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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 17:22

Alain Soral, La Vie d’un vaurien, Paris : La Flèche, 2001 [1991]

 

 Alain Soral. La vie d'un vaurien

 

 

A force de mater les vidéos d’Alain Soral sur You Tube et Dailymotion, il fallait bien un jour lire un de ses livres. Loin de sa nouvelle carrière politique, de ses exploits avec Dieudonné ou Le Pen ou de ses analyses non dépourvues d’intérêt, malgré quelques gros excès assez peu pardonnables, j’ai voulu jeter un coup d’œil à son œuvre littéraire. C’est aussi grâce à elle qu’il s’est fait connaître, et non pas seulement par son passage au PCF. C’est au hasard que je suis tombé sur La Vie d’un vaurien, un petit livre de 142 pages, écrit entre 1988 et 1990 et publié pour la première fois en 1991. C’est à la suite du succès de deux autres livres : Les Mouvements de mode expliqués aux parents et Sociologie du dragueur, et de son film Confession d’un dragueur, tiré en partie de ce roman, que Soral a choisi de rééditer ce petit roman de ses débuts. Il y est aussi question d’une bande de dragueurs parisiens de style un peu bourgeois, dont Louis, le narrateur qui ne pense qu’aux boîtes, à ses « Que sais-je ? », à écrire ses quelques mots littéraires ou philosophiques sur son cahier, et surtout à « tirer », les filles bien entendu.

 

Dans la préface à l’édition de 2001, Soral raconte l’accueil de son manuscrit  par différentes maisons d’édition en 1990, avant sa publication. Sur une douzaine de réponses négatives, il souligne l’envoi d’ « une ou deux lettres très dures émanant de petites connes lectrices (genre nièce kagneuse du patron de la boîte) [lui] conseillant sèchement d’aller tenter [sa] chance du côté des métiers manuels. » Leur jugement était à mon avis sévère, trop sévère. Qu’on aime ou n’aime pas Soral ou son œuvre, il a indéniablement un certain talent. Mais je crois aussi savoir pourquoi La Vie d’un vaurien a pu déplaire à des lectrices féminines. C’est qu’il est des livres qui plaisent plus aux hommes et qui sont pensés par des hommes, pour des hommes. A mon sens, celui-ci en est. Car ce sont des fantasmes masculins qui y sont contés. La drague sévère, les sorties, les soirées, mater les filles, ne penser qu’à se les faire et s’en désintéresser une fois ceci fait : tels sont des comportements d’hommes et des mentalités masculines. On se croirait même parfois franchement en plein scénario de films X californiens avec toutes les scènes qui les définissent : la MILF (la scène la plus torride à mon avis), les jeunes anglaises, l’allemande, la beurette ou encore l’orgie générale accompagnée des lectures de Louis sur la sexualité. Ou bien dans ces films pour adolescents type American Pie, où tout tourne autour de celui qui en mettra le plus dans son lit. Si on omet le temps qui passe, en fait assez long, Louis peut faire penser à ce beau gosse qui dans Eskimo Limon, un film israélien du même genre, se tape toutes les belles filles, vraiment toutes, n’en laissant aucune à ses copains, car aucune ne lui résiste.

 

Par là même La Vie d’un vaurien est à la fois excitant, et décevant. Heureusement l’univers décrit et le rapport à la littérature et à la connaissance d’un narrateur intellectuel à ses heures perdues ajoutent quelque chose de plus qu’aux films précités.

 

Le Livre est court et se lit vite. Et après ça, l’envie me tente d’essayer un autre Soral.

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Published by MU - dans Lectures
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