémites, ni l’Egypte ; ceux qui ont connu l’invasion nazie s’en rappellent, tout comme ils se souviennent de 56 et de l’arabisation du pays qui a mené au départ de communautés qui y vivaient depuis 2000 ans, bien avant les invasions arabes. Ils n’oublient pas non plus les attentats de Djerba ou le quasi-effacement de la culture juive tunisienne à l’intérieur du pays.

Les questions de droits politiques faits aux minorités ne sont toujours pas résolues, ni en Tunisie ni en Egypte, on le sait. Si au moins on pouvait oublier un peu les Juifs et Israël. A en croire les dernières déclarations d’un leader des Frères musulmans appelant à remettre en cause les accords de paix avec Israël, ce n’est pas encore gagné.

 

A suivre une analyse plus globale des événements en Egypte et en Tunisie …

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Israël Infos 08/02/2011 14:49



TUNISIE - La synagogue de Gabès a bien été incendiée
par Gerard Fredj
Nous avions présenté les versions contradictoires concernant l'incendie d'un oratoire (ou d'une synagogue) à Gabès dans le sud tunisien dans nos précédentes éditions.
Après avoir annoncé l'incendie de la synagogue, le Président de la communauté juive de Djerba avait fait état de l'absence d'informations sur les faits, version confirmée par Roger Bismuth, le
Président des communautés juives de Tunisie.
Richard Prasquier, Président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) fait état d'informations reçues qui confirment la thèse de la destruction de la
synagogue.

Le CRIF précise :

Le communiqué que nous fait parvenir le président de la communauté juive de Gabès Azria Ghozlan confirme les informations qui avaient été publiées par la newsletter du CRIF.

Azria Ghozlan indique qu’il a été informé le lundi 31 janvier 2011 dans la soirée que le mausolée du Grand Rabbin Sayed Rebbi Yossef El Maarabi à El Hamma de Gabès, situé à 95 km de Djerba et 400
kilomètres de Tunis, a été vandalisé.

Les responsables de la communauté se sont rendus sur les lieux pour faire les vérifications nécessaires. Il apparait que les faits remontent au 13 janvier dernier. Ce jour-là à la suite du décès
d’un professeur franco-tunisien, de nombreux édifices publics à El Hamma avaient été pillés et détruits. Parmi eux, la mairie, la poste, les écoles et le siège du parti RCD.

En ce qui concerne la communauté juive, les locaux communs ainsi que le Hehal en bois et le Sefer Torah à l’intérieur de la synagogue ont été réduits en cendre.
La tombe en elle-même qui trône au milieu du site n’a pas été touchée.

Le 2 février 2011, le président Azria Ghozlan a pu accéder au site avec l’aide de l’armée. Il a mandaté l’avocat représentant les intérêts de la communauté juive de Gabès pour saisir le procureur
de la République d’une plainte afin de savoir s’il s’agit d’un acte de vandalisme ou d’une attaque antisémite.

Actuellement le site est gardé et sécurisé par l’armée tunisienne.



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