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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 17:41

 

Par Misha Uzan

Article écrit pour http://un-echo-israel.net et publié sur ce site le 19 octobre 2011.

 

 

Ilan-Grapel.jpgSelon le journal égyptien Al Haram, un accord aurait été conclu entre Israël et l'Egypte pour la libération d'Ilan Grapel, citoyen israélo-américain, arrêté en Egypte le 12 juin 2011 et accusé d'espionnage au profit d'Israël par le nouveau pouvoir égyptien. C'est ce qu'a annoncé la presse israélienne du 17 octobre 2011.

Dans la foulée de l'accord Shalit où un soldat israélien est libéré contre 1027 détenus des prisons israéliennes, Ilan Grapel, un civil, serait échangé contre 81 Egyptiens, soit la totalité des détenus égyptiens dans les prisons israéliennes.

Ilan Grapel avait été arrêté par les services de sécurité égyptiens et inculpé pour "espionnage et atteinte à la sécurité nationale » égyptienne. Selon les journaux égyptiens, le jeune israélo-américain avait été interpellé dans sa chambre d'hôtel en possession de plusieurs téléphones et d'un ordinateur portables. Les services égyptiens ont avancé que Grapel avait pris contact avec plusieurs égyptiens sur la place Tahrir, leur avoir posé des questions sur les militaires, sur les Frères musulmans et sur la place des Coptes en Egypte. Le jeune homme a été également accusé d'avoir menti sur sa demande de visa pour l'Egypte en inscrivant "musulman" dans la case religion et d'avoir cherché à pénétrer en Lybie sous une fausse identité.

 

La presse israélienne au mois de juin a jugé l'affaire ridicule. « Il n’est peut être pas très responsable, mais il n’appartient à aucun Mossad, à aucune agence » avait déclaré Avigdor Liberman, ministre israélien des Affaires étrangères. On lui a reproché en Israël, d'être irresponsable, mais en aucun cas un quelconque espion. Ilan Grapel aurait suivi les événements en Egypte à la fois pour une organisation américaine et son travail universitaire. Sa propre mère a indiqué : "quel espion aurait mis à jour sa fiche facebook?"[1]

Le dossier Grapel avait été rapidement transféré au consulat américain. Après l'annonce d'une libération rapide sous l'effet de la pression américaine, les choses se sont corsées. Selon le journal Al Ahram déjà, le consulat américain aurait substantiellement dit à Grapel : "Monsieur Grapel, vous êtes dans de sale draps". Depuis aucune pression n'y a rien fait, et Grapel est resté en prison.

Cet accord suit donc plusieurs mois de tension entre Israël, l'Egypte et la bande de Gaza : les terroristes qui ont pénétré depuis la frontière égyptienne au mois de juin et tué huit Israéliens, les attaques cet été à la roquette (un mort et de nombreux blessés), les attentats répétés contre le pipeline de gaz qui relie l'Egypte et Israël, la prise d'assaut de l'ambassade israélienne en Egypte … et les accords de ces derniers jours : pour la libération de Gilad Shalit, et les excuses présentées par Ehoud Barak pour la mort de six policiers égyptiens dans des échanges de tirs avec des soldats israéliens après l'infiltration des terroristes depuis le Sinaï au mois d'août.

1027 prisonniers jugés équitablement par la justice d'une démocratie contre 1 soldat enlevé, des excuses israéliennes sans réciproque égyptienne pour des faits plus graves, puis 81 prisonniers jugés eux aussi contre 1 civil non jugé pour des faits qui paraissent fort contestables, on peut s'interroger sur la stratégie du gouvernement Netanyahou, qui semble, d'un coup, s'aligner sur la critique de la gauche israélienne vis-à-vis de sa politique extérieure.

Réalisme politique tardif et réussites du gouvernement ou faiblesse de l'Etat d'Israël?

