Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 14:13

  

Par Misha Uzan

 

Amélie Nothomb, Attentat, Paris : Albin Michel, 1997

 

 Amélie Nothomb. Attentat

Durant toute la lecture de ce petit roman agréable de 152 pages ― assez court et c'est une qualité ―, je me suis demandé pourquoi avoir choisi un tel titre. Je ne l'ai pas compris tout de suite en le finissant, mais seulement après une petite réflexion. Et encore… j'aurais peut-être deux explications, voire trois … aussi, sauf si j'ai manqué un indice déterminant, il me semble que le titre n'est pas tout à fait approprié, ou tiré par les cheveux.

Que l'intéressé le sache en tout cas, il ne s'agit pas d'attentat. C'est une histoire d'amour, un drame et une réflexion romanesque et littéraire sur un thème universel : la laideur et son contraire, la beauté. Epiphane Ottos est un personnage hideux, un Quasimodo moderne. C'est ainsi qu'il est né et depuis, rien n'a changé. Il sait qu'il est affreux, il vit avec. Trop laid pour avoir jamais connu une femme, il rencontre néanmoins Ethel, une jeune et belle actrice. Emue par sa hideur, amusée par son caractère, elle s'attache à lui et il devient "son meilleur ami", au grand regret du concerné. Mais Epiphane, devenu une star de la mode qui, par sa laideur, renvoie en miroir la beauté des mannequins ― c'est la fonction qui lui est établie ― ne trouve pas satisfaction auprès des tops model les plus belles du monde. Bien qu'elles parient à qui couchera en premier avec lui, Quasimodo reste fidèle à Ethel, en secret.

L'histoire est amusante, comme le sont les propos décalés du Quasimodo moderne, un personnage antipathique dans la vie, mais sympathique au lecteur. On lit avec intérêt, et sans se lasser, ses péripéties. La qualité majeure du livre est de parvenir à communiquer les sentiments profonds d'un homme moche, tout en étant écrit par une femme.

Toutefois, les commentaires, réflexions et théories du personnage narrateur ne paraissent pas toujours pertinentes. Si on peut comprendre qu'un thème comme le rapport des hommes et des femmes à la beauté est infini et insolvable, l'emploi d'Epiphane dans une agence de mode n'est pas convaincant. Un être repoussant aux côtés d'un être attirant ne provoque pas nécessairement une plus forte attraction envers le second. Il peut au contraire provoquer un dégoût généralisé. De même les réflexions du Quasimodo sur le masochisme des gens qui mangent sans faim et sans goût, nous paraissent discutables. En bref, le livre à quelques écarts. Comme la fin, qui n'est pas particulièrement originale, qui répète celle de chefs d'œuvre de la littérature, et qui m'a surtout fait penser à une chanson de Johnny Halliday (je ne dirai pas laquelle pour ne pas gâcher le plaisir à ceux qui voudraient le lire).

 

On sent néanmoins que la révélation littéraire de 1992, auteur des Catilinaires et d'Hygiène de l'assassin, a un potentiel certain, qui se forge, et se développe. La lecture des résumés de ses autres ouvrages montre qu'elle regorge d'idées loufoques et d'imagination.

Partager cet article

Repost 0
Published by MU - dans Lectures
commenter cet article

commentaires

Nat 29/08/2015 17:03

Ce livre m'a plût de suite ... Epiphane est un personnage tellement différent ... Néanmoins la déception fût subite vers ma fin du livre .. Je n'imaginais pas une fin comme ça

L'an prochain à Tel Aviv

L'an prochain à Tel Aviv

Mon premier Roman

En vente ici

Format

Recherche

Nuage de tags

L'an prochain à Tel Aviv

Achetez en ligne mon premier roman

Format