Reproduction autorisée avec les mentions suivantes et le lien vers cet article : © Misha Uzan pour http://un-echo-israel.net et http://mishauzan.com



[1] Les rebondissements de l'affaire Grapel peuvent être lus sur mon blog-notes (Le blog-notes du 14 juin 2011 )

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commentaires

MU 22/10/2011 15:28



Aux dernières nouvelles, il devrait être échanger contre 19 ou 28 prisonniers, au lieu des 81 prévus à l'origine



ZT 21/10/2011 19:30




Jean-Paul Chagnollaud est comme vous le savez sans doute, professeur de sciences politiques à l'université de Cergy-Pontoise , et spécialiste de la question palestinienne. Il est le rédacteur en
chef de la revue Confluences Méditerranée et directeur de la collection Comprendre le Moyen-Orient chez L'Harmattan.


Je viens de découvrir sur le Net son intervention du 20/9 dernier sur le sujet, sur la chaîne F24 ainsi que sur le Figaro ,une intervention pour le moins surprenante de la part d'un académicien
astreint en général à certains principes d'objectivités historiques.


J'ai donc décidé de lui envoyer par l'intermédiaire de F24 et du Figaro mes remarques ci jointes dans l'espoir de  recevoir sa réaction qui devrait être des plus intéressante.


 Z.T.


 


 


Dr Zvi Tenney
Ambassador of Israel (ret)
www.zvitenney.info


 


Le conflit palestino-israélien


Quelques repères  historiques pour mieux  comprendre


Par Zvi Tenney *


 


La présence du peuple d’Israël en Palestine, Terre de Canaan, remonte pour le moins à 1200 av. J-C et sa souveraineté sur cette Terre date de l’établissement du Royaume d’Israël en 1005 environ
av. J-C.


Pour ceux que le récit biblique laisse sceptiques, on rappellera que ce sont là des faits attestés par des vestiges archéologiques, tels, entre autres, que la stèle du Pharaon Méneptah datée de
1210 av. J-C., ou celle de Mesha, roi de Moab, datée de 830 av .J-C ,ou encore celle de Tell Dan datée du 9eme siècle av. J-C.


Dans tous ces témoignages archéologiques écrits, et dans bien d’autres autour des vestiges du Second Temple à Jérusalem,  il est fait mention, comme dans la Bible, d’Israël parmi les Etats
de cette région, avec ses rois et ses combats, pratiquant la même religion et parlant la même langue qu’aujourd’hui. 


 


La destruction du Premier Temple par les Babyloniens en 586 av. J-C. et celle du Second Temple par les Romains en l'an 70 de notre ère, ne mirent pas fin à la présence juive en Terre d'Israël.


Depuis, la reconquête du pays devint l'aspiration suprême du peuple juif dispersé. Le "retour à Sion” est resté le fervent souhait exprimé dans les prières  quotidiennes et à l’occasion de
toute célébration nationale ou même familiale (la formule de condoléances: “Puisse la reconstruction de Jérusalem t’apporter réconfort “  étant caractéristique de cet état d’esprit ).


 


Après l'invasion arabe, en 636, les juifs devinrent certes, pour la première fois, minorité dans leur propre pays. Mais au XVIIe siècle déjà, la population juive se renforça à la suite de
l'immigration provoquée par le faux messie Shabbtai Zvi, de sorte que dès 1868 les juifs constituaient la majorité de la population de Jérusalem.


 


Avec l'affaiblissement, puis l'effondrement de l'Empire ottoman, les perspectives de  “reconquête” de la Terre d'Israël devinrent concrètes. Les espoirs  frustrés de la période des
Lumières et l’aggravation de manifestations d'antisémitisme en Europe (l’affaire Dreyfus étant parmi la plus connue),  convainquirent de nombreux juifs et notamment Herzl, de la
nécessitéd’œuvrer activement pour le retour à Sion.


 


L'immigration juive en Terre d'Israël, qui s'intensifia dès 1881, contribua à un essor économique sans précédent. Cet essor attira une immigration arabe massive en provenance des autres provinces
de l'Empire ottoman.


Avant ces grands mouvements migratoires  de la fin du XIXe siècle, la Terre d'Israël, rebaptisée "Palestina”par l'Empereur romain Adrien après la révolte de Bar-Kochba   
(afin d’effacer toute trace du royaume de Judée prenant référence à la  présence des Philistins dans la région côtière des siècles auparavant),était quasiment dépeuplée.”Un désert parsemé de
quelques bourgades”, c’est là le témoignage de tous les archéologues, historiens et écrivains qui la visitèrent à l'époque.


 


Après la première guerre mondiale, le ProcheOrient qui était jusqu’alors sous l’emprise de  l’Empire ottoman fut découpé pour créer les pays que nous connaissons aujourd’hui (la Syrie ,le
Liban ,l’Irak ) .Pour ce qui était de la  Palestine, sur ses deux rives du Jourdain,  la Société des Nations (source de la légitimité internationale avant la création de l’ONU ), décida
en avril 1920,de la destiner à la création d’un Foyer National Juif “compte tenu des liens historiques du peuple juif avec la Palestine “.  Elle fut donc, à cette fin, confiée en Mandat à la
Grande  Bretagne qui devait mener à bien la mise en application de cette décision.


 


C’est alors que commencèrent les pressions du monde arabe pour torpiller ce projet : il était impensable pour ce monde arabo-musulman que “les Juifs puissent être souverains en Terre d’Islam” ,
et qui plus est, en référence à” leurs liens historiques à la Palestine“, liens que ce monde dénie purement et simplement .


Le Temple juif par exemple n’est qu’un “mythe” pour les Arabes. Le Coran en effet ne parle pas du Temple juif,  il l’assimile à la “Mosquée très éloignée” ( al-Aqsa ). La Mosquée du même
nom, construite quelques siècles après la destruction du Temple, en tient donc lieu et place puisque la seule nommée. Cette torsion, ce retournement du temps des événements bibliques sont
d’ailleurs fascinants pour tout lecteur non musulman  du Coran.


 


En 1922, à la suite de ces pressions politiques, les Arabes palestiniens se virent octroyer un Etat sur 80 % du territoire de la Palestine mandataire, toute la partie à l’Est du Jourdain qui pris
le nom de Jordanie. Le feu roi Hussein lui-même le répétait en toute occasion : "La Jordanie est la Palestine”.


Il ne restait donc pour l’établissement du Foyer National  Juif que la partie Ouest de la Palestine,  entre le Jourdain et la mer.


Mais les pressions politiques arabes ne cessèrent pas pour autant. Elles devaient s’accompagner désormais  d’actes de violences sanglants contre la population juive, le cas le plus tragique
étant le pogrom de 1929 contre la population juive de Hébron.


 


Décimés par la Shoah, les Juifs durent se résigner à une deuxième amputation de leur pays en 1947 : bien que le plan de partage de l'ONU ne leur attribuât que 10 % de la Palestine mandataire, ils
acceptèrent le compromis onusien. Mais constants dans leur refus de toute possibilité d’une souveraineté juive, les Arabes le rejetèrent et lancèrent une  attaque concertée pour 
détruire, le minuscule Etat juif qui venait de naître.


 


Sûres de leur victoire, les armées arabes sommèrent leurs frères palestiniens de quitter leurs maisons en attendant leur imminent et victorieux  retour. Ceux qui suivirent ce conseil
et  ceux qui fuirent  les combats menés par Israël pour sa survie, se groupèrent dans des camps de réfugiés dans les pays arabes voisins. Conscient de l’arme politique que constitue la
souffrance et la misère de ces réfugiés, le monde arabe s’est refusé à faire quoique ce soit pour améliorer leur sort.


Israël, pour sa part, a donné asile à des centaines de milliers de réfugiés juifs provenant de pays arabes.


 


A l’issue de cette guerre furent fixées les lignes de cesser le feu pour   l’Etat d’Israël, l'Egypte s'emparant de la bande de Gaza et la Jordanie de la  Judée et de la Samarie
rebaptisées Cisjordanie .Cette situation durera de 1948 à 1967 mais  aucun pays arabe n’accepta pour autant de faire la paix avec Israël. C'est d’ailleurs en 1964, trois ans avant la Guerre
des Six jours, que le Président égyptien, Nasser, créa l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) non pas pour libérer la “Cisjordanie” et la bande de Gaza (alors, comme précisé plus
haut, sous occupation jordanienne et égyptienne), mais pour raser



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